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 Ombres & Poussières. || Bogdan

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✥ UNDER MY SKIN.
MessageSujet: Ombres & Poussières. || Bogdan   Dim 6 Mar - 14:52


Ombres & Poussières.

C’est comme ça qu’on voit si on se plaît avec une personne, quand on peut se taire tout à fait, au moins une minute et profiter du silence..
Adelaïde regardait la carcasse de Lourdes sur le sol boueux du ghetto. Tapotant son menton pour tenter de trouver une solution, sa mort ne la chagrinait pas. Contrairement à Viondra ou bien à Carcosa : la demoiselle n'était qu'un pion pour elle. Une personne qui devait l'écouter au doigt et à l'oeil. Le chef prenait les morts de ses hommes au sérieux, elle n'était juste pas touchée par ces dernières. Vétérans des guerres comme l'Irak ou bien l'Afgha, elle avait vu la folie humaine, elle avait embrassé le désespoir jusqu'à perdre la notion de sens commun. En voyant le macchabée, la seule chose qui lui venait à l'esprit était : comment la remplacer ? Elle devait être sur la sécurité du convoi qui partait dans moins d'une heure. Tant pis. Elle prendrait sa place.

« Emmène-la, tente de savoir qui l'a tué et brûle son corps une fois la famille informée. Enfin, si famille, elle avait. »

Sans jeter un regard en plus sur ce sous-fifre, elle remit regarda autour d'elle. Rägashaël allait devoir organiser le bureau le temps de son absence. Une fois la zone de Leith traversé, elle devrait peut-être rester plus longtemps : le temps que les mecs de la zone suivante prennent la relève tout du moins. Ne perdant pas plus de temps, elle monta sur une moto de services et se dirigea vers le poste. Laissant Carcosa aux commandes dans une note officiel, elle laissa sur son bureau -qui se trouvait évidemment en face du sien- les directives. Adelaïde pouvait maintenant partir le cœur léger. Elle enfila un gilet pare-balle, s'équipa de vêtements chauds et épais pour couronner le tout. Sa lame dans son fourreau le long de sa cuisse, ses rangers serrés : elle glissa son m9 dans sa ceinture avant de sortir. Montant derrière un de ses lieutenants sur une moto, elle fit signe aux deux autres véhicules de les suivre : la journée et nuit s'annonçait longues. (…) Le convoi progressait bien sur les routes du ghetto. Rägshaël ne voulait pas crier victoire trop vite, mais il fallait avouer qu'elle était soulagée. Alors qu'ils allaient arriver sur New Town : il y eut une explosion en face d'eux. Le camion chargé de marchandises freina violemment, manquant de se retourner. Au lieu de cela, le cul tourna sur lui-même : balayant la moto sur laquelle était le Chef de se Zone. Tout se passa très vite, ils furent rapidement encerclés. Ouvrant les yeux, elle croisa celui éteint de son camarade écrasé par la moto et jura. Un rapide mouvement de sa jambe lui fit réaliser que la lame de son couteau était enfoncée. Redressant la tête, elle se mit à ramper vers son arme : tant que la vie coulait dans ses veines, elle continuerait de se battre. C'était une survivante après tout. Posant sa main sur la crosse, une botte l'écrasa : lui arrachant un cri de douleur :

« Tiens, tiens... Rägshaël. Cela fait une paye que l'on ne t'a pas vu dans le coin. »


Retournée comme une poupée de chiffon, le pied migra pour s'abattre sur sa poitrine : coupant un peu plus le souffle du militaire. Son badge apparent, elle savait que ce n'était réellement pas bon signe. Après tout, elle l'avait bien cherché. Adelaïde ne s'attendait pas à ce que ses ennemis soient cléments avec elle de toute façon. Elle était une sadique avec ses victimes. Elle allait payer toutes les souffrances causées à son prochain. C'était de bonne guerre et elle était prête :

« Blade Runner, Chef de Zone, eh beh, on est loin de la chasseuse de prime hein ? Heureusement que tu es encore en vie, on a quelques questions pour toi, concernant des transactions par terminées de ta vie passée. »

Une femme s'approcha, lui assigna un coup de poing au coin de l'œil droit faisant perdre connaissance à Adelaïde. (…) Depuis combien de temps, elle était là ? Attachée sur un X en bois, en sous-vêtements, son corps couvert de sangs séchés. Ses yeux gonflés ne s'ouvraient plus depuis longtemps. Autant dire qu'elle avait perdu toute sa beauté. Est-ce que les Blade la cherchaient ? Probablement. Carcosa ferait payer à ses bourreaux la moindre goutte de sang qui s'est échappée de son système. Bien qu'étrangement, les questions n'étaient pas portées sur son équipe, mais bien sur les Vrijbuiters et les Pirates. Naturellement, elle savait tenir sa langue : même s'ils avaient menacé de la lui couper. Ce qu'elle avait fait remarquer comme une connerie puisqu'après elle ne serait plus en mesure de parler. Cela avait laissé un sursis pour cette partie charnelle. En revanche, le reste de son corps n'avaient pas échappé à la maltraitance et l'ingéniosité de ses tortionnaires. Même qu'elle avait pris des notes. (…) La porte s'ouvrit, aveuglant un peu plus Adelaïde qui avait retrouvé une vision partielle une fois ses ecchymoses soigneusement percées par un tourmenteur. Toujours le même homme, il semblait être une espèce de chef chez ses chiens de pillards. Un traitement de faveur probablement en vue de son grade chez les Blade Runner. Peut-être qu'ils espéraient que les deux individus se comprennent mieux.

« Je suis fasciné par ta résistance... Je veux dire, la plupart de tes hommes cèdent dès qu'on sort nos outils ou bien avant même que je les touche. Mais toi, toi, tu semblent hermétiques ! C'est incroyable ! Je me demande ce qui se passe dans ton cerveau... »

Un claquement de doigts et la lumière s'allumèrent. Adelaïde vit alors une scie médicale. La dernière fois qu'elle avait vu cela, s'était lors de son dernier séjour à l'hosto, avant la fin du monde.

« Alors du coup, on s'est dit que : puisque tu nous diras rien, eh bien, tu vas servir de rat de laboratoire. Mais avant cela, tu ne nous en voudras pas si on coupe ton bras ? Pour envoyer un message aux Vrijbuiters. »

Elle le vit se lever, son cœur s'arrêta, non, elle ne voulait pas souffrir... Elle ne voulait plus ressentir la douleur et au fond ne voulait pas mourir. Pourtant, il était hors de questions qu'elle donne des noms. Il attrapa l'outil, le mit en marche : le son glaça Adelaïde qui pour la première fois offrait un regard terrifié à ses tortionnaires.

« Oh, tu as peur, comm... »

Il eut un sourire, enfila son casque avec une visiaire pour se protéger des éclaboussures et sans plus attendre commença à couper la chair du Chef de Zone qui se mit à crier comme jamais encore. Des bruits de luttes dans le couloir l'arrêtent, couvrent ses cris. Il soupire longuement, repose l'engin avant de sortir. Adelaïde tente de savoir ce qui se passe, mais son corps est pris de spasmes. Elle souffre, bien trop pour garder la raison. Les passages à tabac de sa mère lui revenait en tête. Elle qui pensait avoir un panel important de connaissance sur la douleur : elle découvrait aprêment que ce qu'elle avait vécu depuis son enfance ne pouvait pas arriver à la cheville de la souffrance qui se répandait dans son organisme.

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✥ UNDER MY SKIN.
MessageSujet: Re: Ombres & Poussières. || Bogdan   Jeu 17 Mar - 23:38


Ombres & Poussières.

C’est comme ça qu’on voit si on se plaît avec une personne, quand on peut se taire tout à fait, au moins une minute et profiter du silence..
Le frisson tant redouté parcourt l’échine. Braque chaque muscle, vrille chaque nerf. Délivrance. C’est ta vrai nature que tu exposes au monde : celle d’une bête sauvage. En à peine un fragment de seconde, tu es devenu l’homme à abattre : tu n’en as pas vraiment conscience, profondément investi par la transe,  mais l’attention de tous tes ennemis s’est soudainement focalisée sur ton être. Ils savent qui tu es et surtout de quoi tu es capable. Mais ni tes propres hommes ni ta rage ne les laisseront venir à bout de toi. Sous ton regard rouge, vos adversaires devinent la mort. Certains n’ont pas la foi et préfèrent abandonner, fuir comme les lâches qu’ils sont. Les autres commencent cependant doucement à regretter leur choix ; tu sèmes derrière toi les cadavres de leurs camarades avec une facilité déconcertante. Les os craquent sous tes coups expérimentés, la vie s’extirpe des corps, les abandonnant à tout jamais à la mort.

Tes pas sont lents, lourds. Assurés. Tu ne crains rien, maîtrises la situation avec flegme. Du moins en apparence. Tu ne contrôles que trop peu de choses ; c’est ta déchirure qui a pris possession de toi. Elle t’a engouffré dans sa noirceur, noyant l’homme au sein de ses profondeurs. Tes pupilles cherchent un point de repère parmi le rouge incandescent, au-delà du sang dégoulinant sur ton masque. Les sons autour de toi sont étouffés : tout n’est plus qu’un brouhaha approximatif, sans plus aucune forme. Tu perçois les cris, plus stridents que tout autre bruit. Ils t’attirent. Tu es un prédateur : la peur te rend plus fort, leur perte, invincible.

Mais parmi cette tempête, tu as un guide. Tu ne reconnais que vaguement ton nom hélé avec force. La voix te dit vaguement quelque chose. Alors tes pupilles enragées cherchent. Ta voix gronde. Tu sembles grogner comme une bête, rageant de peiner à saisir ce que se passe autour de toi. Cela ne peut être que Godfred. Il sait ce qu’il a à faire, il connaît vos objectifs du jour. La pierre qu’il te balance en plein visage n’a beau qu’à peine t’effleurer, elle a le don d’éveiller un peu plus la rage sourde qui brûle en ton être. Tu te rues alors vers la silhouette déformée de ton bras droit. Mais ton attention est soudainement attirée vers autre chose : devant toi, vient d’apparaître un nouvel être. Vos regards se croisent et il ne t’en faut pas plus pour le choisir comme nouvelle cible. Cependant, l’autre est rapide : le temps d’armer ton coup, tu t’es ramassé son crâne en pleine face. T’ébrouant pour récupérer, tu ne peux réprimander le sourire qui étire tes lèvres à la vue de l’étincelle de panique qui vient d’apparaître dans le regard de ton adversaire. Un, deux, trois coups mais l’autre est coriace. Votre bataille vous mène à l’intérieur de la pièce où était précédemment le dernier arrivé. Il y en a d’autres à l’intérieur et il ne leur faut guère longtemps pour s’en prendre à toi. L’un d’eux s’effondre sous un uppercut bien senti.Pas très coriace. Si les autres arrivent à t’atteindre, ils ne font pourtant pas bien long feu. Mais celui qui t’a amené jusque-là est toujours debout. Et il s’est armé. Ceci dit, est-ce qu’une scie médicale va t’impressionner ? Question idiote. Sans plus de cérémonie, tu charges l’homme. Tu esquives son attaque mais l’arme malmène sans pitié la chair de ton bras. Cependant, la douleur est devenue une information secondaire à l'instant : reprenant un peu d’élan, tu te saisis d’une seule main du crâne de ton adversaire, l’écrasant soudainement contre le mur se trouvant derrière lui. Le premier craquement est sinistre, ceux qui suivent également. Tu répètes l'attaque, histoire d’être certain du résultat. Un hurlement rauque s’échappe de ta gorge au dernier coup. Dans ta main, il ne reste plus qu’une bouillie visqueuse que tu n’es pas sûr de pouvoir identifier. Le contrecoup est cependant violent ; tu ressens la force de ta déchirure t’abandonner soudainement, te vidant de toute énergie. Te voilà bien démuni. Essoufflé, tu prends appui sur le mur repeint par le sang de ta dernière victime avant d’observer les alentours. Quelques morts. Un ou deux mecs agonisant. Tu retires ton masque rouge, tentant vainement de remédier à ta vue s’étant flouée. Tu sursautes quand un cri strident perce tes oreilles ; devant toi, surgit un homme bien décidé à en finir avec toi. La déflagration qui suit te soulage. Godfred n’est jamais loin. D’un signe de tête tu le remercies avant de te laisser glisser contre le mur. Dix secondes, tu demandes juste dix petites secondes.

« Merde, ils l’ont pas ratée… »

Ton regard s’est éclaircit, ton ouïe n’est plus agressée par d’insupportables acouphènes. Tes sens redeviennent tes alliés, tu reprends possession de ton corps. Tu te lèves doucement, laissant une main sur le mur. La douleur se réveille, t’arrache un grognement. Tu jettes un coup d’œil à ton bras en grimaçant. Du boulot pour Maximilien.

« Max saura quoi faire. »

Il est médecin. Ou du moins, quelque chose qui s’en rapproche. Il a travaillé pour Pinxit Industrie avant de se retrouver dans le ghetto. Tu lui avais demandé un peu plus d’informations avant de l’engager : il t’avait vaguement conté qu’il avait été viré pour faute grave. Tu t’étais contenté de cela – c’est qu’un médecin doué comme lui, ça ne se refuse pas. T’approchant de celle que vous êtes venus chercher ici, tu jettes un œil sur l’envergure des dégâts. Tu observes attentivement les plaies. Ta peau frémit à la vue de certains d’entre elles – c’est qu’elle les connaît un peu trop intimement. Mais tu n’en montres rien. Le regard impassible, tu restes immobile un instant.

« Dis aux autres de préparer le convoi. Et ils ont intérêt à se manier. »

Godfred t’offre un salut militaire plutôt ironique avant de disparaître, te laissant en tête à tête avec la martyre. Si tu ne sais toujours pas trop quoi penser d’elle, à l’instant, plus rien n’a d’importance. Tu sais juste qu’il faut épargner sa vie, la ramener au camp et réparer ce qui a été brisé. Ta main tapote, avec très certainement un peu trop de rudesse, sa joue.

« Hey, t’endors pas ma vieille. » Tout en parlant, tu commences à déchirer un bout de tissus, dans l’intention de lui faire un garrot, son bras saignant d’une façon trop abondante à ton goût. « Fais pas semblant, j’sais bien que t’es plus coriace que ça. » Tu sais qu’il faut continuer à lui causer, histoire qu’elle reste parmi vous mais tu avoueras volontiers que tu ne sais pas trop quoi lui dire. « On a encore des comptes à régler tous les deux, je te laisserai pas partir comme ça. » Sur ses mots, tu termines le garrot et entreprends de la détacher. Tu réceptionnes son corps avec une délicatesse qu’il est difficile de croire tienne. C’est étonnant de découvrir Rägshaël sous cet angle. Elle te semble si faible, si fragile. Tout cela semble invraisemblable. « Me fais pas faux bond… je te ramène au camp. Ils voudront pas me payer si tu me claques entre les doigts. »

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✥ UNDER MY SKIN.
MessageSujet: Re: Ombres & Poussières. || Bogdan   Mar 22 Mar - 0:48


Ombres & Poussières.

C’est comme ça qu’on voit si on se plaît avec une personne, quand on peut se taire tout à fait, au moins une minute et profiter du silence..
Adelaïde a perdu depuis longtemps la notion des choses simples. Comme celle du temps qui passe ; si le soleil est déjà levé... Elle a arrêté de se poser ces questions que certains jugeraient essentielles pour ne pas perdre la raison et l'esprit. Sauf que voilà, elle n'avait jamais été saine d'esprit, et ce, depuis son plus jeune âge. Au cours des tortures subis, elle avait tenté de se mettre dans cette bulle créée il y a des années de cela, dans des circonstances différentes et pourtant tellement similaires. Disons que le degré de souffrance était un peu, voir beaucoup plus élevés. Sa mère ne voulait faire que l'endurcir ; l'homme qui s'était déclaré tortionnaire et qui hanterait ses cauchemars désirait non seulement sa mort, mais aussi des informations. Sur ses anciens alliés. Enfin, elle travaillait toujours avec eux. Probablement parce qu'ils ont su qu'avoir un chef de zone dans leur petit papier peut être utile. Et puis, Räg avait toujours tenu sa promesse, le délai accordé et surtout sa langue. Pas de chance pour les pillards, ni pour elle d'ailleurs : elle n'était pas un rat, une balance. Ces secrets, les noms ? Elle les garderait jusque dans la tombe. Une échéance qui pourrait arriver plus tôt que prévu. Tant pis. Elle ne comptait pas faire long feu de toute manière dans ce monde. Encore moins en revoyant son tortionnaire avec ce sourire si familier. Elle avait le même quand elle savait ses victimes à bout. Disons maintenant qu'Adelaïde saurait ce qui se passe dans la tête de ses victimes quand elle s'approche d'eux dans ce moment fatidique. Peut-être qu'ils flancheraient d'ailleurs -probablement en vu des nouvelles techniques qu'elle avait ajouté à sa base de donnée- mais il était hors de questions qu'elle crache le morceau. Elle avait trop souffert et tandis qu'il met en route la machine : Räg tenta de se concentrer sur le visage de sa fille. Pourtant, même imaginer les traits de cette dernière ne fut pas suffisant pour arrêter la douleur qui était insoutenable. Le clou du spectacle, il ne fallait jamais rater sa sortie de scène !
Comme toujours, le destin avait d'autres projets pour elle.
Des bruits de luttes lui parviennent, cependant, elle est bien incapable de réagir. De savoir si cela est bon pour elle ou non. La seule chose qui semble lui coller à la peau sont les spasmes de douleurs qui font trembler son corps écartelé depuis bien trop longtemps. Ses muscles endoloris n'en peuvent plus, lâchent petit à petit ce qui peut-être plus douloureux encore. Quand Adelaïde entend des pas, elle relève sa tête : pensant que son bourreau apparaîtrait sous ses yeux. Pourtant, c'est un visage plus familier qui lui fit face. Gardant son regard fier, droit pourtant teinté de lassitude : son visage était déformé par la douleur. Elle ne pouvait pas la cacher. Cela ne servait à rien. Il n'y avait qu'a regardé l'état de son corps pour comprendre. En vu de ce qu'elle ressentait : elle ne devait pas ressembler à Mona Lisa.

Bogdan parle, elle entend une deuxième personne sortir. Elle n'est pas capable de discerner les mots de cet homme qui semble être venu pour la sauver. Elle referme ses yeux, s'abandonnant aux pirates. C'était sans compter la délicatesse de ce compagnon d'armes qui malmena sa pommette déjà bien endommagée.

« ...foiré... »

Rägshaël cracha l'excès d'hémoglobine sur le sol. Elle entend le bruit d'un déchirement, en sentant le morceau de tissu se serrer autour de son bras : elle comprend que Bogdan est venu pour la tirer de là. Nul doute que les Vrijbuiters la voulait en vie. Oh elle savait que ce qu'il l'attendait avec eux ne serait pas différent. Elle arque un sourcil et veut répondre avec toute l'arrogance qu'ont lui connaît, mais seuls des gazouillements sortent de sa gorge. Adelaïde leur avait dit de pas malmener le visage en premier : après la victime ne peut plus parler. Avec une facilité déconcertante, il la porta une fois libérée de ses attaches. Le Blade Runner s'attendait à être traité comme un vulgaire sac de marchandises : pourtant force était de constater que Bogdan n'était pas brutal. Ce qui était déjà exceptionnel pour une personne de sa trempe. Non pas qu'elle s'en plaignait : son corps n'aspirait qu'au repos. Plus facile à dire qu'à faire qu'en ce dernier est complètement détruit. Dans les bras du Pirate, elle se sent incroyablement petite, frêle, faible... Trois choses qu'elle déteste au plus haut point !

« Cha... Ch'serait con... En effchet.. »

Avant de sortir, Adelaïde montra sur doigt le bureau de fortune qui semblait être un des seuls meubles de cette salle qui puait la mort. Hormis naturellement ce qui l'avait tenu prisonnière et immobile durant tout ce temps et a table avec les outils jamais nettoyés probablement.

« ...tends... »

Elle devait récupérer la machine qu'ils avaient utilisée pour enregistrer son interrogatoire. Elle le devait. Cela était sa seule chance de s'en sortir, de prouver qu'elle n'avait rien dit. Puisant dans ses dernières forces, elle s'échappa des bras de son sauveur pour tomber violemment au sol lui arrachant un nouveau cri de douleur. Laissant de lourdes larmes sortirent de ses yeux, tant pis si cela détruisait sa réputation, tant pis si elle tombait un peu plus dans l'estime de Bogdan. Elle n'avait pas le choix. Rägashaël ne voulait plus souffrir, elle en avait eut assez pour l'année à venir. La seule solution pour qu'elle soit soignée, entendue : de leur faire entendre l'enregistrement. Elle rampa à la vitesse d'une tortue en pleine course contre le lièvre en gémissant. Sa respiration saccadée et lourde menaçait à tout moment de s'arrêter, mais tant pis. Elle aurait au moins tenter. Posant une main puis l'autre sur le fauteuil, pour tenter d'atteindre l'objet de ses désirs, seule sa volonté tenait encore son adrénaline à une dose suffisante pour continuer de se mouvoir. Dans un dernier râle et avant de sombrer dans l'inconscience : Rägashaël cru emprisonner de sa main la boîte noire, mais échoua lamentablement. Elle espérait maintenant que Bogdan comprenne et prenne l'objet ...

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✥ UNDER MY SKIN.
MessageSujet: Re: Ombres & Poussières. || Bogdan   Sam 26 Mar - 0:02


Ombres & Poussières.

C’est comme ça qu’on voit si on se plaît avec une personne, quand on peut se taire tout à fait, au moins une minute et profiter du silence..
Il aurait sans doute fallu que tu l’aides. Que tu agisses. Fasses n’importe quoi. Tout du moins, c’est ce que la bienséance t’aurait dicté. Mais il y a bien longtemps que tu ne la côtoies plus. Tes yeux scrutent impassiblement les muscles qui se tordent, le corps qui peine à survivre, l’âme qui se traîne. La mort est dans la pièce, tu la ressens. Tes coups ont frappé à sa porte ; elle n’est pas contre une proie supplémentaire. Pas aujourd’hui murmures-tu en t’approchant de celle que tu es venu chercher. C'est toi qui l'emportes aujourd'hui. Il faut que tu la ramènes vivante. A l’instant, Rägashaël n’est qu’une mission de plus.

Tu soupires bruyamment en la voyant s’effondrer. Sérieusement. Maintenant, là tout de suite. Tes muscles se tendent, tes sourcils se froncent. Mais qu’est-ce qu’il lui a pris aussi ? T’approchant pour observer le bureau auprès duquel la femme s’est évanouie, tu tentes de comprendre son geste. C’est en posant le regard sur un enregistreur que tu comprends. T’emparant de l’objet tu pousses un petit grognement. Les pillards sont des êtres sadiques – tous comme les Pirates, ne soyons pas hypocrites. Mais ceux-là ne se sont pas contentés de s’amuser. Ils avaient un but : tirer les vers du nez de la blade runner. Et c’est là que tu comprends peu à peu la gravité de la situation. Te redressant de tout ton haut, tu lances un mauvais regard au corps inanimé jonchant le sol. Tu presses sans plus attendre le bouton d’écoute. Tu enrages en comprenant le sujet récurrent des questions : toi, tes hommes, le Syndicat. C’est tout ton monde qu’on a essayé de fouiller. Les bruits étranges retentissant au sein de l’enregistrement laissent suggérer l’horreur à laquelle la femme a dû faire face. Mais tu n’en es guère impressionné. Ce sont des choses devenues courantes dans ton existence. Comme… une habitude. Mais il y a quelque chose que tu remarques. Plus tu en prends conscience, plus ton regard change. De la haine, de la rage, tes pupilles sont passées à un certain respect. Elle n’a rien dit. Jamais. A aucun moment. Tu passes certains moments de l'enregistrment, pour t’assurer qu’elle n’a pas fini par craquer. Rien. Tu soupires doucement. Est-ce un soulagement ? Très certainement. Mais tu n’en fais pas état. Fourrant l’enregistreur dans une des poches de ta veste, tu te saisis à nouveau du corps de la martyre. Il est temps de partir.

Le chemin du retour te semble long. Comme s’il était figé dans une autre réalité, latente et engourdie. Un des effets secondaires de ta déchirure. Tout te semble parfois si morne après une transe. Te trouvant l’arrière de la camionnette où se trouve Rägashaël, tu as tenu à veiller personnellement sur sa sécurité. Il y a deux autres gars avec toi. Ils te fatiguent tellement. Leurs questions irritent un peu plus tes nerfs à vif et un seul regard suffit à les faire taire. La curiosité est un défaut qui que tu ne supportes pas.

Maximilian râle. D’abord un peu. Ensuite beaucoup. C’est bien son fort, ça, de râler. Il soigne bien. Mais qu’est-ce qu’il peut râler. Le regard à moitié vide, tu l’observes sans vraiment le voir opérer des va-et-vient dans la pièce. Il suggère de la laisser crever là parce que, après tout, elle n’est pas une pirate et que le Syndicat n’a pas à vous utiliser comme des chiens de garde. Tu n’as pas le cœur à débattre. Ton silence angoisse le médecin, tu le sais. Quelque part, il craint toujours que tu ne lui éclates en pleine figure. Alors il se fait plus serein. Soigne les blessures de votre invitée dans un silence religieux. Tu ne tardes pas à t’endormir, exténué par ta déchirure.

Le réveil est violent. Enfin, surtout pour Maximilian. Il s’est pris une droite bien sentie – le prix à payer quand on ose te surprendre. Il te hurle presque dessus avant de se repentir. L’homme ne tarde pas à reprendre là où il en était : il s’occupe de ton bras amoché. Pendant ce temps, il t’explique la foire que ça a été de soigner la marchandise du Syndicat. Tu jettes un œil à la principale concernée.

- « Elle va s’en sortir tu crois ? »
- « La vermine s’en sort toujours. Vous en êtes tous la preuve vivante. »

L’autre a l’air soulagé de t’entendre rire. Maximilian n’est pas vraiment des vôtres. Il est comme un élément perdu. Quelque chose qui se serait solidement attaché à vous… un parasite. Il s’est rendu nécessaire et aujourd’hui, vous ne pouvez plus vous en débarrasser. Mais ce n’est de toute façon pas dans vos plans. Il a beau encore vouloir le nier : il fait partie des Pirates. De la vermine, il en est, pour sûr.

Les jours se sont suivis sans que personne ne prenne vraiment la peine de les compter. Le Syndicat a été informé du résultat de la mission, de l’état actuel des choses. Ils vous la laissent sur le dos. Les Pirates ont aboyé. Ils ne sont pas dupes : les plus anciens connaissent Räg. Ils savent qu’elle a disparu un jour, et cela, pour de bonnes raisons. Alors la retrouver, là, maintenant, aujourd’hui ? Chez les Pillards d’autant plus. Mais tu as fait taire les plus impertinents, laissant tout de même un certain doute planer. Parce que, toi-même, tu n’es sûr de rien. Alors tu es plutôt heureux quand Maximilian vient enfin t’annoncer qu’elle se réveille.

- « Y a boucle d’or qui s’active, Bogdan. »

Tu te diriges alors vers votre infirmerie de fortune – les pillages ont permis de la rendre plutôt opérationnelle et vous vous en félicitez. Tu jettes un œil sur les deux-trois hommes présents. Ils dorment tous, récupérant du dernier raid qui fut plutôt violent, il est vrai. Arriver près de la demoiselle, tu tires une chaise pour t’installer à côté d’elle. Les jambes de part et d’autre du dossier, tu t’appuies sur ce dernier tandis que tu l’observes attentivement. Elle commence effectivement à s’éveiller. Saisissant le bout du tissus traînant dans un bol d’eau posé à côté du lit, tu lui flanques sur le front, sans grande délicatesse.

- « Eh princesse, on se réveille. » Un silence, une réflexion.  « Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? »


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MessageSujet: Re: Ombres & Poussières. || Bogdan   Sam 26 Mar - 19:56


Ombres & Poussières.

C’est comme ça qu’on voit si on se plaît avec une personne, quand on peut se taire tout à fait, au moins une minute et profiter du silence..
Adelaïde ne voulait pas dépendre de quelqu'un. Elle savait que tout avait pris et recevoir de l'aide – surtout venant d'un Pirate- revenait à ni plus, ni moins rentrer dans les dettes des enfants du diable. Oh les pillards n'étaient pas des enfants de cœurs, son état physique en était la preuve. Personne pouvait prétendre être saint dans le monde actuel. Tôt ou tard, les esprits se corrompaient et lorsque cela était le cas : la nature humaine resplendissait dans le cœur des plus preux et des braves. Dans ce monde où la loi de Darwin pouvait être appliquée à chaque moment, Rägshaël se battait contre elle-même. Si tout son corps voulait s'abandonner à Bogdan, son esprit, sa conscience savait que si elle sortait de la pièce sans l'enregistrement : alors tout ce qu'elle venait de subir se répéterait encore et encore jusqu'à ce qu'ils acceptent enfin d'être miséricorde et de prendre sa vie. Certes, faire cela était idiot et elle ne s'attendait pas à ce que son sauveur comprenne. C'est sûrement pour cette raison  qu'elle s'était enfuie de ces bras sécurisants pour affronter à nouveau la douleur qui coulait dans les fibres de son être. Rampant, lentement, elle n'eut pas la chance d'atteindre son objectif. Elle avait beau nagé dans les limbes de l'inconscience : les pas lourds du Pirate lui parvenait. Puis ce fut les grésillements de la machine, les bruits qui en sortirent réveillèrent un peu plus les blessures : un peu comme si quelqu'un mettait du sel sur les plaies. Elle se souvenait de tout et il faudrait plusieurs lunes pour qu'elle puisse enlever de son esprit les bruits, l'odeur ou bien encore les sensations. Elle n'avait rien dit. Adelaïde avait gardé le silence malgré les tortures. Pourquoi ? Parce que même si elle avait parlé : ils auraient continué jusqu'à ce qu'elle rende son dernier souffle. Et puis.... Elle avait apprécié collaborer avec Bogdan. Alors, il n'y avait réellement aucune raison pour qu'elle devienne un rat.
Allongée sur le sol métallique d'un véhicule, elle sentait la présence du chef des Pirates. Comment ? Parce que contrairement à ce que l'on pourrait croire, durant ses voyages dans la matrice, elle avait appris à reconnaître les auras. En d'autre terme, elle s'était accommodée à sa présence. Au moins, elle savait que sa place à ses côtés la mettait en « sécurité », le temps que le Syndicat décide de son sort. Adelaïde espérait que Bogdan donne l'enregistrement à ses employeurs. Cela lui enlèverait une sacrée épine du pied. Les deux hommes qui sont avec leur chef piaillant comme des adolescentes. Posant des questions sur elle. Rägshaël ne les comprenait pas réellement, elle n'arrivait pas à donner un sens aux phrases, mais nul doute que si elle aurait été en pleine possession de ses moyens : elle leur aurait donné une bonne correction. Elle était comme ça, Capitaine d'une des meilleures unités Allemande, on ne la connaissait pas pour faire des cadeaux.

Le Chef de Zone se réveille subitement en sentant à nouveau la douleur. Croisant le regard de ce qui devait être un médecin, son premier réflexe fut de saisir sa gorge tout en cherchant son arme.

« C'est qui que t'appelles Boucle d'Or ?!  Enfant de catin ! »

Rapidement remise à l'ordre par les hommes déjà présents, Rägashaël prenait conscience du monde qui l'entourait :

« Oh oh ! On se calme Boucle d'Or ! » Il insistait sur ce surnom ridicule pour lui montrer qu'elle n'était pas en mesure de faire quoique ce soit : « Si tu veux que je te soigne, tu as plutôt intérêt à faire taire des automatismes ! » Il appuie sur une plaie : « Sinon, je rouvre tout ce que je viens de recoudre ! »

Adelaïde pousse un cri et se tortille. Cela lui remet les idées en place pour sure. Fermement attachée par des sangles, autant dire que par la suite, le doc ne prit pas de pincettes : ni d'anti-douleurs d'ailleurs. L'ancien Capitaine était même persuadé qu'il prenait un malin plaisir à ralentir ses gestes pour qu'elle sente un peu plus la pénétration de l'aiguille et le glissement du fil dans sa peau. Enfoiré... Pensait-elle intérieurement. Elle ne parlait pas, serrait les dents, grimaçait et gémissait, mais son regard en disait long sur le fond de ses pensées. Rägshaël à beau faire la forte, elle ne résiste pas plus longtemps et retombe dans l'inconscience. C'était de toute façon mieux que de rester dans la réalité et souffrir à nouveau. Encore et toujours.

La Blade Runner sursaute en sentant quelque chose d'humide sur son visage. Elle tente de porter les mains au niveau de son visage pour se défendre, mais les sangles font bien leur travail et elle se voit contrainte d'abandonner. Retroussant son nez, elle croise le regard de Bogdan :

« C'est une manie d'appeler tout le monde par des surnoms débiles chez vous ? »

Grogne-t-elle avant de vite regretter ses gestes. Son corps était a bout. Elle se laissa retomber lourdement exténuée et parce que la douleur était encore belle et bien là. Rägashaël ferme les yeux pour prendre une grande inspiration : bon sang que son corps lui fait mal ! Elle les rouvre pour plonger ses iris dans celle du Chef :

« C'est toi le chef non... » Elle passa sa langue sur ses dents, sentant presque les ecchymoses de sa pommette et de sa mâchoire à travers sa peau : « Tu fais bien ce que tu veux... » Elle jette un coup d'oeil autour d'elle : « Je suppose que... Si je ne suis pas encore morte, c'est que... Tu leur a donné l'enregistrement... Je ne suis pas une balance. » Juste pour lui rappeler, des fois que cela jouerait en sa faveur : « Je suppose que le Syndicat t'as dit que tu pouvais me garder... » Et cela la fit soupirer : « Donc j'en conclus que tu as tous les droits sur moi. J'suis pas en mesure de me défendre. » Elle tente de lever ses bras et ses pieds pour montrer qu'elle était sanglée. « Verdict Chef ? » Rägshaël le regarde et tente une risette maladroite : elle n'avait pas l'habitude, il faut dire. « Tu me gardes... Ou tu me supprimes ? »

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MessageSujet: Re: Ombres & Poussières. || Bogdan   Dim 15 Mai - 13:53


Ombres & Poussières.

C’est comme ça qu’on voit si on se plaît avec une personne, quand on peut se taire tout à fait, au moins une minute et profiter du silence..
Elle a raison. Ici, c’est toi qui décides de la vie de la mort. Tu es le maître de ces lieux. Et ceux qui en ont douté un jour ne sont plus de ce monde pour encore pouvoir contester. Tu laisses un silence s’installer entre vous. Un sourire, de ceux qu’on prête à la demi-folie qui t’habite déforme alors tes lèvres.

« Je ne sais pas trop. » Tu ne lui mens pas. Tu es encore indécis à propres de son sort. Te penchant un peu plus sur elle, tu continues. « Comme je suis un bon chef… » Personne n’en doute, oh ça non. « J’ai demandé l’avis de mes hommes. » C’est vrai, tu l’as fait. Ca a été un grand foutoir. « Certains disent qu’on devrait te rendre aux pillards, histoire qu’ils nous foutent la paix un bon moment. Mais… avec qui jouerions-nous, si nous n’avions plus nos amis les pillards comme adversaires ? On s’embêterait. Comme des rats morts. » Tu acquiesces à tes propres dires, l’air convaincu. Comme il est étrange d’aimer autant ses ennemis. « D’autres ont proposé de te vendre aux Blade Runner. Je ne suis pas sûr qu’ils te fassent encore confiance en apprenant que tu as passé tout ce temps chez les Pirates sans en crever. » Tu t’arrêtes un instant, juste le temps de capter ses réactions. « Après, il y a eu Maximilien. L’homme à qui tu dois la vie. Il m’a demandé s’il pouvait te disséquer. » Tu jettes un œil au pseudo-médecin qui hausse doucement les épaules. La science excuse tout pour lui. « Mais il s’est fait lynché… vois-tu, mes hommes trouvent dommage de gâcher un aussi beau corps. » Une femme dans le camp des Pirates est toujours un grand événement. Bien sûr il y a Geva. Mais Geva n’est plus vraiment une femme à leurs yeux. Elle est… un Pirate. Et cela change tout. « J’ai aussi demandé leur avis au Syndicat et… ils disent que tu es une sorte de récompense pour les efforts fournis. J’ai presque failli être blessé, tu sais. » Tu fronces les sourcils, comme si tout cela t’avait vraiment contrarié. Bien sûr, tu es vraiment amoché, comme le bandage encore présent sur ton propre bras en témoigne. Mais cela ne représente rien pour ton être. Une égratignure, rien de plus. « Et puis… » Tu restes un instant songeur, te remémorant ce long débat à son propos. « Il y a eu Godfred. » La voix de la raison. « Tu dois te souvenir de lui. Le parasite qui me colle à la peau, pire qu’une sangsue. » Des mots d’amour que l’homme aime à te rendre. « Il m’a dit que ce serait stupide de te tuer. Ou te transformer en pute. Ou en sujet de sciences. » Tu marques une pause, dévisageant la principale concernée. « Tu sais pourquoi ? » C’est une question rhétorique, tu n’attends aucune réponse. « Parce qu’il trouve que tu vaux mieux que ça. » Tes coudes se posent sur le dossier de la chaise, tes bras se croisent. « Enfin, il a bien fallu que je me fasse mon propre avis sur la question. Sinon je ne serais pas chef, qu’est-ce que tu en penses ? » Encore une question rhétorique. Pour le coup, tu aimes t’entendre parler. Ce que vous avez vécu, le passé que vous partagez ensemble te murmure de lui faire confiance. L’enregistreur que tu as confié au Syndicat te l’a hurlé. Gaspiller la vie d’une femme comme Adelaïde serait stupide. Et tu n’es pas un homme stupide.

Tu te relèves, lentement, sans plus ajouter un mot. Tu fixes le corps prisonnier de son lit un long moment. Une dernière seconde d’hésitation pour faire ton choix. Ta main se dirige vers les sangles et d’un geste sec et précis, tu l’en délivres. Tu réitères l’action jusqu’à ce que votre prisonnière se retrouve libérée. Ta dextre se dirige maintenant jusqu’à son visage. Ton regard la dévore, plonge dans ses iris avec intensité. L’instant est électrique, puissant.

« Je te laisse une chance. Pas une de plus. » Posant le bout des doigts contre les ecchymoses déformant son visage, tu continues de prononcer ta mise en garde. « Un seule geste contre nous, contre moi, contre quiconque ici et je t’écraserai d’une seule main. » Tu marques un silence, signifiant à quel point tu es sérieux. « Tu sais de quoi je suis capable. Et tu ne veux pas en refaire l’expérience. » Tu te redresses avec lenteur et assurance. Sous ta peau, les muscles roulent et les os craquent. La confirmation que en ce bas monde tu es l’une des forces de la nature. L’une des forces monstrueuses de la nature. « C’est une proposition unique. Tu es avec nous. Ou disparais à jamais. »

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Ombres & Poussières. || Bogdan

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