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Feu pâle › Viondra
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MessageSujet: Feu pâle › Viondra Sam 2 Avr - 6:03
FEU PÂLE

Octobre 2044.

La première impression est capitale. C'est un adage bien connu.
De la porte du bureau à peine entrouverte se faufilent des filaments de fumée, s’enroulant sur eux-mêmes comme des serpents glissant dans l’air. En poussant l’ouverture pour pénétrer franchement dans l’office, Allen est immédiatement pris d’une quinte de toux. Résistance virile. Paie ta première impression.
Inspecteur Lockhart.
La voix est sentencieuse, semblant provenir de nulle part sinon d’un démiurge régnant sur l’opaque écran de fumée bleue. Une étoile rouge s’embrase furtivement au milieu de nulle part, et enfin, autour de cet indice, une silhouette se détache du mur sombre. L’homme balaie les bribes d’ouate délétère, et fait signe au nouvel arrivant d’approcher.
Chef, le salue Allen.
Massif dans un fauteuil au cuir éventré, le chef de la section de Leith détaille sans mot dire la récente recrue. Ses yeux se plissent. Il en sait assez sur ce jeune blanc-bec pour s’en méfier.
Vous avez pas fait long feu à New Town, il fait remarquer après ce silence mesuré. Enfin, pas que ce soit votre faute, on a simplement déplacé les effectifs, mais bref, je vais vous la faire courte, puisque vous connaissez déjà les bases du métier.
Il tapote brièvement sa cigarette - où peut-il encore se procurer des clopes pareilles ?
Ici c’est Leith. Peut-être pas l’anarchie de New Town, mais ici c’est un autre genre de danger. Plus intelligent. Plus stratégique. Les gens ont leurs réseaux. New Town on peut foncer dans le tas. Leith, faut la jouer fine, fait-il en appuyant ses propos de secs coups de cigarette dans l’air.
Désireux de passer au plus vite sur les préliminaires, Allen se contente d’hocher la tête avec docilité. Bien sûr que ce chef de section veut faire passer son quartier comme plus complexe. Et bien quoi, c’est un gars d’expertise. Pas comme ces bourrins de New Town qui tirent sur tout ce qui bouge. Quel chauvin.
J’ai du taff pour vous, dans l’immédiat, il continue. Ça vous fera vos armes. On a un Doppelganger pyromane, on connait ni son nom ni sa gueule, mais on le sait lié aux Peaky Blinders. Il est devenu incontrôlable et sème le bordel sur les docks. Ça suffit déjà pour le mettre sur notre liste. Mais c’est pas tout.
Les mains jointes l’une contre l’autre, il se penche sur le bureau pour donner plus d’emphase à son propos.
Là où ça nous intéresse particulièrement, c’est qu’à priori le type en question aurait aussi un lien avec ces salauds de résistants. On est pas sûrs de l’info, mais c’est toujours bon à savoir. Donc dans l’idéal, évitez de tirer à vue, et essayez de mettre la main dessus pour voir si on peut pas en tirer quelque chose.
Pour la première fois depuis le début de l’entrevue, Allen bénit le nuage de fumée épais qui le sépare de son supérieur. En plusieurs mois de service, il a appris à museler ses réactions, mais l’angoisse de voir ses expressions le trahir le tient toujours dans un étau.
Le chef de section, loin d’être sensible à un indice si subtil, poursuit :
Pour cette mission, vous ferez équipe avec l’inspecteur Schneider. Elle a été informée des détails en chemin et devrait arriver d’une minute à l’autre.
Hochant la tête, Allen ne percute que plusieurs secondes après. Schneider. Cette fois il ne peut empêcher la stupéfaction de traverser son visage. La Schneider ? Pour donner le change, il acquiesce :
Oui, chef.  
Ne pas s’énerver. Il y a plein de gens qui s’appellent Schneider. Pas vrai ? Y a pas qu’une Schneider dans le monde.
Pris dans un tourbillon de spéculations mêlées de désagréables réminiscences, Allen ne perçoit pas que le chef se détourne un moment pour aller quérir quelque chose dans un coin de la pièce. D’un tiroir qui s’ouvre en couinant, il extirpe une trousse de cuir élimé, et la pose sur le bureau.
Bien que ce soit la première fois qu’on lui en donne, l’inspecteur sait instinctivement de quoi il s’agit, et l’idée dissémine un sentiment désagréable dans ses veines. Si on leur donne des plasmides, c’est que le niveau de dangerosité est considérable.
On va vous filer ça, fait l’homme en désignant la trousse de seringues avec le menton. Mais c’est surtout pour votre coéquipière. Vous, j’aimerais autant pas que vous y touchiez. Votre cerveau est assez détraqué comme ça.
J’en veux pas de ta saloperie, de toute façon, pourrait lui cracher à la gueule la jeune recrue. Mais bien sûr, son visage reste lisse.
J’ai eu les échos de votre dernière mission, explique le chef.
Ça court vite. Les regards s’accrochent avec vivacité. Celui du supérieur est lourd de sous-entendus.
Que vous soyez psycho ou quoi, je m’en branle. Mais faites pas le con, il lance en guise d’avertissement. Si ça vous envoie dans un fossé, c’est votre problème, mais si vous y entrainez vos collègues, là c’est le mien. Et croyez-moi, vous préféreriez pas que ça arrive.
Sa cigarette s’affaisse avec un crissement de cendres. Allen s’apprête à répliquer au sujet du dérapage, mais le chef lui coupe alors la chique, les yeux soudain levés vers la porte.
Inspecteur Schneider.
(c) AMIANTE
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