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 Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan

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Sofia Azarova
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MessageSujet: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Jeu 7 Juin - 22:21

La nuit était glaciale. Enfin, c’était l’impression que Sofia en avait en regardant les convives aller et venir sur le toit d’une des plus hautes tours de verre d’Arbat. Étonnante contradiction, d’ailleurs, que de voir les hommes en costumes plus ou moins de bon goût mais indéniablement hors de prix, certains même coiffés de chapkas, déambuler tranquillement, tandis que les femmes erraient en fines robes de soirées dévoilant plus de peau nue que n’en cachant. Sofia connaissait les codes, ils étaient inscrits à coups de 1 et de 0 au cœur de son cerveau synthétique. Cela ne l’empêchait pas de ne pas comprendre. Mais on ne lui demandait pas de comprendre. On lui demandait de s’intégrer aux humains, de sorte qu’elle aussi n’était vêtue que d’une robe courte et légère, et de talons hauts vertigineux, qui ne la dérangeaient pas plus que ne pas être habillée par ce froid polaire. Sa chair : synthétique. Son équilibre : parfait. L’air était sec et elle avait l’impression qu’il allait bientôt neiger. La nuit était noire, et le rooftop, éclairé de mille petites lanternes, bruissait de vie, de musique jouée par un orchestre dans un coin, et de discussions. Ici, il n’y avait que des puissants. Pas des gens biens selon la définition du mot. Le maître des lieux, qui possédaient ce building et avait organisé la soirée, appartenait à la Bratva, et tout le monde le savait. Tout le monde savait que le quartier tout entier était entre les mains de la mafia. Mais ça n’avait pas empêché politiciens, people et autres grands industriels de venir. En dehors de cette bulle de couleur et de sons, le monde était noir comme de l’encre, si ce n’était la ville qui s’étalait à ses pieds. Elle se tenait au bord du muret, observant le vide. Pas grand-chose à voir. Le quartier était plutôt bien doté, mais plus loin, l’électricité se faisait rare.

« Ma beauté ! » Sofia se retourna aussitôt, un sourire plaqué sur les lèvres. Les scientifiques de la Pinxit avaient même installé dans sa trachée un petit fusible générant de la chaleur, pour lui faire cracher un nuage de vapeur quand elle parlait, comme les humains. L’homme qui l’avait appelée était un des invités de marque ici : Dmitri Antonov. Un grand patron, au sens où il était à la tête d’un entreprise pharmaceutique importante, mais pas non plus exceptionnelle. En fait, son entreprise était moyenne en tout, pour le moment : en taille, en productivité, en chiffre d’affaires. Mais ce derniers temps, Antonov était de toutes les fêtes organisées par la Bratva, et par ricochet, de toutes les réunions tenues par les politiciens en charge de l’industrie et du commerce. Comme si la ville, seule sur terre, commerçait vraiment. Cela l’aurait fait rire si elle avait eu le sens de l’humour. Quoiqu’il en soit, Antonov semblait sur une pente ascendante, et cela semblait convenir à la Pinxit, quelles que soient ses ambitions pour cet homme. Il avait reçu plus de menaces de morts que d’habitude ces derniers temps, avait déboursé une somme considérable pour se payer le meilleur de ce qui se faisait en termes de protection rapprochée, et ainsi, Sofia avait été envoyée à ses côtés. Cela faisait maintenant une semaine que Sofia paradait comme un trophée au bras d’un type à l’apparence lambda et de deux fois son âge. Ce qui bien sûr n’étonnait personne. Antonov seul savait ce qu’elle était, même s’il semblait l’oublier de plus en plus souvent. Sofia avait vu ce phénomène plus d’une fois. Les gens qui la fréquentaient quotidiennement et qui n’étaient pas de chez Pinxit finissaient par oublier le fait qu’elle n’était pas humaine.

Le toit, immense, était comme un labyrinthe, et des gens, à deux ou en groupe, s’isolaient ici ou là, ou au contraire formaient des masses compactes. Antonov l’attendait, entouré de sa cour habituelle. Sofia vint glisser son bras sous le sien et sentit la main du grand patron glisser dans son dos pour se poser sur ses fesses, ce qui lui fit autant d’effet que de regarder l’heure sur une horloge, en gros. Ce qui ne la révolta pas non plus. C’était normal. « Reste près de moi, d’accord ? » Dans sa voix, une sorte d’urgence. Il lui arrivait d’avoir des crises de parano. Elle glissa sa main sur son torse en souriant. « Bien sûr, mon amour. » Des mots, des répliques préparées à l’avance, qu’elle sortait en fonction de la situation. Tant qu’elle n’avait pas besoin d’improviser, elle était parfaitement crédible. Son regard, alors que tous deux s’approchaient d’un des trois bars installés sur le toit, scannait littéralement la foule. Elle se souvenait de chaque visage, tenait le compte des invités, savait qui manquait à l’appel, qui était arrivé en retard. Certaines identités étaient déjà dans sa base de données, d’autres non. Elle finit par remarquer un jeune homme qu’elle n’avait pas encore vu. Elle enregistra ses traits, ne trouva pas son identité dans ses fichiers, nota qu’il restait seul et que c’était inhabituel pour ce genre de sauterie. Dans les dix minutes qui suivirent, elle le regarda. À chaque fois, il avait changé de place. Elle ne le vit parler à personne, et personne ne lui parlait. Antonov s’était lancé dans une tirade sur un des ces exploits financiers, et elle s’éloigna discrètement de quelques pas, rejoignant le bar et du même coup, se rapprochant de l’inconnu. Elle ne pouvait pas lui demander ce qu’il faisait là, cela sortirait de la trame de son caractère. La blonde débile et vaguement trop jeune pour se faire sauter par Antonov n’était pas censée parler à ce type sans raison. Elle en ressentit une vague frustration. Commanda deux verres, et finalement, en passant devant lui, s’arrêta en prenant un air outré. « Vous ne buvez pas ? Mais enfin, nous sommes là pour nous amuser ! Tenez ! » Elle lui tendit un des deux verres. Et ne bougea pas. Selon les codes de la société humaine, il était censé lui répondre, n’importe quoi, même un bref mot de remerciement. Elle comptait bien enregistrer sa voix également, avant de rejoindre son « cher et tendre ». Quelque chose chez lui la dérangeait. Ou lui semblait familier. Le fait qu’elle ne parvienne pas à se décider était plus que le reste un sujet d’attention pour elle.

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Dim 10 Juin - 15:20

Ce n’est rien d’autre qu’un nom, un simple nom, qu’on lui a confié, dont on lui a imposé la garde. Avec pour différence notable de protéger, et non de supprimer. Il est rarement déployé sur des missions de protection, excelle dans l’art de tuer, moins dans celui de garder en vie.

Une bouffée d’agacement lui a sauté au visage dès les portes franchies, lui faisant regretter de n’avoir toujours pas le choix de ses interventions. Obéir, aveuglément, encore, toujours. La lassitude se précise de jour en jour, et l’envie de claquer la porte, quitte à y laisser sa peau également. Malgré cela, il est là, où on lui a dit d’être, fidèle, passant sur la foule un regard vide d’aménité. Les longs pans de son manteau sombre pourraient détonner en  ces lieux ou la mode côtoie le mauvais gout, pourtant, il se fond dans la masse, comme invisible, faisant montre d’une discrétion toute professionnelle sans pouvoir s’empêcher de ressentir, au contact de la foule bruyante, une forme de mépris.

Les hommes sortent pour se montrer, et c’est encore une lutte qu’il ne comprend pas, disputer le pouvoir et l’influence à grand coup de haute couture et de mets hors de prix, chacun exhibant ses modifications corporelles ou ses nouveaux jouets pour impressionner le voisin, ou bien le menacer. Il aimait ces sorties, avant, aimait ce qu’elles lui permettaient d’apprendre, de retenir de cette société dans laquelle il lui est impossible de s’intégrer. Il survole aujourd’hui les mondanités vides de sens comme un rapace ne trouvant aucune proie digne de piquer.

Il passe de groupe en groupe, prend note de chaque détail, étudiant avec soin certains protagoniste sans en trouver aucun qui vaille la peine qu’il s’attarde. L’ambiance viciée lui déplaît, autant que les excès se produisant dans chaque recoin. Il ferme les yeux brièvement, prend une grande bouffée d’air froid, avant de lancer ses prunelles à l’assaut du ciel. La nuit d’encre lui offre l’impression qu’il pourrait s’y noyer, sans peine, avalé par l’immensité qui les surplombe.    

Heureusement, il n’a aucun besoin de se présenter au client, ou pire encore, de lui faire la conversation. Cependant, il se tient prêt à agir, ni trop prêt, ni trop loin, en constante périphérie.

La blonde que l’homme traîne dans son sillage l’intrigue. Il ne s’y arrête pas cependant, ne décelant aucun danger direct, et finit par s’appuyer nonchalamment contre l’un des comptoirs pour parfaire son tour d’horizon. Il laisse aller son esprit, se détend légèrement en repoussant au loin cette sensation de vide qui le tenaille chaque fois qu’il se retrouve entouré de gens, tout en revenant surveiller Antonov du coin de l’œil. Il ne faudrait pas que ce dernier se fasse attaquer alors que Bogdan s’égare, ça ferait désordre.  

La blonde s’approche, attirant son regard qui dévie de sa cible pour se concentrer sur elle. Il l’a vue avec lui, minaudant et pépiant sans doute une bordée d’inepties. N’est-ce pas ce que font toutes les femmes lors de ce genre de réunion ? Il jette un coup d’œil rapide à sa tenue, remonte le long de ses jambes découvertes, avant de considérer le verre qu’elle lui propose, empli d’un liquide qui ne lui inspire aucune confiance. L’odeur du cocktail lui soulève le cœur et le commentaire qui l’accompagne lui tire une moue agacée avant qu’un doute violent ne l’assaille. N’est-elle pas là justement pour le faire dévier de sa tâche ? Le hasard paraît trop grand.

Inquiet, il repousse le verre sans douceur, le faisant heurter le bar avec un bruit sec, avant de pencher légèrement la tête pour observer l’homme qui, non loin d’eux, semble encore plongé dans sa conversation. Tout semble normal. Bogdan reporte aussitôt son attention sur la blonde, toujours soupçonneux, bien que légèrement apaisé

« Parce que tu t’amuses, toi ? » lui lance-t-il avec un haussement de sourcil évocateur en direction du petit groupe. Non vraiment, la distraction que peut procurer ce genre de rassemblement le dépasse, bien qu’il sache parfaitement que l’étalage compulsif des grand pontes ne soit là que pour servir les intérêts des entreprises qu’ils dirigent ou de leur assurer le soutien de la mafia. Les tractations le dépassent,  tout comme ce besoin d’alliance ineffable qui fluctue sans cesse,  projetant en tête d’affiche tel ou tel privilégié temporaire.

Il la regarde plus attentivement, se demandant ce qu’elle peut bien faire ici, avant de repérer les détails qui aussitôt remettent son esprit en alerte. Il lui attrape lestement le poignet, évaluant la texture de sa peau, avant de la relâcher aussi vite avec un air dégouté. Il est distrait, et s’en veut de n’avoir pas directement remarqué les signes qui font d’elle une poupée certes agréable à regarder, mais trop parfaite mécaniquement pour être réellement confondue avec un être de chair et de sang.

« Gumn. » marmonne-t-il en revenant planter ses prunelles dans les siennes. Il aurait du s'en douter. Voir. Savoir. Deviner. Elle n’est pas la seule à traîner au bras de ceux qui peuvent s’offrir ce genre de service, et il a localisé grâce à son implant visuel plusieurs démarches trop raides pour appartenir à des humains. Cependant, et malgré sa proximité avec son client, celle-ci lui a échappé sans qu’il ne puisse s’expliquer son erreur.

« Qu’est-ce que tu fous là ? Auquel appartiens-tu ? Antonov ? » souffle-t-il, toute trace d’amabilité ayant déserté sa voix, sa main frottant frénétiquement celle avec laquelle il l’a touchée. Il a donné le nom, redoutant presque la réponse. S’il reconnait leur utilité, il n’a jamais porté les pantins au visage humain dans son cœur, leur perfection métallisée lui rappelant cruellement leur fonction première et sa propre impuissance face à eux. Deux fois seulement, il y’a été confronté, et aucune des deux ne l’a vu sortir vainqueur de l’affrontement, les déchirures ne lui étant pas d’une grande aide face à des êtres créés pour y résister.

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Mar 12 Juin - 21:45

Il ne fallut qu’une fraction de seconde à Sofia pour savoir que l’inconnu avait des intentions autres que celles qu’elle prêtait à tous les autres. Si les gens étaient là, c’était pour faire la fête. Et ceux qui ne s’amusaient pas devenaient automatiquement louches. Elle en était la parfaite illustration, et son regard de métal capta sans peine la tension au coin des lèvres du jeune homme, le regard bref et discret avec lequel il balaya la foule avant de revenir sur elle. Avant même qu’il ne repousse le verre qu’il lui tendait ou n’ouvre la bouche, elle en était arrivée à la conclusion qu’il n’était pas là pour faire la fête, qu’il n’avait peut-être même pas été invité. Ce qui expliquait qu’il reste seul, et qu’il ne parle à personne, mais surtout que personne ne lui parlait. Parce que personne ne le connaissait. Le protocole dans pareil cas était laissé à sa discrétion. Plusieurs options s’offraient à elle, que son système passa en revue en un battement de cils. Le tuer, là, tout de suite. Mesure extrême, cependant, qui ne serait pas sans conséquences pour sa couverture. Elle n’évaluait pas le danger comme nécessitant une mesure aussi drastique. L’assommer et le traîner dans une pièce isolée pour l’interroger ; elle ne pouvait pas encore vraiment démêler le vrai du faux dans une parole humaine, mais il lui suffisait de faire mal pour avoir des réponses honnêtes, cela, c’était une certitude. Mais là encore, la situation n’était pas idéale, ils étaient trop exposés. Et puis l’inconnu n’était que louche, pas encore menaçant. La meilleure chose à faire était de rester avec lui, pour mieux le surveiller. Mais elle n’était pas censée s’éloigner d’Antonov trop longtemps – non pas pour l’industriel, mais pour sa mission. Elle arriva à la conclusion en moins d’une seconde : pour le moment, maintenir les apparences. C’était pour cela qu’elle avait été créée, après tout.

Elle s’accouda au bar à côté de lui dans une posture nonchalante, en total décalage avec ses pensées – et peut-être que c’est cela qui la trahit, mais elle en doutait. Elle n’eut pas le temps de répondre à sa question – elle comprit bien plus tard, d’ailleurs, en se repassant le film de cette nuit, que sa question n’appelait en fait pas de réponse, les humains appelaient cela de la rhétorique – car il lui attrapa le bras soudain. Habituée aux contacts de ce genre et plus encore de la part des hommes, elle ne réagit pas. Les scientifiques de la Pinxit avaient écrit une ligne de code spécifique relative aux contacts physiques considérés normalement comme intrusifs car si elle y avait vu une menace à son encontre, elle aurait immédiatement répondu par la violence. De sorte que les mains aux fesses, aux seins ou ailleurs ne la faisaient pas réagir, pas tant que son intégrité physique n’était pas menacée. Mais en termes de menace, le mot qu’il prononça ensuite fit s’élever d’un cran le danger qu’il représentait pour sa mission et son client. Comment avait-il su, en si peu de temps, avec si peu d’interactions ? La conclusion était évidente : il devait en avoir vu pas mal, ou travailler ou vivre au contact de Gumns. Un humain lambda ne pouvait pas la démasquer aussi vite. Elle planta à son tour son regard dans le sien, et autant dire qu’à ce jeu-là, elle pouvait tenir éternellement. Elle avait décidé en une nanoseconde de ne pas continuer à jouer la comédie. Son visage abandonna toute expression aussi soudainement que si un rideau était tombé, mais cela fut bref. Elle devait maintenir sa couverture pour tous les autres ici présents. « Ne prononce pas ce mot ici, ou je serai forcée de te faire taire. » Son ton était neutre, car ce n’était pas une menace à ses yeux, simplement un fait.

Elle scanna la foule du regard, vit Antonov qui lui faisait signe de le rejoindre. Elle se redressa, lui sourit, agita la main pour lui dire qu’elle viendrait bientôt. Il n’insista pas mais s’attarda un moment sur l’inconnu à ses côtés. Il n’était pas jaloux, juste très intelligent : il devait se demander pourquoi sa Gumn discutait avec un inconnu. « Je ne peux pas répondre à tes questions. Tu en sais déjà beaucoup trop, quand moi je ne sais pas qui tu es. » Ou ce qu’il était. Difficile pour elle de sortir des rails étriqués de ce que ses yeux lui montraient. Il avait un cœur qui battait, du sang dans les veines, de vrais poumons. Mais à part ça, elle ne pouvait pas vraiment en savoir plus sur lui, si ce n’était son état mental superficiel – tendu, agacé, énervé même. Ce qui ne l’avançait pas à grand-chose. Elle glissa soudain son bras sous le sien, s’accrocha à lui comme une adolescente à son petit copain. Mais sa poigne était de fer et plus rien ne la ferait bouger si elle ne le voulait pas – ni lui. « Pardonne-moi, mais tant que je ne sais pas ce que tu fais là, pourquoi tu me parles d’Antonov ou quelles sont tes intentions ce soir, je ne peux pas te laisser partir. » Sans états d’âme aucun. C’était l’étape numéro un. Et s’il refusait de lui parlait, ou si ce qu’l lui disait compromettait sa mission à elle, alors il y aurait l’étape numéro 2 – elle resserra légèrement sa prise sur lui.

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Sam 30 Juin - 20:10

Il sourit largement, accueillant la réponse comme il se doit. Les menaces. Toujours. Un langage qu’il comprend sans peine, duquel il peut s’accommoder sans problème. S’il se méfie des robots à visage humain, il leur reconnait toutefois un talent, celui de ne pas s’embarrasser de toutes ces broutilles qui parsèment les conversations humaines et les rendent si sibyllines.

Il résiste légèrement lorsqu’elle lui attrape le bras mais abandonne rapidement lorsqu’il réalise que seule la violence pourrait la faire lâcher.

Il n’est pas venu se battre. Elle non plus, s’il en croit sa manière de le questionner. Elle aurait pu l’attaquer directement, plutôt que de mimer la séduction pour mieux tromper les regards étrangers, contre elle, il se sait surclassé. Il l’attire contre lui sans plus chercher à lui échapper, lui montrant ainsi qu’il est disposé à discuter, à comprendre, surtout, parce que la situation l’intrigue autant qu’elle lui déplait.

« Aberration, si ça te dit quelque chose. » murmure-t-il à son oreille en glissant un bras autour de sa taille. Un mot, un seul, qui explique le reste, du moins pour les initiés.

Lui aussi guette la réaction d’Antonov, se demande si le geste qu’il vient d’avoir est suffisamment déplacé pour justifier une intervention de sa part. Vraisemblablement pas. L’homme ne bouge pas, les quitte d’ailleurs des yeux pour mieux se concentrer sur ses interlocuteurs.

Bogdan reporte son attention sur la jeune femme, ou, plutôt, ce qui ressemble à une jeune femme, avant de déclarer sans se départir de son sourire factice, un peu raide :

«  Tu ne peux pas me faire taire. Pas ici. Pas maintenant. Pinxit m’envoie. Et je connais son nom parce qu’il est ma cible. Mon objectif, comme il semble être ton client. J’ai vu la façon dont tu t’attachais à chacun de ses pas, mais je n’en comprends pas la raison. Si tu dois le tuer,  je dois t’abattre, et si je dois t’abattre, il faut que nous sortions. »

C’est bien la première fois qu’on lui donne l’opportunité d’expliquer. D’énoncer les choses, simplement, sans fioriture, sans laisser grande place à l’interprétation qui fausse la plupart des échanges. Les gumns sont-ils capables d’interpréter ? Et si oui, dans quelle mesure ? Il se frotte l’arête du nez de sa main libre, pensif, incapable de rassembler les morceaux du puzzle qui s’étale devant lui. Sans s’en rendre compte, il  ressemble bien plus dans son mode de pensée à ces robots qu’il abhorre.

« Tu es venue à moi, pourquoi ? » relance-t-il avant de l’examiner avec intérêt. Intellect contre affect. Il ne peut s’empêcher de comparer les hommes à leurs créations, et de se demander, en les voyant vénérer la perfection, pourquoi ils n’essayent pas de s’en approcher plutôt que d’en doter leurs machines. Les livres qu’il lit, cherchant désespérément à saisir ce qui lui échappe sans cesse, les films qu’il visionne, sans pouvoir s’identifier à quiconque, ne lui donnent aucune réponse.

« Je n’ai pas vraiment envie de t’abattre. Ça ferait désordre. Mais il faut que tu me dises si tu es là pour lui, pour le tuer, ou si ce n’est qu’un hasard s’il a fait de toi son jouet pour la soirée. Tu peux répondre, il suffit de le vouloir, regarde, je le fais bien. »

Il fronce les sourcils, agacé par ce sentiment d’anormalité qui ne le lâche pas. Ils n’auraient pas dû se rencontrer, encore moins se confronter, ça ne colle pas.  

Il regrette presque le verre qu’il a refusé alors que la prise de la blonde commence à lui tirer désagréablement sur le muscle.

Lui n’est pas un robot, et sa programmation s’arrête lorsque son embryon de libre-arbitre parvient à faire entendre sa voix. Il a envie de boire, maintenant. Et de foutre le camp, d’aller perdre ses interrogations dans les souterrains et, peut-être, de passer sa frustration sur quelque pauvre hère errant dans les tunnels. Elle l’en empêche, et sa résolution s’effrite, de minute en minute, son corps se tend, comme prêt à initier le mouvement qui transformera la réception en magma hurlant.

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Mer 4 Juil - 21:19

Aberrations. Le mot était plus que familier à Sofia, et cela expliquait qu’elle ne comprenne pas rien qu’en le gardant ce qu’il était. Il était extrêmement difficile pour elle de repérer les Dvoïniks et assimilés, du moins pour le moment. Les comportements, bizarres, extrêmes ou symptomatiques d’une particularité ou d’une autre, lui étaient encore trop obscurs, et compte tenu de son taux d’erreurs lorsqu’elle se risquait à faire un choix, elle avait tout simplement cessé d’essayer. « Deviner » était contre-productif, et une perte de temps, sans parler qu’agir en fonction d’une fausse supposition pouvait s’avérer dangereux. En un sens, l’inconnu lui avait facilité la tâche. Par ce mot, il s’identifiait immédiatement comme appartenant à Pinxit – comme elle. Cela lui aurait suffi, encore que les implications la laissèrent confuses pendant quelques millisecondes. Deux envoyés par la même compagnie, sans que l’un ou l’autre ne le sache. Elle enregistra les explications du type, hocha brièvement la tête. Elle relâcha la pression sur son bras, sans pour autant le lâcher complètement. Ici, il fallait s’amuser, se toucher, se coller aux hommes, c’était la norme. Pour le moment, Antonov la laissait faire, et il n’était pas exclu qu’il ait compris qu’elle menait l’enquête dans le cadre de sa mission. Ce qui voulait dire qu’il allait probablement, mécaniquement, se méfier de l’aberration. Sauf s’il savait que deux envoyés de Pinxit se trouvaient là. Elle reporta son attention sur l’inconnu, écoutant sa question tout en réfléchissant aux implications de sa présence ici. « Tu as l’air suspect. Tu ne t’intègres pas assez bien parmi eux. Détends-toi, montre à Antonov que c’est une fausse alerte. » Et joignant le geste à la parole, elle laissa échapper un rire aux sonorités éthyliques. Que ce soit elle qui lui donne une leçon, c’était peut-être un comble, mais elle était tout entière faite de cette exacte leçon, de cette seule leçon : se fondre dans la masse.

Il voulait qu’elle lui dise quelle était sa mission, et sa demande ne fut pas immédiatement refusée. Sofia avait donc une légère marge de manœuvre. Pinxit avait envoyés deux soldats, et il était hautement improbable que leurs missions soient antinomiques, qu’elle soit là pour le protéger et lui pour le tuer. Ce serait illogique et mauvais pour les affaires – à moins que ne soit un test. À moins que ce ne soit un plan réfléchi. L’aberration avait dit « cible ». Mais il avait aussi dit « si ». « Si » il devait tuer Antonov. Elle avait écouté les battements de son cœur, sentit son pouls à travers ses vêtements alors qu’elle le serrait contre elle, il avait dit la vérité. « Il est peu probable que Pinxit ne se soit pas attendue à ce qu’on entre en contact. Je n’ai reçu aucune instruction particulière te concernant, cela veut dire, je suppose, que nous pouvons nous faire confiance. Mais la supposition n’est pas suffisante pour moi. » Son cerveau, en quelques secondes, faisait défiler des centaines de scénarios possibles, et en retint deux, les plus plausibles. « Nous sommes là tous deux pour protéger Antonov, comme un filet de sécurité – ce qui tend à prouver que quelque chose va se passer se soir. Ou bien tu es là pour le tuer, et étant donné qu’il y a peu de chance que tu y arrives et beaucoup de chance que je te tue en public, tout le monde ici pourra voir à quel point les Gumns de Pinxit sont efficaces pour la protection rapprochée. Un coup de publicité au ratio bénéfices/pertes imbattable compte tenu de la valeur que Pinxit t’accorde. » C’est-à-dire, rien du tout. Dans la bataille de qui coûtait le plus cher, Sofia gagnait haut la main. Dans une vraie bataille, peut-être le résultat ne serait pas aussi net, mais pourtant c’était ce qui ressortait de ses calculs, sur la base des performances seules. Il y avait d’autres paramètres, qu’elle avait délibérément écartés toutefois.

Cependant, si sa seconde théorie était juste, alors il s’agissait d’un plan bancal de la part de Pinxit, car il était quasi sûr que Sofia repère l’aberration ou vice-versa. Et Pinxit ne faisait rien de bancal. Sacrifier une aberration pour de la pub, ça oui. Mais pas ce soir. Sofia en était enfin arrivée à cette seule conclusion. « Mon nom est Sofia. Si tu es là pour le protéger, alors partageons-nous la tâche. » Elle, en protection rapprochée auprès d’Antonov, et lui, pour couvrir un plus large rayon d’action, dissimulé. Et s’il était là pour tuer, pas de souci pour elle – elle le tuerait en premier.

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Lun 9 Juil - 13:19

Il laisse échapper un soupir  de soulagement en sentant la pression s’atténuer, légèrement. C’est déjà un progrès, et il se sent plus enclin à l’écouter. Les menaces ont le mauvais effet d’attirer ses démons intérieurs, et de le rendre peu réceptif à toute idée d’alliance.

Les quelques mots qu’elle lui glisse lui font hocher la tête. Oui, il se fond mal, encore, parmi ces autres qu’il ne comprend pas. Mais il ne demande qu’à apprendre, et se satisfait déjà de son maigre effort en ce sens. Parce que pour lui, coller volontairement une gumn, c’est un effort, peu importe le degré de perfection plastique de cette dernière. Il tente d’appliquer le conseil, de se détendre, sans réellement y parvenir. Ses muscles sont toujours tendus sous l'effet de la pression résiduelle qui, bien qu'amoindrie, l'anime encore. Et la foule qui les cerne n’est pas pour l’aider.

« Je suppose que je dois me fier à tes suppositions. Vous êtes faits pour réfléchir mieux, et plus vite, que tout le monde, non ? » Il n’attend pas vraiment de réponse, déjà convaincu de ce qu’il avance. La remarque suivante lui arrache un rire sec, bref et sincère.  

« Heureusement alors, que je n’ai pas pour but de le tuer. Et j’imagine qu’effectivement, nous devions nous rencontrer. » rétorque-t-il, nullement gêné par le rappel de sa presque absence de valeur auprès de la société. Il commence à apprécier le côté purement analytique des réponses de la poupée blonde, se sent finalement plus à l’aise à son contact qu’à celui de n’importe quel humain avéré. Lui n'est pas fait pour réfléchir, pour tirer des conclusions, ou démêler les desseins de l'organisation. Il se contente d'aller où on lui dit d'aller, de faire ce qu'on lui dit de faire,peu enclin à se perdre en suppositions. Mieux vaut la laisser faire le travail de ce côté, et en déduire ce qui doit être déduit, dans tous les cas, elle a bien plus de chance que lui de tomber juste.

« Ça me va, Sofia. » ajoute-t-il en regardant son bras qu’elle tient toujours, décidé maintenant qu’ils se sont mis d’accord, à la faire lâcher. Il y parvient sans peine, conscient que c’est uniquement parce qu’elle lui en laisse le loisir, et s’éloigne d’un pas, satisfait de sa liberté retrouvée. Il jette un œil vers Antonov, l’air de rien, avant de s’accouder de nouveau au bar, tapotant le comptoir du bout des doigts pour attirer l'attention du serveur. Un nouveau verre lui est offert, après un échange de hochements de tête. Il l'observe un moment, hypnotisé par les reflets toxiques de la boisson, avant de la saisir pour la porter à ses lèvres.

S’intégrer, a-t-elle dit, il en a bien l’intention, et rien de mieux pour cela que de plagier l’attitude dégagée des autres comme il s’y essayait avant l’interruption de la gumn. Il s’offre une gorgée rapide, faisant fi de l’odeur écœurante du mélange, avant de tourner les yeux vers Sofia

« Si tu dois rejoindre ton poste, je trouverai bien une occasion de te retrouver en cas de problème. » lâche-t-il en prenant garde de ne trop en dire maintenant qu’ils ne sont plus à portée d’un simple murmure.  Il reprend une rasade de liquide, qui lui brûle la gorge, le sucre masquant mal la haute teneur d'alcool, avant de le lui montrer du doigt, affichant un air faussement enthousiaste.

« C’est dégueulasse, vraiment, mais si jamais tu veux prendre le risque. » Il ne sait même pas si les gumns sont capables de s’alimenter, entraîné à les reconnaître, certes, mais pas à les fréquenter ou à deviner leurs prouesses. Et puisqu’ils en sont là, autant la considérer comme une personne normale, l’une de ces princesses d’une nuit passant de bras en bras jusqu’à ce que l’aube ne les saisisse et ne les rende à leur insignifiance.

Leur couverture se doit de rester solide, d’autant plus s’ils travaillent en tandem, et si ce fait est tout à fait nouveau pour Bogdan, qui ne tolère la mise en péril d’une mission par l’ajout d’un partenaire imprévu, il n’a pas vraiment d’autre choix que de faire confiance à la poupée modifiée, dont la vitesse de calcul ou les capacités martiales ne peuvent que lui être utiles en cas de difficulté.

Il se demande ce que Pinxit peut leur réserver. Si cette rencontre est une initiation, un test, ou si, vraiment, leur client commun court un réel danger. Il sait les ennuis prompts à arriver, à surgir de nulle part, sans raison apparente. Et celui qui se pavane dans le cercle qui s’est formé autour de lui est sûrement un appât suffisant pour attirer ce qui se fait de mieux en matière de terrorisme.

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Mar 10 Juil - 21:08

Chacune de ses réactions étonnent Sofia. L’étonnent, au sens où il ne dit ni ne fait ce à quoi elle s’était attendue. Elle s’attendait à devoir argumenter encore et encore, à le convaincre, à faire usage de violence, même. Elle s’attendait à ce qu’il renâcle, à ce qu’il se laisse aller à ce travers qu’avaient les hommes face à elle, robot ou pas robot, qui presque tous ne parvenaient pas à lui laisser l’initiative parce qu’elle avait l’apparence d’une femme, et d’une femme-enfant, même. Elle s’attendait à des complications, à du temps perdu, et s’y était préparée déjà, bien à l’avance, deux, trois, dix répliques en avant, elle était prête. Mais à chaque parole de l’aberration, elle devait laisser de côté la réponse qu’elle avait prévue. Parce qu’il opinait, acceptait, renchérissait. Aurait-elle été humaine qu’elle en serait restée le bec ouvert. Quelle était cette créature que Pinxit envoyait sur le terrain, qui ne luttait pas pour défendre son point de vue ? Comme elle, il avait l’air de ne pas se sentir concerné par les plans que Pinxit avait pour lui. Ni même de se sentir concerné par sa propre personne. On aurait dit un robot lui aussi. Apparemment, il choisissait le chemin le plus court, le plus simple et le plus direct, une efficacité mentale à laquelle Sofia n’était pas habituée chez les êtres de chair et de sang. Bon, eh ben… Du coup, plus la peine de débattre, alors ? La complexité du cerveau de Sofia, alliée à la complexité qu’elle associait aux émotions et aux réactions humaines, faillirent la faire hésiter. Pendant quelques fractions de secondes, elle ne sut plus que faire. Où est-ce qu’ils en étaient, déjà ?

Ah oui, la protection d’Antonov. Elle le regarda s’écarter, s’accouder au bar et boire d’un air nonchalant comme s’il avait fait ça toute sa vie. Même si contrairement à elle, il ne tentait pas de toutes ses forces d’imiter les autres, même si pour lui c’était plus naturel, elle en ressentit une pointe de jalousie, plus liée à sa propre horreur de l’échec qu’à autre chose. Elle tourna son regard vers son client, qui continuait de virevolter au milieu de la foule, qu’elle scanna rapidement du regard. Double-protection pour ce truand de moyenne gamme. Pourquoi ? Elle aurait bien aimé savoir, mais cela ne la regardait pas. Pinxit avait envoyé deux êtres différents, aux méthodes différentes, pour protéger le même homme, et elle était presque certaine que c’était parce que la compagnie avait eu des renseignements de dernière minute. Quelqu’un allait s’en prendre à Antonov. Mais pourquoi Pinxit ne l’avait pas prévenue, elle, plutôt que d’envoyer ce type ? S’il y avait bien un défaut qui l’handicapait, la friteuse, c’était qu’elle réfléchissait trop, incapable de ne pas prendre en compte le plus de paramètres possibles, et s’il y avait des trous dans le canevas, il fallait absolument qu’elle les remplisse. La conclusion était humiliante. La seule présence de l’aberration ici, électron libre imprévu dans le plan bien rôdé de Sofia, faisait qu’elle avait soudain besoin de lui. Elle s’accouda au bar à ses côtés et contempla le verre qu’il lui montrait. Sans un mot, elle le goba d’une traite, et avec une seconde de retard, esquissa une fausse grimace, comme si le liquide lui brûlait la gorge. Elle savait que c’était censé être mignon et tout, mais elle n’avait pas la tête à ça, là tout de suite. « Je connais l’identité et l’activité de tous les invités à cette soirée. Ils ont tous une bonne raison d’être là et aussi plusieurs raisons d’assassiner Antonov. Je ne vois rien chez une de ces personnes qui la différencie des autres et qui pourrait attirer son attention. » Peut-être l’aberration avait-il des infos supplémentaires.

Elle soupira, un vrai soupir, un réflexe acquis et devenu naturel, si on pouvait le dire ainsi. Elle s’adossa au bar et se mit à poser son regard gris sur untel ou untel, comme si elle les pointait du doigt. « Lui est un trafiquant d’organes qui fournit les politiques et industriels. Le roux là-bas est le bras droit d’un des chefs de la Bratva et le représente officiellement. Et elle, c’est la porte-parole de DefXon Industries, une entreprise qui fabrique de la technologie de pointe. Et lui, avec la cicatrice dans le cou… » Elle pivota sur ses talons pour faire face de nouveau à son verre, avant de regarder l’aberration. « Tu ne m’as pas donné ton nom. Je t’ai donné le mien, moi. » Voilà ce qui la perturbait depuis le début, aussi. Et finalement, elle tapota son verre vide du bout du doigt, reprenant d’un ton neutre : « L’homme à la cicatrice est un représentant de Pinxit. » Et qu’est-ce qu’un type important de chez Pinxit pouvait bien faire ici, à une soirée où elle avait envoyé deux de ses soldats ? Cela dépassait Sofia. Il lui était impossible de douter de la société qui lui donnait des ordres. « Tu devrais le surveiller. Je ne peux pas l’approcher. Je ne peux pas dire s’il possède des améliorations. » C’était définitivement étrange que Pinxit soit là. Mais elle ne pouvait pas pousser plus loin la réflexion. D’ailleurs, du coin de l’œil, elle vit Antonov approcher. Elle ne bougea pas, elle savait qu’il attendait d’elle qu’elle ne bouge pas. Libre à l’aberration de s’éclipser ou pas.

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Ven 20 Juil - 22:13

Il aimerait bien, l’espace de quelques secondes, être dans la tête de la gumn, comprendre son fonctionnement, voir, de l’intérieur, les rouages de son esprit s’articuler. Il la regarde s’enquiller le verre sans sourciller, envie brièvement ses viscères inattaquables. Pratique, tout de même, que de pouvoir feindre jusqu’à tromper la réalité elle-même. S’il ne s’explique toujours pas leur présence commune, il est déjà passé à l’idée suivante, à savoir la manière dont elle travaille.

Les gumns, à l’œuvre, sont effrayants, et il est soulagé au fond, tout au fond de lui, de la savoir de son côté. Du moins, tant que leurs ordres ne se contredisent pas. Et que Pinxit ne décide pas de le jeter en pâture à ses dernières trouvailles.  Lui ne connait pas les têtes présentes, s’embarrasse rarement de ce genre de détail, puisqu’il n’est pas envoyé pour faire la conversation. En temps normal. Il écoute donc avec attention, liant les informations aux visages correspondants, tout en secouant machinalement la tête.

« Je ne sais rien de plus que toi, j’en sais même beaucoup moins, dans l’idée. On m’a juste ordonné de le surveiller, sans m’avertir de ta présence, d’une possible attaque, ou de quoi que ce soit d’autre, en fait. Je ne sais pas s’il s’agit d’un test destiné à déterminer nos capacités, ou si, vraiment, il court un danger. » Il en a oublié sa question, porté par le flot de ses propres réponses. Il n’a décidément pas l’habitude de pouvoir s’exprimer, et ça se ressent, dans son ton, sur les hésitations qu’il marque entre chaque mot. Malhabile, sans être réellement mal à l’aise.

« Je m’appelle Bodgan. » ajoute-t-il dans un sursaut, reportant les yeux sur elle en notant du coin de l’œil l’approche d’Antonov. Il pourrait partir, s’éloigner, comme prévu, les laisser à leurs petites affaires. Mais il est curieux. Et si sa présence n’a rien d’imposé, qui pourrait donc la lui reprocher.

L’autre avance tranquillement vers eux, et Bogdan se contente de commander un autre verre, le guettant toujours, sans en avoir l’air. Il se crispe légèrement lorsque l’homme pose une main possessive sur le bras de la gumn, une lueur étrange dans les yeux. Veut-il lui montrer qu’elle lui appartient ? Qu’il n’a pas à l’approcher, à lui parler, qu’elle est, chasse gardée, comme ils disent ? Il l’ignore, ne comprend pas les codes humains, et si c’est l’intimidation qui ressort en premier du comportement d’Antonov, Bogdan ne peut s’empêcher d’y lire également un avertissement.

Il fronce les sourcils, abandonne son verre sans y avoir touché et prend un peu de distance avec le couple, se laissant la liberté de les observer de loin. Toujours moins mal que de prendre un blâme pour comportement inapproprié, il n’aurait d’autre choix que de se laisser faire si l’autre l’agressait subitement, comme seuls les hommes en sont capables, et n’est pas vraiment d’humeur à le supporter.

Il soupire, fais quelques pas en esquivant la foule trop dense, au centre, migre plutôt vers les extrémités du plateau, jusqu’à se trouver non loin d’un duo au nez poudré de blanc, et aux membres entremêlés. Parfait, songe l’aberration. Ici, personne ne fera attention à moi.

Il s’installe à l’une des tables laissées libres, y pose ses coudes, repose son menton entre ses paumes, et reprend son scan de l’assemblée.

Les minutes passent. Interminables. Puis les heures.  Sans que rien ne vienne interrompre la routine un peu sordide du gratin qui se défonce. Bogdan étouffe un bâillement. D’ennui plus que de fatigue. Il n’est pas fait pour ce genre de mission. L’adrénaline lui manque. Le gout du danger, aussi.

Un mouvement discret, près des portes, attire son attention. Trois hommes. Dont la tenue jure désagréablement avec celles des invités. Ceux-là n’ont pas pris la peine de sortir les belles parures. Leurs mises trahissent un besoin d’efficacité. Et leur démarche, une assurance de mauvais augure. Ils ne viennent pas pour les festivités, l’aberration en mettrait sa main à couper.

Galvanisé, il se redresse, cherche Sofia des yeux, prêt à la rejoindre. Serait-ce la raison pour laquelle ils ont été appelés ensemble ? Ces hommes qui tranchent la foule de manière déterminée ? Il ne saurait le dire, mais se prépare déjà à réagir.

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Mer 25 Juil - 21:21

Voix calme quoique débit un peu précipité, pas de signes extérieurs de nervosité, regard stable. Sofia pouvait déduire de la réponse de Bogdan qu’il ne mentait pas quand il affirmait ne pas savoir ce qu’il faisait là avec elle – dans l’esprit mathématique de la Gumn, c’était lui qui était en trop, pas elle. Elle ne pouvait pas imaginer qu’il ait été envoyé là pour la tester, comme une composante malvenue dans une mission où tout s’assemblait à la perfection. Il était la pièce en trop d’un puzzle parfaitement clair jusqu’à présent, mais Sofia était certaine que Pinxit ne la testait pas, elle. Lui, à la limite… Il s’appelait Bogdan, donc. Pour elle, peu importait que ce soit son vrai nom. Un nom, ça ne servait virtuellement à rien, elle n’avait pas besoin de cela pour reconnaître et identifier quelqu’un et au quotidien, ce n’était pas comme si les humains se servaient de leur nom comme de leurs jambes ou de leurs poumons. Malgré tout, cela faisait partie de ces choses ritualisées depuis la nuit des temps chez eux, une obligation, une nécessité qui lui avait valu elle aussi de gagner ce pseudo, Sofia. Eh bien ça lui permettrait de l’appeler autrement que « hey toi, l’aberration ». Elle devina à la tête de Bogdan que quelqu’un s’approchait d’eux, et déduisit très vite de qui il s’agissait. Elle se retourna vers Antonov au moment où il posait la main sur elle. Elle le gratifia d’un sourire lumineux et un peu niais, en se demandant pourquoi elle devait jouer la comédie même pour lui. Lui qui savait ce qu’elle était, ce qu’elle faisait là et qu’elle n’était pas destinée à rester auprès de lui. Pourtant, il n’était pas rare que les clients se prennent au jeu, et plusieurs avaient déjà proposé des sommes astronomiques à Pinxit pour tenter de racheter un Gumn de troisième génération – impensable évidemment.

Elle vit Bogdan s’éloigner sans un mot, et à peine était-il hors de portée de voix qu’Antonov lui demandait de qui il s’agissait. Non pas sur un ton inquiet, mais d’une voix presque agressive. Il ne se demandait pas si Bogdan représentait un danger pour sa vie, il était juste jaloux. Sofia le considéra de son regard de glace et l’espace d’un instant, un vide profond envahit ses trait – l’équivalent androïde du mépris le plus total. Les humains étaient si stupides. Elle n’en revenait pas, parfois, de leur stupidité. Elle lui servit un mensonge crédible – Bogdan était le chef de projet d’une entreprise pharmaceutique mineure, une appellation assez vague pour englober autant les RH que l’assassinat d’employé un peu trop zélé, en passant par le directeur de la communication. « J’effectue un contrôle des antécédents de tous les invités que je ne connais pas encore, Dmitri. Cela fait partie de mon travail. » Elle n’avait pas insisté sur ce dernier mot mais l’avait employé à dessein. En théorie, elle était censé avoir un comportement exemplaire auprès des clients, il en allait de l’image de marque de l’entreprise, mais dans l’absolu, elle était là pour le protéger, pas pour l’amuser ou lui tenir compagnie. D’ailleurs, et les clients étaient censés le savoir s’ils lisaient les petites lignes du contrat, en situation de vie ou de mort, elle devait sauver sa peau synthétique. Il s’agissait là d’une mesure extrême qui ne se présentait jamais, mais la perte d’un Gumn représentait plus d’argent pour Pinxit que de devoir allouer des sommes en plus au service de presse en cas de damage control, cauchemar des relations publiques.

Elle resta auprès d’Antonov sans cesser d’observer la foule, repérant régulièrement Bogdan, qui ne faisait même plus semblant de ne pas participer à la fête, mais à ce stade, tous les invités étaient fortement alcoolisés et passablement drogués, deux choses que les riches Russes pratiquaient toujours à fond, a priori.

Elle vit d’abord du mouvement parmi le service de sécurité du building – anciens soldats, mercenaires et gardes du corps payés très cher pour se montrer violents et sans pitié. Plusieurs convergèrent vers les portes donnant sur la terrasse en courant. Elle les suivit des yeux, vit trois intrus s’inviter à la fête. Ils n’avaient pas l’air armé, pourtant, dans la cohue, les cinq vigiles furent mis hors service. Des humains améliorés ? Des aberrations ? Sofia ne pouvait qu’affirmer qu’il ne s’agissait pas de robots. Les premiers cris retentirent sans que la majorité des invités ne s’en inquiètent. Sofia se saisit du bras d’Antonov et l’entraîna à l’opposé des portes – pas idéal à long terme mais l’important était de l’écarter des agresseurs. Elle vit Bogdan faire l’inverse, s’approcher des trois types, et peut-être que c’était pour cela qu’il avait été appelé en renforts. En vérité, elle était censée laisser tout le monde ici mourir, lui y compris, avant d’abandonner Antonov. La vie du client était prioritaire. Et elle aurait dû s’arrêter là, pourtant elle poussa la réflexion plus loin. L’attaque était aussi une façon de se défendre. Éliminer le danger maintenant, quand il restait encore plein de monde pour faire diversion et gêner l’adversaire, était plus viable que se cacher avec Antonov et attendre d’être trouvée. Enfin, ils étaient trois, elle était seule. S’ils parvenaient à les encercler, les chances qu’Antonov meure étaient multipliées.

C’était vrai. Mais c’était aussi contourner la règle inscrite au cœur même de son système. Un genre d’avenant au contrat… Et pourquoi est-ce qu’elle faisait cela ? Certainement pas pour une aberration qu’elle ne connaissait pas une heure plus tôt.

Antonov s’accrocha à son bras. Elle se dégagea et le cloua du regard sur place. « Restez là avec votre sécurité rapprochée et ne bougez pas. Je dois toujours savoir où vous êtes. » Elle entendit lui ordonner de ne pas bouger, malheureusement pour lui, il n’était pas son patron.

Alors, elle vit les trois intrus se séparer et se fondre dans la foule qui désormais s’agitait en tout sens comme une marée humaine, bloquée sur son toit sans issue. Trois assassins. Bogdan et elle pour les arrêter. Elle adorait les maths, mais cette équation-là n’était pas idéale. Elle resta entre Antonov et l’endroit où les assassins s’étaient séparés, et en quelques secondes, en vit un réapparaître sur sa gauche. Il ne prit pas garde à la blonde qui se tenait sur son chemin. Elle l’arrêta d’un coup de poing dans le torse, assez fort pour traverser une cage thoracique humaine. Au lieu de quoi, un choc sourd remonta le long de son squelette artificiel. Le type recula en titubant, mais sa cage thoracique allait plutôt bien – elle était en fait recouverte d’une plaque de métal. « Saloperie ! » siffla l’assassin. Sofia se contenta de le fixer, droite comme un i. Il ne passerait pas. Elle espérait que Bogdan agissait de son côté.

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Jeu 16 Aoû - 19:17

Il ne les quitte plus des yeux, se demande, même, comment les invités peuvent ne pas les remarquer, leurs silhouettes tranchant trop durement dans le luxe ambiant pour ne pas détonner. Il réfléchit rapidement, fait l’inventaire des armes à sa disposition, tout en esquissant une légère grimace.

Il n’a que son couteau, et une arme de poing inefficace dans pareille foule. Certes, il se repose sur sa déchirure lorsqu’il s’agit d’abattre froidement une cible, mais cette dernière risque de s’avérer insuffisante en présence du facteur humain trop important.

Il pousse un juron entre ses dents serrées, cherche une dernière fois Sofia des yeux, sans l’apercevoir. Il ne peut plus l’avertir, mais il ne se fait pas vraiment de souci pour elle. Quant à Antonov, il est entre de meilleures mains que les siennes si la poupée l’accompagne, le laissant libre de se charger des intrus. L’adrénaline lui glisse dans les veines, lui monte à la tête alors qu’il s’empare du manche du couteau, pensé aussi bien pour le corps à corps que pour servir d’arme de jet.

Il calcule la distance le séparant d’un des importuns, plisse les paupières en s’ouvrant à sa déchirure, le regard légèrement voilé. Le cœur pour tuer net. La nuque pour paralyser. Les jambes pour immobiliser. Il n’a que l’embarras du choix, mais ne connaissant rien de l’équipement des sbires envoyés perturber la soirée, il préfère jouer la sécurité, et le couteau file dans un chuintement sinistre, droit vers la nuque de la cible.

Les yeux écarquillés par la surprise, l’aberration voit sa lame heurter son adversaire dans un bruit métallique avant de tomber au sol, inutile. L’homme par contre, rive aussitôt les yeux sur la provenance de l’attaque, posant sur Bogdan un regard déterminé qui n’augure rien de bon. Bien, ils semblent bien protégés, et il vient de perdre sa meilleure arme. Ne lui reste plus qu’à se lancer à mains nues, songe-t-il tout en s’avançant tranquillement vers le type qui paraît l’attendre, un petit sourire froid vissé sur les lèvres.

Bogdan lui, ne montre pas d’autre émotion qu’une détermination glaciale et calculée qui lui fige les traits. Il n’a pas peur, évidemment, et se fait plus de souci pour Antonov et Sofia que pour lui-même. Elle se débrouillera sans mal, pense-t-il en arrivant au contact, les prunelles vissées dans celles de son vis-à-vis.

Ils tournent lentement l’un autour de l’autre, se jaugeant mutuellement tandis qu’autour d’eux, les invités se pressent, se massent vers les sorties. L’alerte est donnée, et s’ils ne savent pas vraiment d’où vient le danger, ils cherchent à le fuir à tout prix, à préserver leurs existences vides et vaines. L’aberration esquisse un sourire. Avant de balancer son poing dans la mâchoire de son opposant. Les os craquent, des deux côtés.

Amélioration invisible, ou squelette renforcé, Bogdan ne saurait le dire, mais la douleur que lui cause l’impact se répercute jusque dans son épaule, lui faisant serrer les dents. Il a à peine le temps de se pencher en arrière pour esquiver la riposte qui lui arrive droit dessus, pendant que l’autre, l’équilibre mis à mal par sa prise d’élan, titube légèrement en se repositionnant.

Ça risque d’être long, très long, juge l’aberration en évaluant les résistances de l’ennemi. Il lui faut quelque chose de plus rapide, de radical, sans être mortel. Il ne cherche plus à frapper, se contente de ruser pour éviter les coups pendant que son esprit en ébullition cherche une solution.

Il a chaud, trop chaud, et la sueur lui irrite les yeux. Sofia. C’est elle qu’il lui faut, à deux, ils pourront venir à bout des intrus. Du moins l’espère-t-il. D’un mouvement fluide, il envoie sa jambe faucher celles de son adversaire, lequel heurte le sol dans un grondement furieux. Bogdan s’éloigne d’un bond, ne laissant pas le temps à l’autre de se relever pour repérer sa trace. Il fuit, mais c’est pour mieux revenir, se dit-il encore tout en fouillant la marée humaine à la recherche du visage de la blonde.

Il la trouve enfin, se jette à ses côtés, quelque peu essoufflé, pour lâcher sans s’occuper le moins du monde d’Antonov qui, bouche bée, contemple la force de sa jolie poupée.

« Le mien est blindé, celui-ci aussi ? T’as pas d’armes conséquentes ? J’suis venu à poil, j’aurais du y penser mais… »

Il s’arrête , fixe ce nouvel adversaire, avant de secouer la tête en direction de Sofia

« Faut qu’on bosse ensemble sur ce coup-là, j’ai laissé le mien pas loin d’ici, il va pas tarder à rejoindre son pote, quant au troisième, j’l’ai perdu d’vue. Tu penses qu’ils viennent vraiment pour lui ? » nouveau coup d’œil vers Antonov, sceptique. Il n’en mène pas large si l’on en croit son air livide, et ne doit pas avoir l’habitude d’être ainsi bousculé. Petits êtres si précieux. Bogdan aurait presque de la peine pour eux, s’il prenait le temps de ressentir quoi que ce soit à l’égard de cette élite dont la simple vue le fait ricaner.

« Sofia, tu sais faire une bombe ? »

Il sourit de nouveau en frottant son poing endolori, bien tenté par l’idée de tout faire sauter. Tout, sauf Antonov, bien sûr. Après tout, les explosions sont le fait des terroristes, et qui d’autres que des terroristes pourraient venir troubler ce genre de soirée ?

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Lun 20 Aoû - 21:29

Elle se fichait bien de l’air agressif de son assaillant. Ou bien avait-il l’air méprisant ? Ou goguenard ? Honnêtement à ce stade, elle ne faisait aucun effort pour décrypter son visage. Cela lui demandait du temps, un temps qu’elle refusait de mettre à profit pour quelque chose d’aussi trivial. Elle ne réagissait de toute façon pas aux provocations de son adversaire. Son visage désormais aussi figé qu’un masque, elle fixait l’homme sans plus penser à cligner des yeux. Cela aurait dû renseigner le type plus que n’importe quoi d’autre sur sa nature, mais il ne sembla pas en faire cas. Ou alors, il se croyait assez fort pour la mettre hors d’état de nuire. Quelque part en elle, elle en conçut de l’amusement, ou du moins ce qui s’en approchait le plus. Il était impensable, inimaginable au sens littéral du terme, pour elle, de croire qu’elle pouvait perdre ce combat. Mais ce combat justement n’était pas sa priorité. Sa priorité se tenait derrière elle, tremblotant comme un bol de gelée. Elle fit un pas vers l’homme et vacilla alors qu’un de ses talons aiguilles se brisait. Elle envoya valser ses chaussures. Sur elle, elle ne portait aucune arme. Mais elle n’en avait pas vraiment besoin. Elle se jeta sur l’homme à une vitesse plus qu’humaine, enroulant son bras autour de sa nuque, sa jambe autour de la sienne et d’un coup sec, la sentit se briser sous elle. L’agresseur eut la décence de beugler de douleur. Mais alors qu’elle bondissait de nouveau hors de sa portée, elle vit qu’il se tenait toujours debout. Il était définitivement amélioré. Mais pas incassable. Contrairement à elle.

Là-dessus, Bogdan apparut à ses côtés, échevelé. Elle se permit un regard en coin pour évaluer sa situation – son adversaire était encore là, et lui-même semblait à même de se battre encore. Il aurait fallu qu’elle le touche pour capter son pouls et évaluer sa santé, mais puisqu’il était sur ses deux jambes et parlait, elle en déduisit qu’il allait bien. « Je suis une arme conséquente. Et je saurais faire une bombe, mais cela mettrait Antonov en danger. » Sous-entendu : elle laisserait tout le monde ici mourir, Bogdan y compris, avant de faire quelque chose qui puisse égratigner le bout du nez de Dmitri. No offense. Elle avait ralenti son adversaire, au moins, et songea que cela restait encore la tactique la plus efficace, quoique poussive : lui briser tous les membres. « Quelles sont tes capacités, aberration ? » S’ils devaient faire équipe, elle avait besoin de savoir. Mais soudain, un deuxième type, probablement celui de Bogdan, apparut dans son champ de vision, un fusil d’assaut entre les mains. Sofia reconnut une des armes du service de sécurité. Venir ici les mains vides et se débarrasser des vigiles pour utiliser leurs armes était une tactique en soi acceptable. Sofia posa la main sur l’épaule de Bogdan et le poussa rudement, un peu trop peut-être, pour lui éviter de se prendre une rafale. Elle ne pensait plus du tout à mesurer sa force.

Elle ne sentit pas le choc des balles qui l’arrosèrent en remontant de sa jambe droite jusqu’à son cou, mais son système se mit aussitôt à évaluer les dégâts – minimes, pour l’heure. En revanche, difficile de la prendre encore pour la blonde à gros seins que se tapait Antonov ce mois-ci. Elle se baissa, ramassa le comptoir d’un bar renversé comme s’il s’était agi d’une planchette et avec toute la force dont elle était capable, en donna un coup au type avec le fusil, coup qui l’envoya voler sur une dizaine de mètres – par-dessus le parapet du toit. Quand elle reporta son attention sur le premier type, elle vit qu’il avait disparu. Et quand elle se retourna, elle vit qu’Antonov aussi avait disparu. Elle resta plantée sur place pendant de longues secondes, peut-être à cause des dégâts occasionnés par les balles, ou peut-être parce que cela lui prit du temps pour comprendre qu’elle avait perdu de vue l’homme qu’elle devait protéger, tout ça parce que quelque part, elle avait adoré taper sur un type. « Bogdan, appela-t-elle. J’ai besoin de ton aide.  Antonov n’est plus là. Ils ont dû l’embarquer dans l’immeuble. Ton idée de bombe est à présent acceptable. » S'ils mettaient la main sur le bon matériel. Les types avaient une grosse cinquantaine d’étages à descendre avec Antonov - qu'ils ne voulaient donc pas tuer sur place, c'était déjà ça. Elle espérait que Bogdan n’avait pas disparu lui aussi.

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Ven 31 Aoû - 21:01

La question lui tire un ricanement. Ses capacités. Il n’en sait trop rien, maintenant, habitué qu’il est à compter sur ses déchirures bien plus que sur ce que Pinxit lui a appris.

Il hausse une épaule, s’apprête à répondre avec la même nonchalance trompeuse, lorsqu’ils sont brutalement interrompus par l’arrivée du type armé. Bon, ça ne rigole plus, et pourtant le sourire de Bogdan lui illumine toujours les traits, lui donnant l’air un peu dément. L’impact du coup de Sofia lui coupe le souffle et le projette en avant, lui laissant à peine le temps de rectifier son équilibre avant la chute. Il y parvient de justesse, relève les yeux à temps pour voir Sofia recevoir à sa place la charge qui aurait pu lui être fatale.

Foutue gumn, pense-t-il avec un élan d’affection passager, avant de remarquer la disparition de leur client commun. Merde, jure-t-il entre ses dents, se tournant vers Sofia puisqu’elle est la seule désormais à mériter un peu son attention.

Il hoche la tête, sonné lui aussi, mais seulement par sa propre bêtise. Sa distraction vient peut-être de leur couter leur mission. Il secoue vivement la tête, tente d’appeler la concentration en examinant la requête de la gumn. Une bombe, bien, enfin les choses sérieuses allaient pouvoir commencer.

« Autant je suis pour, autant si on trouve de quoi la faire, j’suis pas sûr qu’on puisse la balancer sans info’ concernant Antonov. Ils ont pu prendre les escaliers, mais est-ce qu’ils sont cons à ce point ? Si c’est un enlèvement, un véhicule doit les attendre quelque part, et s’ils filent, on est baisés. Pour le moment, ils ont quelque chose à perdre, on peut en profiter. » Il marmonne quelque chose d’inintelligible, frotte une dernière fois son poing douloureux, avant de s’élancer vers les escaliers.

« S’ils l’ont emmené, on a quand même une chance d’être plus rapides, en espérant qu’un hélico ou une autre merde du genre ne vas pas défoncer l’immeuble pour les récupérer. Tu m’suis ?»

Jette-t-il derrière son épaule sans chercher à recevoir de réponse. L’adrénaline lui brûle de nouveau les veines, et la sensation le pousse à la poursuite des kidnappeurs.

Ils n’ont sûrement pas enlevé Antonov pour le buter dans un coin sombre en toute tranquillité, non, trop de moyens ont été déployés pour lui mettre la main dessus. Plus il y pense, plus l’idée de l’enlèvement lui semble être la bonne. Ce qui leur laisse effectivement une marche de manœuvre, aussi petite soit-elle. Il dévale la première moitié des escaliers sans percevoir aucun signe de ses proies.

L’immeuble est immense, les étages ne manquent pas, ils peuvent aussi bien avoir tracé jusqu’en bas que s’être planqués en attendant que l’orage passe. Bogdan s’arrête, brutalement. Oui. L’orage passe.

S’il est incapable de se mettre à la place de ceux qu’il traque, il connait parfaitement le fonctionnement des proies. Se cacher, temporiser, et repartir de plus belle. S’ils semblaient avoir l’avantage là-haut, maintenant qu’ils tiennent leur otage, ils sont vulnérables.

D’autant plus que la pluie de balles a révélé la nature de Sofia, et qu’aucun e personne sensée ne se risquerait longtemps à faire la course avec un gumn. Ils ont dû se cacher. L’aberration reprend sa marche, plus lentement, s’arrête à l’étage du dessous, à l'affût du moindre bruit.

Les portes sont closes, et seuls les restes de la panique sur le toit lui viennent aux oreilles. Il soupire, cherche à distinguer dans ces sons confus un bruit de pas qui lui indiquerait l’arrivée de Sofia. L’a-t-elle suivi ? Ou a-t-elle préféré chercher les composants de la bombe dont ils ont parlé ?

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   Mar 4 Sep - 21:28

Faut-il penser comme un criminel pour attraper les criminels ? En cette seconde, Sofia faisait défiler des centaines de scénarios potentiels et différents, mais n’était pas capable d’en choisir un seul. Plusieurs se recoupaient – après tout, ils étaient au sommet d’un immeuble, il n’y avait pas trente-six solutions d’en sortir, pas trente-six chemins à emprunter. Malgré tout, peut-être à cause du trop gros nombre d’informations qu’elle traitait en quelques fractions de secondes, Sofia restait immobile et bien peu proactive. Face à elle, Bogdan venait d’énoncer quelques vérité en quelques mots, de façon naturelle, et Sofia se posait la question : était-ce parce qu’il était plus proche des humains qu’elle ? Ou bien plus proche des criminels qu’ils étaient ? Bien sûr, parmi ses multiples scénarios, il y avait celui que Bogdan vient d’évoquer, mais la différence, c’était qu’en plus de parler, il agissait. Elle le suivit aussitôt, puisque de toute façon, rester ici ne servait strictement à rien. Les portes, quelques cadavres, puis l’escalier. Oui, bien sûr. Ils auraient été idiots de prendre l’ascenseur, alors que dans l’immeuble, le reste de la sécurité devait déjà être en action. Elle était bien partie pour descendre les dizaines d’étages en courant sans s’arrêter, mais Bogdan ralentit subitement. Elle s’arrêta à un mètre de lui, confuse. Mais s’il n’allait pas plus loin c’était qu’il pensait que les types étaient là. Sofia trouvait ce comportement idiot. Ils auraient mieux fait de foncer vers la sortie. Mais après tout, ils étaient en partie humains. Et leur otage l’était complètement. Il n’y avait aucune chance pour que ce gros lard d’Antonov descende plus de trois étages sur ses deux jambes sans s’écrouler. Poids mort. Enfin, pas encore mort.

Elle dépassa Bogdan, posa une oreille contre les battants de la porte menant à l’étage. Des sons émanant du toit. De l’étage du dessous, aussi. Et de celui-ci – légers, à peine audibles même pour elle. La vibration légère d’un meuble que l’on traîne au sol, tout doucement. Elle se tourna vers Bogdan. « Il y a quelqu’un ici. Qui se cache. Mais ça peut ne pas être eux. Que sont-ils à ton avis ? » Des types comme lui ? Des aberrations ? Plus probablement des professionnels super améliorés. Beaucoup d’argent pour en faire ce qu’ils sont, pas la moitié de ce qu’elle a coûté à Pinxit, mais tout de même. Elle entendit de nouveau un raclement léger. « Ils se barricadent. Ils sont idiots ou quoi ? » Ils pensaient peut-être que Bogdan et elle n’allaient pas les retrouver ? Probablement que si. Si Sofia avait un défaut, c’était bien celui de se croire invulnérable. Cela faussait encore trop souvent son jugement. Cette façon de se planquer et de les attendre, qu’elle trouvait stupide… Peut-être avaient-ils les moyens de leur résister. Quoiqu’il en soit, Sofia était sûre d’une chose : ils n’iraient pas plus loin. Son regard parcourut le chambranle de la porte et elle esquissa un sourire. Puis donna un coup de poing dans le carré vitré du battant, explosant la fenêtre. Ils savaient bien que Bogdan et elle leur couraient après, de toute façon. De fait, le silence fut soudain assourdissant. Elle se baissa, ramassa un bout de verre, et d’un geste vif et précis, découpa un petit triangle de peau sous sa clavicule, avant d’enfoncer deux doigts dans la plaie, qui « saignait » abondamment – pour de faux, évidemment. Tout avait été fait pour que sa couverture soit maintenue, même si elle se piquait sur l’épine d’une rose. Elle ressentait également la douleur, mais pas comme les humains. Du moins n’était-elle pas incapacitante. Elle tira enfin de la blessure ce qui ressemblait à un petit boîtier de la taille d’un dé.

« Je peux piéger cette porte avec ça. C’est une des petites, hm, piles, qui me font fonctionner. » Pile n’était pas le mot, et mini-batterie nucléaire non plus, mais enfin, c’était quelque chose entre les deux. Ça la rendrait un poil moins fonctionnelle, en revanche ça ferait sauter toute la cage d’escalier si un des types tentaient de se faire la malle. Elle esquissa un sourire de gamine. « Je le fais. » Quelques fils, un trou dans le mur pour trouver un câble électrique et relier la batterie, un autre fil de métal pour jouer les détonateurs en travers de la porte, au niveau du sol. Pas de retour en arrière possible pour les méchants. Quand elle se redressa, elle était maculée de sang, ravie et la pupille de son œil gauche clignotait légèrement. Elle pointa un doigt vers l’étage, et le sombre couloir qui les attendait. « On y va ? » Et joignant le geste à la parole, elle enjamba le fil de sa petite bombinette et avança silencieusement dans la pénombre. C’était un étage qui servait visiblement de bureau, avec des portes, des open-space et une vaste salle de réunion derrière des murs vitrés. Elle n’avait pas fait dix pas qu’une rafale de mitraillette retentit et elle se colla au mut, avant de lever un bras devant ses yeux. Il lui manquait son petit doigt. Parfait. Elle se retourna vers Bogdan. « Je peux les occuper si tu veux faire le tour. » Il était raisonnable de penser qu’elle survivrait à quelques rafales de mitraillette.

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MessageSujet: Re: Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan   

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Ce qui nous lie, ce qui nous tue || Bogdan

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