Bienvenue
sur Les âmes mortes Invité
L'équipe te souhaite de t'amuser parmi nous !
Roulette russe !
Participez à la nouvelle animation et jouez avec le MJ !
Suis le fil d'intrigue
Et découvre le nouvel épisode de l'intrigue principale !
Nouveauté
Faites la connaissance des technomanciens et explorez avec eux la matrice

Partagez | 
 

 L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
LA MAFIA ROUGE.
Je comprends, je m'en fous
Iana Armyanskaïa
avatar
RÉVÉLATIONS,

SIGNALEMENT : Poupée brisée, abomination qui hurle sa rage
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 24/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 236
TRESORS VOLES : 2376
CRÉDITS : Iana

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Ce qui se dit au sujet de votre personnage, ce qu'on dit de lui dans son dos, sa réputation en somme.
INVENTAIRE:
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Ven 6 Juil - 14:05


Quatre heures du matin. Moscou dormait, et un silence de mort régnait dans ce long couloir plongé dans le noir. Distribution sans fin de portes qui toutes donnaient sur un appartement spartiate et éternellement semblable aux autres. Pratique. Fonctionnel. Mais exempt de toutes formes de personnalités. Moscou rationalisée. Moscou uniforme. Moscou comme autant de cages se succédant les unes aux autres, à peine différentes par l'étage ou par le bâtiment. Quelque fois par un ersatz de luxe offert non pour contenter mais pour mieux asservir. La silhouette qui se trouvait là aurait fort bien pu se perdre dans cette succession de cartons, mais pourtant elle savait précisément où elle voulait se rendre, tout simplement parce qu'elle avait suivi sa cible. Elle avait quitté Tagansky dans ses pas bien qu'à distance très prudente, elle avait relevé la porte exacte, puis elle avait attendu. Attendu. Et attendu. Deux heures. Deux heures afin que sa proie allât se coucher et lui offrît ainsi un minimum de défense. Deux heures d'un ennui trompé par l'excitation et l'envie de tuer. Puissante. Violente.

Et lorsque quatre heures arrivèrent enfin, cette ombre parmi les ombres quitta la cage d'escaliers où elle s'était terrée afin de remonter le couloir sans un bruit, et elle s'arrêta devant une porte en particulier. Inspirant. Expirant. Canalisant encore un peu cette hystérie qui n'allait pas tarder à surgir dès lors que Bogdan serait là, à sa merci. Cette hystérie qui pulsait dans chaque centimètre carré de son corps afin de se charger telle la plus formidable des batteries qui allait très bientôt relâcher toute son énergie.

Trois …
Deux …
Un …

Et dans un sourire carnassier, une légère déflagration arracha le pêne de la porte qui s'ouvrit à la volée avant de heurter le mur, et la silhouette entra aussitôt tout en se dirigeant déjà vers l'endroit où devait se trouver la chambre. Miracle des appartements tous semblables. Une nouvelle déflagration cinétique – beaucoup plus puissante celle-ci – balayant alors Bogdan dès que celui-ci se leva pour se porter au devant de son assaillant. Une fois, deux fois, dix fois ! Chaque fois que l'homme se relevait, son belligérant le repoussait contre le mur avec de plus en plus de violence, comme s'il souhaitait lui exploser tous les os contre les fondements mêmes de l'immeuble.

« Alors quoi, tu pensais vraiment que tu pourrais te balader chez nous et t'en sortir en vie ? Tu vas crever ici en maintenant, je vais te broyer et balancer ton cadavre chez Pinxit ! »

Si la silhouette était trop fine pour permettre de déterminer précisément le sexe de l'agresseur, sa voix était en revanche clairement masculine, et la rage y était bien présente. Aussi présente que dans ces déflagrations qui se multipliaient et montaient crescendo en intensité. Lentement toutefois. Comme si cet inconnu était également bien déterminé à faire durer le plaisir pour mieux pouvoir se venger. Sadique. Cruel. Moscovite dans l'âme auraient affirmé les mauvaises langues …  

De ces très longues minutes qui s'égrainèrent dans les coups et les chutes lorsque, tout à coup, la silhouette se figea dans un hoquet douloureux. Ses mains se crispant sur son ventre tandis que du sang commença à couler jusqu’à souiller le sol, sans qu'il ne pût arrêter ce flot carmin. Il se vidait de son sang, il se vidait de sa vie. Ses yeux exorbités fixant Bogdan – sans comprendre – lorsqu'une voix se fit doucement entendre à son oreille.

« Il est à moi … »

Une voix masculine, là encore. De même que la silhouette massive qui se découpa tandis que le Dvoïnik s'écroula finalement à terre, dévoilant ainsi derrière lui – dans la faible lumière – un homme blond de haute taille. Athlétique. Fin collier de barbe marquant son visage. Son regard d'un bleu acier se fixant alors sur Bogdan d'une manière presque dérangeante. Insistante. Sans un mot.

_________________

Lovely Rotten Doll

I became insane, with long intervals of horrible sanity

code: @REIGN IN BLOOD
Revenir en haut Aller en bas
ADMIN.
il n'est pas un numéro
Bogdan Oulianov
avatar
RÉVÉLATIONS,
soon
SIGNALEMENT : Aberration
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 27/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 278
TRESORS VOLES : 2493
CRÉDITS : Reaver

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Associal, suicidaire, traître à sa race, c'est le chaos qui danse au fond de ses prunelles, un chaos que Pinxit et ses sbires devraient craindre
INVENTAIRE: Ses déchirures l'habillent mieux que n'importe quelle amélioration
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Sam 7 Juil - 11:37


Il a le sommeil agité. Depuis toujours. Et ses propres hurlements, souvent, le réveillent au bout de quelques heures. Le repos est une denrée rare et si jamais sa conscience ne lui trouble l’esprit lorsqu’il est éveillé, il en va tout autrement de ses cauchemars, peuplés de formes menaçantes, sans visage.

Le bruit le cueille en pleine hallucination, vient bousculer les images qui se forment dans sa tête, pendant que s’allument toutes ses alarmes internes. Danger. Danger. Mais même le sentiment d’urgence qui l’étreint ne parvient pas à l’arracher assez vite de son rêve.

Il se secoue, lutte contre les vestiges du sommeil qui refusent de le rendre au réel, là où l’attend l’adversaire. Adversaire. Ça n’a pas de sens. Il est censé être protégé, à l’abri, dans ce repaire miteux que Pinxit lui a attribué en même temps que sa fausse indépendance. Quelque chose ne tourne pas rond, a-t-il encore le temps de penser en roulant hors du lit, juste avant que la première onde de choc ne le fauche, le projetant violemment contre le mur.

Tous ses os lui donnent l’impression de se briser en même temps, et le claquement brutal de ses mâchoires lui résonne méchamment dans le crâne. Il rassemble ses esprits, secoue brièvement la tête en essayant d’ajuster sa vision, au moins pour savoir à qui il a affaire. Sans succès. Le second choc le cueille à peine redressé, lui coupe les jambes en même temps que le souffle, le laissant haletant, les côtes douloureuses.

« Qu’est-ce que… Putain ! » s’exclame-t-il entre deux salves, tentant maladroitement de se soustraire aux coups qui se succèdent, trouvent toujours leur cible. Chaque heurt se fait plus puissant que le précédent, le retrouve un peu plus affaibli, un peu moins conscient de la situation.

Répondre ? Se défendre ? Comment le pourrait-il. Il arrive à peine à respirer, à formuler une pensée cohérente, déjà trop secoué pour réfléchir. Son arme est sagement rangée à sa place. Hors de sa portée. Parce qu’une fois de plus, il s’est montré négligent, trop sûr de lui, persuadé qu’il pourrait se débarrasser de la menace à la seule force de ses poings.

Ses prunelles crachent des étincelles bleutées alors qu’un nouveau choc à la tête achève son implant oculaire. Le plafond s’est fissuré, du plâtre lui a dégringolé dans les cheveux, s’est immiscé dans ses bronches sous la forme d’une poussière fine et âcre. Il crache un peu de sang, une main serrée contre ses côtes, l’autre plaquée au mur dans un vague essai de soutien.

Il se relève. Encore. Et retombe. Encore. Le jeu semble sans fin. Et ses forces s’épuisent. Bien trop vite. A travers le brouillard dans lequel il est plongé, il distingue à peine la silhouette de l’agresseur, trouve quand même le moyen de lui adresser un sourire provocant, exhibant ses dents qu’un rouge violent est venu salir.

Il s’est mordu la langue sous les impacts. Et lorsque le dernier arrive, le laisse au sol, trop faible pour réagir, la toux qui le secoue méchamment fait monter à ses lèvres une mousse rougeâtre de mauvais augure. Organe interne touché, lui signale la brûlure vive qui court le long de ses nerfs, lui coupe le souffle à chaque inspiration laborieuse.

Il met quelques secondes à réaliser que le silence s’est fait, qu’une autre voix a remplacé celle de l’intrus. Que ce dernier s’est tut, vaincu à son tour par quelque chose, ou quelqu’un plutôt, que l’aberration peine à distinguer, l’implant défaillant ternissant sa vision.

C’est terminé, songe-t-il sans ressentir le moindre soulagement. Il roule sur le dos, fixe le plafond dans lequel s’ouvrent désormais de nombreuses fissures. Et ne montre pas le moindre intérêt pour ce second invité surprise, dont les mots murmurés qu’il a inconsciemment saisis dansent encore dans son esprit.

« Drôle de manière de faire connaissance. » souffle-t-il avant qu’une nouvelle quinte de toux ne lui coupe provisoirement la parole. Il regarde enfin l’inconnu, sans parvenir à l’identifier, et se contente de le gratifier d’un sourire torve en articulant aussi bien que sa mâchoire tuméfiée le lui permet

« Tu l’as empêché de me finir, à toi l’honneur alors. J’espère au moins qu’ils te paient bien. »

_________________

I was shaped for the fury, now I pay the price of the human race's vice
Revenir en haut Aller en bas
LA MAFIA ROUGE.
Je comprends, je m'en fous
Iana Armyanskaïa
avatar
RÉVÉLATIONS,

SIGNALEMENT : Poupée brisée, abomination qui hurle sa rage
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 24/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 236
TRESORS VOLES : 2376
CRÉDITS : Iana

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Ce qui se dit au sujet de votre personnage, ce qu'on dit de lui dans son dos, sa réputation en somme.
INVENTAIRE:
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Sam 7 Juil - 17:37


Maintenant que le Dvoïnik était mort, le silence venait de reprendre ses droits dans l'appartement aussi abîmé que son locataire, et la haute silhouette du blond s'éloigna de quelques pas, juste le temps d'appuyer sur l'interrupteur afin que la lumière se fît. Dévoilant le carnage qui régnait dans la pièce. De plâtre et de sang. Et un Bogdan qui n'avait pas l'air d'être en très bon état même s'il conservait toutefois son arrogance. De cette constatation qui arracha un rictus vaguement amusé au blond tandis que celui-ci vint s'accroupir tout près du blessé, l'une de ses mains passant sur son front ensanglanté afin de chasser les mèches de cheveux qui masquaient son visage. Dans un geste doux. Tendre. Attentionné. Autant que l'était le regard bleu acier d'ailleurs.

« Même pas. »

S'il était évident que Bogdan ne pouvait pas la reconnaître lorsqu'elle était dans un autre corps que le sien, la jolie poupée ne prit toutefois pas la peine de lui signifier qui elle était vraiment. Sans doute pour le faire mariner un peu. Sans doute parce qu'elle avait plus important à lui dire aussi.

« Il t'a bien amoché … tu as besoin de soin ou tu pourras récupérer tout seul ? »

Lors de leur première rencontre, l'homme avait refusé qu'elle le soignât après tout, mais peut-être ne pouvait-il l'être que par Pinxit ? Si c'était le cas, Iana ne pourrait alors absolument rien faire pour lui, parce qu'il était évident qu'elle n'irait pas caracoler là-bas vu le risque qui pèserait alors sur elle. Mais au vu de l'état de Bogdan justement … un petit séjour là-bas ne serait sans doute pas du luxe, et la main de la belle ne tarda pas à descendre jusqu'à cet œil qui émettait désormais un éclat inconstant et étrange.

« Je crois que ton implant est mort … et vu l'écume que tu as aux lèvres, tu as aussi quelque chose d'interne de touché. »

Le front, le pourtour de l’œil, la lèvre tuméfiée … sa main errait doucement sur le visage de celui à qui elle en avait voulu quelques heures plus tôt, mais le voir dans cet état ne sonnait pas comme une vengeance. Au contraire, le voir si abîmé – alors que ce n'était même pas de son fait – lui laissait un arrière goût désagréable en bouche. Une impression qu'elle n'appréciait absolument pas. Une gêne certaine devant ce corps toujours allongé au sol et qu'elle couvait obstinément du regard.

Elle aurait bien scellé ses lèvres aux siennes, mais elle n'était franchement pas sûre qu'il appréciât d'être embrassé par un homme …

Alors sans un mot, la belle se leva finalement pour se récupérer le poignard qu'elle avait détecté du regard, et elle se rapprocha de Bogdan pour s'accroupir près de lui à nouveau. Ses prunelles fixant la lame avec intensité tandis qu'elle songeait déjà à la manière dont elle allait suicider son hôte.

« Tu sauras faire disparaître son cadavre ? Il travaille pour Pinxit. »

Par expérience, elle savait pouvoir tuer cet homme sans forcément faire couler des litres et des litres de sang, mais autant demander tout de même avant. Surtout que si Bogdan avait finalement besoin d'aide et qu'une enquête était ouverte par ses maîtres, ceux-ci se poseraient sûrement des questions s'ils venaient à retrouver un Dvoïnik et un laborantin morts chez leur chien abîmé.

_________________

Lovely Rotten Doll

I became insane, with long intervals of horrible sanity

code: @REIGN IN BLOOD
Revenir en haut Aller en bas
ADMIN.
il n'est pas un numéro
Bogdan Oulianov
avatar
RÉVÉLATIONS,
soon
SIGNALEMENT : Aberration
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 27/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 278
TRESORS VOLES : 2493
CRÉDITS : Reaver

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Associal, suicidaire, traître à sa race, c'est le chaos qui danse au fond de ses prunelles, un chaos que Pinxit et ses sbires devraient craindre
INVENTAIRE: Ses déchirures l'habillent mieux que n'importe quelle amélioration
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Sam 7 Juil - 19:20

Il retient le mouvement de recul qui lui vient lorsque l’autre s’approche, envahi son espace vital, le touche. Les sourcils froncés, le regard orageux, l’aberration ne perd pas une miette de ses gestes, comme s’il pensait vraiment pouvoir s’en dépêtrer. Il n’aime pas ce contact, n’en aime aucun, d’ailleurs, dont il n’est pas l’initiateur, et une lueur meurtrière tapie derrière ses prunelles à la teinte biaisée fait luire son regard d’un éclat dangereux. Acculé, blessés, les chiens peuvent encore mordre. Il n’en fait rien pourtant, se demandant ce qu’il lui veut, celui qui, à peine annoncé, fait déjà comme chez lui. Il crache encore, essayant désespérément de se débarrasser du sang qui lui inonde la bouche, ignore le sifflement qu’émet l’un de ses poumons à chaque inspiration. Aller chez Pinxit maintenant reviendrait à avouer son échec et l’attaque dont il vient d’être victime. Hors de question. Et tant pis s’il en crève, de cette fierté qui prend petit à petit une place conséquente dans sa personnalité.

D’un bras peu vaillant, il repousse la main qui le frôle, accompagne son geste d’un chuintement venimeux

« Me touche pas. »

Sa propre main s’est crispée sur sa poitrine, tente de contenir la douleur qui irradie de ses côtes jusqu’à son nombril. Ses dents s’entrechoquent, rappelant à ses lèvres la délicate teinte du sang. L’hémorragie interne cessera bientôt, il le faut. Quant aux multiples coupures et autres contusions, il ne s’en soucie guère, pour l’heure, captivé par la lame que l’autre ramène près de lui. La question le prend au dépourvu, lui fait considérer l’inconnu d’une manière nouvelle.

« Je ne tue pas les hommes de Pinxit. Et j’emmerde l’implant. » souffle-t-il, le regard mi-clos, un sourire spectral revenant danser sur ses lèvres devenues pâles. Amusé, par l'idée qu'il puisse l'aider à déguiser son méfait. Son langage est aussi fleuri que sa condition physique actuelle est mauvaise. Le moindre effort lui coûte, et parler distinctement, ou de manière polie ne l’effleure même pas alors qu’il lutte pour ne pas se laisser submerger.

Il tend la main vers le poignard, comme pour s’en saisir, arrête son geste au dernier moment, reposant sa paume contre le sol poussiéreux.

« Qu’est-ce que tu veux ? » lâche-t-il enfin dans un grommellement qui n’a rien d’amical, le sourire toujours présent lui donnant un air halluciné. Il doit rendre à l’appartement son état d’origine, vérifier qu’aucun des locataires n’a entendu le boucan, ou, de manière plus réaliste, s’assurer qu’aucun d’eux ne viendra fouiner trop près. Les gens parlent, toujours, et trop, il ne peut pas se permettre que le bruit de l’attaque s’ébruite, que des questions soient posées, une enquête menée. Non. Il veut s’en sortir, seul, comme il l’a toujours fait. Mais pour ça, encore lui faut-il guérir, puis se débarrasser du gêneur.

Il l’observe avec attention, du moins, toute celle qu’il parvient à rassembler, chercher désespérément à mettre un nom sur ce visage, à donner un sens à sa présence ici.

Il se relève avec effort, se plie en deux lorsque la toux vient aussitôt le punir de son imprudence, avant de se diriger vers sa couchette d’un pas lourd. Il se penche alors, se retenant au cadre métallique pour ne pas tomber, récupère le flingue qu’il garde précieusement dans son étui, et jette un coup d’œil sur l’arme chargée. Là, il se sent moins seul. Avisant de nouveau le lit, il s’y laisse tomber sans délicatesse, étouffe un grondement lorsque son corps heurte le sommier trop dur, avant de décréter avec animosité, sans se donner la peine d’articuler.

« T’as rien à foutre ici, casse-toi. J’ai assez d’emmerdes comme ça avec vos conneries. »  Un frisson le saisit, le fait jurer, alors que son poing se referme sur l’arme. Maintenant, il l’attend. Il peut se défendre. Tirer. Sa déchirure se chargeant pour lui de trouver les points à atteindre.

 « Dégage, ou j’te descends. » lâche-t-il encore, platement cette fois, sans même être certain que l’autre puisse l’entendre.

_________________

I was shaped for the fury, now I pay the price of the human race's vice
Revenir en haut Aller en bas
LA MAFIA ROUGE.
Je comprends, je m'en fous
Iana Armyanskaïa
avatar
RÉVÉLATIONS,

SIGNALEMENT : Poupée brisée, abomination qui hurle sa rage
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 24/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 236
TRESORS VOLES : 2376
CRÉDITS : Iana

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Ce qui se dit au sujet de votre personnage, ce qu'on dit de lui dans son dos, sa réputation en somme.
INVENTAIRE:
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Sam 7 Juil - 23:20


Bogdan ne comprenait pas … mais comment aurait-il pu ? Comment aurait-il pu reconnaître la jolie poupée alors que celle-ci résidait actuellement dans le corps d'un des laborantins de Pinxit qui avait eu le malheur de croiser sa route ? Peut-être en reconnaissant le manteau qu'elle portait et qui était celui qu'il avait lui-même déposé sur ses épaules un peu plus tôt dans la soirée, mais vu son état, il était aisément compréhensible qu'il n'ait pas fait attention à ce genre de détails. Il était blessé, mais bien trop fier pour l'admettre. Et tandis qu'il luttait et la menaçait tout en balançant plusieurs questions, la belle ne bougeait pas. Se contentant de l'observer lorsque son regard n'était pas captivé par le couteau qu'elle venait de lui emprunter. L'éclat métallique du pistolet accrochant bientôt son attention pour la pousser à se relever. À s'approcher de celui qu'elle venait de sauver. Et à le chopper rudement par son poignet armé, l'écartant ainsi pour ne pas risquer de se prendre une balle perdue tandis que sa voix se fit entendre à nouveau.

« Calme toi, c'est moi. »

De cette affirmation qui ne se voulait toujours pas précise, et Iana esquissa bientôt un long soupir tout en se reculant de quelques pas. Considérant Bogdan de bas en haut avant de lui tourner le dos.

« Tu étais plus vaillant tout à l'heure, lorsqu'il s'agissait de tout gâcher. Je vais le saigner dans ta baignoire, j'arrive. »

Oui, il avait tout gâcher quelques heures plus tôt. Et pourtant elle était là. Et elle venait de lui sauver sa peau. S'éloignant déjà en direction de la petite salle de bain sans plus lui donner de précision, et ce même s'il devait maintenant bien se douter de qui se tenait devant lui. La femme, la bête … un savant mélange des deux maintenant qu'il avait bafouer la première pour mieux faire réapparaître la seconde. Avide de sang. Peu importât celui de qui d'ailleurs …

Et sans perdre davantage de temps, la jolie poupée retira la veste de Bogdan qu'elle déposa sur le bord du lavabo, puis elle enjamba le bord de la baignoire. Observant le couteau de longues secondes tandis qu'elle s'interrogeait sur le suicide qu'elle allait offrir à cet homme. La jugulaire ? La fémorale ? Ou la lente agonie offerte par les veines plus secondaires qui – une fois tranchées – le videraient lentement de son sang ? La question était entière mais si elle voulait que l'Aberration pût dissimuler plus facilement tout ça, sans doute fallait-il faire croire au meurtre. De cette lame qu'elle positionna bientôt sous son sternum, entre deux côtes, au niveau du cœur. Et qu'elle enfonça d'un coup brusque tandis qu'un long cri rauque émana aussitôt du blond. Celui de Iana. Celui de sa victime … qui bientôt la vomit derechef avant de s'effondrer dans le fond de la baignoire. Râlant de souffrances tandis que la mort vint rapidement le cueillir. Plus rapidement en tout cas que la belle qui gisait là sur le carrelage, dans son corps informe.

Tuer ainsi ses victimes lui donnait toujours l'impression de mourir elle aussi …

Mais entre les émotions du début de soirée, sa possession et ce coup de poignard, il était indéniable que la belle accusait une certaine fatigue, et ce fut donc plongée dans une semi-conscience difficile qu'elle attendit que son corps se recréât.  Sans bouger. Respirant avec difficultés. Avant de basculer sur le dos, les yeux clos, lorsqu'elle en eut la possibilité. Sans même penser à se relever. Pas maintenant. Elle voulait attendre encore un peu.

_________________

Lovely Rotten Doll

I became insane, with long intervals of horrible sanity

code: @REIGN IN BLOOD
Revenir en haut Aller en bas
ADMIN.
il n'est pas un numéro
Bogdan Oulianov
avatar
RÉVÉLATIONS,
soon
SIGNALEMENT : Aberration
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 27/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 278
TRESORS VOLES : 2493
CRÉDITS : Reaver

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Associal, suicidaire, traître à sa race, c'est le chaos qui danse au fond de ses prunelles, un chaos que Pinxit et ses sbires devraient craindre
INVENTAIRE: Ses déchirures l'habillent mieux que n'importe quelle amélioration
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Mer 11 Juil - 14:33

Une exclamation de surprise vient ponctuer la déclaration de l’inconnu, alors que Bogdan se redresse aussi vivement qu’il le peut, esquissant aussitôt une grimace d’inconfort. L’autre lui a déjà tourné le dos, mais l’aberration passe et repasse sa phrase dans sa tête.

C’est moi. Moi qui ? Il ne connait aucun moi, et ne se connait pas de proches susceptibles d’utiliser pareille formulation. Cryptique, la seconde remarque lui fait étirer un sourire las. Il n’a pas envie de se creuser l’esprit, de chercher seul les réponses que l’intrus ne semble pas disposé à lui fournir. Il lui a pris son arme, le laissant une fois encore privé de moyen de défense efficace.

Il le regarde s’éloigner, résistant à son envie de le plaquer au sol pour lui extirper de plus amples informations. Inutile d’y penser, il tomberait avant même de pouvoir prendre son élan.

Et se couvrirait d’un ridicule qu’il n’a aucune envie de s’imposer face à ce type. C’est déjà suffisamment gênant qu’il lui doive la vie. Il ronchonne encore un moment sur sa paillasse, essaye de prévoir les conséquences des affirmations du type, avant que la réalité ne le rattrape sous la forme du cri déchirant que pousse le condamné, le forçant à se lever pour le rejoindre.

Si un employé de Pinxit trouve la mort chez lui, peu importe les raisons, ils ne chercheraient pas à comprendre, à savoir, le condamneraient aussitôt. Sûrement aux camps, ou à quelque chose de pire encore, bien qu’il ait du mal à se représenter ce qui pourrait être pire que de finir sa vie dans un nouveau vivier à disposition des laborantins et de leurs idées malsaines.

Il frissonne, avance pas à pas en se tenant aux murs, jusqu’à s’appuyer contre l’encadrement de la porte de la salle de bain. Les yeux écarquillés, il contemple ce qui ne ressemble plus du tout à un être humain, mais bien à un cadavre sur lequel s’étale une substance qu’il connait bien.

« Iana. » gronde-t-il avec colère en sentant ses jambes se dérober sur lui. Il ne manquait plus qu’elle pour parachever un tableau déjà peu reluisant. Il ferme les yeux, prend une inspiration lente histoire de calmer ses nerfs qui protestent avec véhémence contre la découverte qu’il vient de faire, rouvre les yeux sur le corps à peine reformé de la jeune femme, et secoue lentement la tête, à la fois irrité et incrédule.

« Mais qu’est-ce qui te prend ? Tu veux me faire tuer ? C’est ça ? Fallait le laisser s’en charger putain, lui au moins, il avait l’air motivé. » Il jette un nouveau coup d’œil au mort, à la fleur écarlate qui lui rougit la poitrine, avant de pointer un doigt accusateur vers le fond de la baignoire où gît la brune

« Debout ! Sors de là ! Et me force pas à te traîner, j’en ai pas la force. Mais à quoi tu penses putain, à quoi tu penses ! » Il s’approche de quelques pas, manque glisser sur le carrelage froid, et attrape l’une des serviettes qui pendent derrière la porte pour la lui jeter.

« J’comprends mieux. Mais j’vois pas ce que j’ai gâché. T’es jamais contente, voilà la vérité. » Il s’assoit sur le sol, jugeant plus prudent de retrouver une position stable, appuie le dos à la baignoire avant d’ajouter d’un ton pince-sans-rire.

« Je t’obsède à ce point pour que tu veuilles assurer ma sécurité rapprochée ? Un peu plus et j’pourrais croire que ce type était l’un de tes sbires. Qui me dit que c’est pas toi qui l’a ramené ? T’es la seule à avoir mon adresse. »

C’est vrai. Plus il y pense, plus le schéma lui semble plausible, cohérent. Et pourtant, elle l’a sauvé. Peu importe ses raisons d’ailleurs, c’est encore pire, il aurait, à choisir, préféré l’inconnu plutôt que cette femme qui lui gangrène l’esprit.

_________________

I was shaped for the fury, now I pay the price of the human race's vice
Revenir en haut Aller en bas
LA MAFIA ROUGE.
Je comprends, je m'en fous
Iana Armyanskaïa
avatar
RÉVÉLATIONS,

SIGNALEMENT : Poupée brisée, abomination qui hurle sa rage
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 24/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 236
TRESORS VOLES : 2376
CRÉDITS : Iana

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Ce qui se dit au sujet de votre personnage, ce qu'on dit de lui dans son dos, sa réputation en somme.
INVENTAIRE:
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Mer 11 Juil - 18:23


Blottie tout contre le cadavre encore chaud, la jolie poupée respirait avec difficultés tandis que son corps reprenait forme humaine avec lenteur, et ce fut donc en silence qu'elle reçut l'agression de celui qu'elle avait sauvé. Longue litanie de menaces mais aussi de remarques perfides qu'elle ne put qu'accueillir sans rien dire. Les yeux clos. Le souffle toujours court. La souffrance parcourant chaque fibre de son être qui se reformait lentement mais sûrement. Se lever et sortir de là ? Pour l'avoir déjà vu à l’œuvre, Bogdan savait très bien que ce n'était pas instantané, aussi allait-il devoir attendre lui aussi. Attendre que son corps retrouvât sa liberté de mouvements. De ce processus qui dura un long – très long – quart d'heure. De ce laps de temps durant lequel la belle s'était simplement collée au corps mort pour lui voler toute la chaleur qu'il était en train de perdre progressivement. Elle aimait tellement la chaleur humaine. Tellement. Dommage qu'elle ne pût pas rester plus longtemps allongée dans cette baignoire, tandis que sa voix se fit bientôt entendre dans la pièce.

« Merci … »

Mais d'une voix fatiguée, presque rauque. Signe s'il en était besoin que la créature accusait elle-même le coup de sa déchirure, et qu'elle n'était pas bien vaillante même si elle remua bientôt. Les dents fermement serrées tandis qu'elle s'assit dans le fond du bac avec difficulté.

« Merci Iana, d'être venu me sauver la peau. Parce que comme un abruti, j'avais pas vu qu'un Dvoïnik m'avait repéré à Tagansky et qu'il m'avait suivi jusqu'ici, à se demander ce qu'on m'a appris chez Pinxit … ah et … merci aussi d'avoir tué proprement ce type, comme ça y'a pas de sang partout et ce sera plus simple pour moi de m'en occuper. »

Depuis qu'elle était devenue le monstre qu'elle était aujourd'hui, Iana n'avait clairement jamais attendu de remerciements de la part de qui que ce fût, mais cela ne l'empêchait pas de grincer des dents face aux accusations gratuites de Bogdan. Face à sa réaction. De cette amertume qui lui montait dans la gorge aussi sûrement que la nausée, tandis qu'elle venait de se redresser brusquement et de passer sa jambe droite par-dessus la baignoire. La gauche accrochant maladroitement le rebord pour précipiter sa chute sur le carrelage froid de la salle de bain.

Elle était fatiguée. Réellement fatiguée.
Et à moitié affalée sur le sol de la salle de bain, elle accusa quelques secondes de latence – de réflexion – avant de finalement faire l'effort de se relever à nouveau. Titubant. S'appuyant de tout son poids contre le lavabo afin de ne pas retomber par terre. La hanche calée contre la faïence afin de rester en équilibre tandis qu'elle enfila difficilement la veste de Bogdan qu'elle avait laissé là avant de suicider son laborantin. Adressant bientôt au maître des lieux un regard ô combien froid. Vide. Presque désincarné.

« Mais je t'en prie … d'ailleurs si t'as faim, t'as de quoi manger dans la baignoire. Je t'aurais bien débarrassé du cadavre mais là ça va être compliqué, alors démerde toi tout seul. »

D'ailleurs, elle aurait sans doute dû le laisser se démerder depuis le début. Elle aurait sans doute dû acheter une dose de paradis en poudre à Viktor, puis rentrer dans son appartement minable pour se poudrer allégrement le nez jusqu'à en oublier qui elle était. Jusqu'à en oublier cette soirée qui défilait dans sa mémoire ternie par un filtre, comme s'il s'agissait de quelque chose qu'on lui aurait raconté et qu'elle n'avait pas vécu. Parce que c'était lointain maintenant. Trop lointain. Parce qu'accéder à la demande de Bogdan l'avait … touchée. Fragilisée. Et qu'elle n'aimait pas ça tandis que sa main la guidant contre le mur, la belle avait commencé à tituber afin de quitter la pièce. Afin de quitter l'appartement aussi. Pour pouvoir rentrer chez elle, s'allonger, et oublier. Essayer en tout cas parce que malgré ses pieds nus, ses pas étaient aussi incertains que ceux qu'une fêtarde saoulée à mort et qui aurait tremblé sur des talons de trente centimètres.

_________________

Lovely Rotten Doll

I became insane, with long intervals of horrible sanity

code: @REIGN IN BLOOD
Revenir en haut Aller en bas
ADMIN.
il n'est pas un numéro
Bogdan Oulianov
avatar
RÉVÉLATIONS,
soon
SIGNALEMENT : Aberration
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 27/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 278
TRESORS VOLES : 2493
CRÉDITS : Reaver

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Associal, suicidaire, traître à sa race, c'est le chaos qui danse au fond de ses prunelles, un chaos que Pinxit et ses sbires devraient craindre
INVENTAIRE: Ses déchirures l'habillent mieux que n'importe quelle amélioration
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Jeu 12 Juil - 21:27

Il l’écoute un moment sans rien dire, avant de basculer la tête contre le rebord de la baignoire, fixant une nouvelle fois le plafond d’un regard inexpressif. Il n’a que faire finalement de ses explications. Elles ne changeront rien à la réalité qui se vide de son sang, chez lui, l’accusant d’une faute qu’il n’a pas commise.

L’abattement le saisit, contrecoup de l’effort qui l’a mené jusque-ici. Qu’elle reste. Qu’elle parte. Il s’en moque maintenant. Ne cligne même pas des yeux lorsqu’elle sort de la baignoire, n’esquisse pas un geste pour l’aider, ou au contraire la ralentir.

Indifférent. A tout ce qu’elle peut dire, ou faire. En tout cas, il essaye. L’amertume de la jeune femme ne l’atteint pas, ne peut pas le toucher puisqu’il n’en comprend pas l’origine. Refuse tout net de lui trouver des excuses. De se mettre à sa place. Ce qui demanderait une empathie dont il est de toute façon totalement incapable.

Il la regarde s’éloigner du coin de l’œil, toujours aussi inerte en apparence, le pouls battant suffisamment fort pour l’étourdir. Il ne tousse plus. La douleur s’est atténuée. Comme s’est évaporé son agacement à l’égard de Iana, qu’il regarde maintenant avec un peu plus d’insistance.

« C’est ce que tu es ? Une bouffeuse de cadavre ? Y’a de la vraie bouffe dans le frigo. De l’alcool, aussi. Sers-toi. » Son visage est dénué d’expression, sa voix détimbrée. Mais au fond de ses prunelles, à travers l’implant hors service, une petite lueur d’intérêt s’est rallumée.

« Aide-moi à le faire disparaître. S’il te plait ? »

murmure-t-il à l’intention de la silhouette qui s’éloigne de son pas hésitant. Il n’a pas envie de se lever. Encore moins de s’occuper du corps mutilé. Il le faut bien pourtant, s’il ne veut pas voir tous ses efforts des dernières années réduits à néant.

Elle n’avait pas le droit de prendre cette décision à sa place. De le pousser dans l’abime, de manière détournée, mais ô combien efficace. Pas le droit, non. Il se répète ces quelques mots, sans parvenir à rappeler à lui la moindre étincelle de colère. Ne garde que la vive morsure de la désillusion. L’assurance de ne pouvoir se fier, à elle encore moins qu’aux autres.

Et il la veut, pourtant. A ses côtés. Encore un instant. Cherche un moyen, un argument. Comme pour effacer le reproche cinglant dans sa voix lorsqu’elle lui a énuméré ses fautes. Il n’aime pas lorsqu’elle a cette voix-là. Tendue. Presque… découragée. Trop humaine, encore une fois. Et ceux qu’il accepte dans son cercle, ne peuvent se le permettre. Il aimerait l’endurcir, à sa manière à lui, la rendre aussi insensible qu’il l’est devenu.

Alors rien ne viendrait faire obstacle à leur entente mutuelle. Ils seraient libres d’échanger encore, sans ces freins stupides qu’appellent les sentiments. Il déteste les sentiments. Et ceux qui s’en encombrent, encore plus. Peut-être qu’il est trop tard. Qu’il ne peut pas la sauver. D’elle-même.

Elle serait pourtant la seule pour laquelle il serait prêt à faire cet effort. A briser son détachement naturel afin de se rendre un peu plus accessible. Mettre un pied dans son monde, pour mieux l’entraîner dans le sien. Il est égoïste. Sans en avoir conscience. Mais cet égoïsme fait partie de ses forces. Le pousse vers l’avant quand son existence même devient trop vaine.

« Tu peux pas sortir comme ça. Ils te tueraient. » remarque-t-il avec un sourire cynique, lui ressortant cette phrase qu’elle lui avait confiée.

Si les habitants ont alerté l’autorité, si Pinxit a eu vent de l’attaque, et que la société dépêche des hommes sur place, c’en est fini d’eux. Parce que jamais ils ne laisseront repartir une dvoïnik à un stade aussi avancé. Bien qu’elle préserve mieux les apparences que lui.

Qu’elle puisse encore faire illusion. Dans son état actuel, elle ne tiendra pas trente secondes face à eux. Et s’il lui appartient, un petit peu, comme elle l’a revendiqué un peu plus tôt, alors, il faut qu’elle aussi, soit un peu à lui. Ce qui interdit toute intervention extérieure à la résolution de leur présent problème.

Il se redresse, animé par un regain d’énergie, passe devant Iana qui n’est pas bien rapide, lui ferme la porte de la salle de bain au nez, se plaçant devant pour en bloquer le passage.

« De toute façon, je préfère que tu restes. »

_________________

I was shaped for the fury, now I pay the price of the human race's vice
Revenir en haut Aller en bas
LA MAFIA ROUGE.
Je comprends, je m'en fous
Iana Armyanskaïa
avatar
RÉVÉLATIONS,

SIGNALEMENT : Poupée brisée, abomination qui hurle sa rage
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 24/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 236
TRESORS VOLES : 2376
CRÉDITS : Iana

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Ce qui se dit au sujet de votre personnage, ce qu'on dit de lui dans son dos, sa réputation en somme.
INVENTAIRE:
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Ven 13 Juil - 14:22


« Pourquoi ? »

Pourquoi préférait-il qu'elle restât alors que – quelques minutes auparavant – il lui avait ordonné de dégager de chez lui tout en l'engueulant vertement ? Pourquoi lui demandait-il de l'aide ? Pourquoi essayait-il de l'aider en retour ? Autant de questions qui s'agitaient vainement sous le crâne de la jolie poupée, aussi l'interrogation avait-elle été émise d'entre ses lèvres d'une voix basse. Son front venant son poser contre l'épaule de Bogdan tandis qu'elle laissa s'échapper un soupir. Las. Fatigué. Parce qu'elle ne savait clairement pas quoi penser de cette situation, et qu'elle n'aimait franchement pas ça non plus.

En tuant un employé de Pinxit ici, la belle savait parfaitement bien qu'elle mettait son interlocuteur en danger, mais elle n'avait pas eu d'autres choix. Ou alors le choix de ne pas venir et de le laisser se faire tuer. Impensable. Insupportable. Même si elle ne savait pas trop pourquoi cette idée de venir se porter à son secours avait jailli telle une pulsion. Même si elle ne savait pas trop pourquoi elle y avait répondu sans plus se poser de question. Malgré la rancœur. Malgré cette douleur nichée au fond de sa poitrine, souffrance bassement humaine dont elle aurait aimé se débarrasser à tout jamais. À cause de lui en plus … vraiment, elle aurait dû le laisser se faire tuer. Comme elle devrait quitter cet appartement et le laisser se démerder.

« Tant qu'on ne retire pas le couteau, l’hémorragie sera contenue, et on pourra le transporter sans trop de soucis. Faudrait juste l'entourer dans quelque chose pour ne pas mettre de sang partout. »

Qu'elle était faible, mais qu'elle était faible …
Rien qu'avec l'utilisation de ce ''on'', il était assez flagrant qu'elle allait aider cet homme qu'elle aurait pourtant dû fuir, et ce fut justement cette idée qui la poussa à se reculer de quelques pas. Dardant sur Bogdan un regard acéré et froid. Clinique. Critique. Il était un Dvoïnik mais disposait d'améliorations, ce qui le rendait beaucoup plus dangereux qu'un Blade Runner. Il bossait pour Pinxit comme un chien bien élevé. Elle l'avait blessé, elle le foutait dans la merde … alors pourquoi ne l'avait-il pas déjà tuée ou arrêtée ? Attendait-il le bon moment ? Réservait-il sa vengeance pour plus tard ? Son instinct lui soufflait qu'il ne la balancerait pas dans les camps, mais pouvait-elle seulement faire confiance à cet instinct de bête sauvage capable de s'exciter pour un peu de sang et de chaleur ? Cet instinct qui la poussait à posséder les gens pour ensuite les suicider, quand elle ne se nourrissait pas carrément de leur chair …

Oui. Oui, elle était une bouffeuse de cadavre comme Bogdan l'avait nommée un peu plus tôt, mais elle n'arrivait pas à avoir honte. Au contraire, elle éprouvait même un plaisir malsain à briser ainsi le pire des tabous humains.

Et de son côté, son interlocuteur n'avait toujours pas répondu à son ''pourquoi'' …

« Pourquoi tu veux que je reste alors que je te fous dans la merde ? Pour me balancer à Pinxit si jamais des types arrivent pour savoir ce qui se passe ? Est-ce que je suis une sorte de monnaie d'échange ? »

L'accusation était extrêmement grave, mais Iana venait pourtant de l'annoncer sans aucune émotion. Toujours aussi froide. Détachée. Comme si elle s'interrogeait sur le temps qu'il ferait le lendemain. Peut-être parce qu'elle s'en foutait un peu. Qu'elle s'imaginait que sa déchirure lui permettrait toujours d'échapper à Pinxit. Ou alors parce qu'elle pensait que Bogdan ne ferait pas ça … mais au fond, le connaissait-elle vraiment ? Elle l'esquissait, elle apprenait … mais elle devait bien admettre qu'elle ne savait pas encore grand-chose de lui tandis qu'un léger rire s'échappa d'entre ses lèvres qui venaient de s'ourler d'un sourire.

Elle s'en foutait. Au fond, elle s'en foutait.

« Au pire de toutes manières, t'essayeras … »

Et comme si cette simple phrase suffisait à offrir une réponse à tout, ce fut à pas toujours aussi tremblant qu'elle se colla de nouveau contre lui pour l'embrasser. Capturer ses lèvres. L'une de ses mains s'ancrant sur sa nuque tandis que son corps s'était lové contre le sien. Sans prudence. Sans logique. Sans rationalité. Iana désaxée dans toute sa splendeur.

_________________

Lovely Rotten Doll

I became insane, with long intervals of horrible sanity

code: @REIGN IN BLOOD
Revenir en haut Aller en bas
ADMIN.
il n'est pas un numéro
Bogdan Oulianov
avatar
RÉVÉLATIONS,
soon
SIGNALEMENT : Aberration
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 27/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 278
TRESORS VOLES : 2493
CRÉDITS : Reaver

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Associal, suicidaire, traître à sa race, c'est le chaos qui danse au fond de ses prunelles, un chaos que Pinxit et ses sbires devraient craindre
INVENTAIRE: Ses déchirures l'habillent mieux que n'importe quelle amélioration
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Sam 14 Juil - 0:10

Pourquoi. Oui, pourquoi ? Pourquoi ? Il n’en sait rien. Comme d’habitude, le sens de ses envies se perd, s’oublie. L’attachement est irrémédiable, mais quand il en sent les tenailles, sa sauvagerie s’éveille, repousse furieusement le filet. Comme si l’atteinte à sa liberté était un outrage, encore un, intolérable. Il a besoin d’un guide, mais refuse toute aide, chasse les rares mains tendues comme autant d’offenses faites à sa personne.

Il penche la tête vers elle, soulagé, bien plus qu’il ne peut l’admettre, de la voir céder, rester, encore. Il n’ose plus bouger maintenant qu’elle est là. Désemparé par l’envie soudaine qu’il a de passer ses bras autour d’elle, de la serrer contre lui. Pour la rassurer. La protéger. Personne ne lui a jamais provoqué ce genre de sentiment. Elle est comme une flammèche que les courants lèchent, que le vent pourrait éteindre.

Et l’idée d’être privé d’elle l’indispose. Il glisse une main sur son épaule, caresse du bout du pouce la peau lisse, vierge de toute trace, le regard absent. Et sa main se referme en poing lorsqu’elle s’éloigne, lui laissant une impression de froid désagréable au creux de la paume.

Il relève les yeux vers elle, soutient son regard un moment avant de détourner le sien, presque honteux. Il y revient vite pourtant, attiré, aimanté, et ses lèvres s’ornent d’un sourire à mesure que les accusations viennent salir la bouche de Iana.

« Au moins tout ça. » jette-t-il laconiquement, son sourire s’élargissant à la rencontre du sien. Il l’attrape lorsqu’elle revient, la serre, fort, nerveusement, et cette étreinte silencieuse, presque brutale, c’est comme une promesse, qui remplace tous ces mots qui ne viennent pas, qui n’ont de place nulle part dans leur univers. Il lui rend son baiser, la plaque contre la porte qui gémit sous l’impact, grogne une supplique à même ses lèvres, une main lui agrippant les cheveux, avant de murmurer, le regard absorbé par ce visage qu’il ne parvient pas à oublier

« C’est imprudent. Tu devrais manger quelque chose. Prendre le temps de te remettre. Il faut qu’on se débarrasse de lui, aussi. Qu’on le dépose quelque part, je ne sais où, où son agression pourra passer pour ce qu’elle est. Une erreur. »

Il insiste bien sur le dernier mot, la prévenant ainsi qu’il n’a retient sa responsabilité dans l’affaire, sans plus lui en tenir rigueur. Il la relâche lentement, la soutenant à moitié pour soulager son pas fragile.

« Viens, je vais te montrer. Tu veux des vêtements ? Tu as besoin d’autre chose ? »

Il est prévenant, aimable, attentionné, comme si la scène d’avant n’avait jamais existé. Parce qu’il est doué pour occulter, aller à l’essentiel, ne prendre en compte que ce qui le préoccupe sur l’instant. Et, pour le moment, son instant, c’est elle, comme une répétition inaltérable sur laquelle la lassitude ne parvient pas à assurer sa prise. Elle ne cesse de le surprendre. De l’étonner. De l’agacer, aussi, avec ses manières imprévisibles, ses revirements constants.

Il la pousse un peu, l’entraîne avec lui jusque dans la cuisine, lui indique la table et l’une des deux chaises un peu instables qui forment le seul mobilier de la pièce.

« Installe-toi. Repose-toi un peu, d’accord ? » Il la couve du regard, le sourire toujours aux lèvres, pendant qu’il fouille dans les placards, en ressortant tour à tour une vieille boite de conserve, une barre énergétique, une assiette ébréchée et un verre en plastique qu’il dépose religieusement sur le coin de table faisant face à Iana.

« Ça devrait aller. La boite, je l’ai trouvée au marché noir. J’garantis pas le résultat, je suis juste sûr que t’as jamais goûté ça. »

Il plisse les yeux, redevient sérieux, s’installe à son tour sur la chaise libre avant d’attraper la boite, la faisant tourner entre ses mains.

« Tu comprends sans doute pourquoi j’t’ai pas invitée ici de mon plein gré. Non ? »

Les hommes font ça. Il l'a vu. Ils invitent les femmes, chez eux, et ensuite... ensuite. Il hausse un sourcil, tente d’examiner son environnement d’un point de vue extérieur. Ne voit que les murs défraîchis, la décoration absente, la trivialité de l’ensemble. Non, il n’y a rien de bien ici. Ou d’agréable. Si ce n’est sa collection personnelle d’objets hétéroclites ramassés à mesure de ses caprices, de ses moyens, aussi. Elle n’a pas vu les cartes postales. Peut-être qu’elle aimera.

_________________

I was shaped for the fury, now I pay the price of the human race's vice
Revenir en haut Aller en bas
LA MAFIA ROUGE.
Je comprends, je m'en fous
Iana Armyanskaïa
avatar
RÉVÉLATIONS,

SIGNALEMENT : Poupée brisée, abomination qui hurle sa rage
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 24/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 236
TRESORS VOLES : 2376
CRÉDITS : Iana

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Ce qui se dit au sujet de votre personnage, ce qu'on dit de lui dans son dos, sa réputation en somme.
INVENTAIRE:
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Dim 15 Juil - 0:38


Bogdan n'avait pas répondu, ne l'avait pas détrompée quant à ses doutes … mais l'étreinte qu'il lui offrit était toutefois plus qu'explicite. Brûlante. Presque brutale tandis que leurs lèvres s'étaient scellées à nouveau avant qu'il ne soulignât combien la jolie poupée était faible en cet instant. Fatiguée. Usée par cette déchirure si horrible dont elle adorait abuser. Un jour, ça la tuerait. Un jour, elle le regretterait. Mais pour le moment, la belle préférait suivre cet homme dans son appartement, et elle hocha doucement la tête lorsqu'il lui proposa des vêtements. Se laissant retomber lourdement sur la chaise de cuisine qui émit un craquement.

« Est-ce que tu aurais de l'eau ? »

Impression trompeuse ou réalité, Iana se sentait toujours déshydratée après avoir utilisé sa déchirure, et ce verre en plastique était donc la promesse de toujours enfin étancher sa soif. L'une de ses soifs en tout cas tandis qu'elle dardait désormais sur Bogdan un regard doux. Calme. Ses yeux sombres cillant à peine tandis qu'elle l'écoutait parler sans rien dire. Son visage affichant bientôt l'éclat de sa réflexion lorsqu'il sembla déplorer qu'elle fût là. Dans son appartement certes peu reluisant, mais qui était toujours moins miteux que le bidonville qu'elle-même squattait depuis quelques années déjà. Palais de bric et de broc. Amas d'objets récupérés ou volés. Elle ne se sentait de toutes façons pas chez elle là-bas, mais elle ne se sentait nulle part chez elle de toutes façons. Le froid, l'humidité, la puanteur … il n'y avait rien d'accueillant là-bas. Au contraire de ces corps qu'elle aimait tant posséder pour tout leur voler.

Alors non, elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas pourquoi Bogdan ne l'avait pas invitée ici de son plein grès. Et ce même si elle essayait. En vain …

« Non, je ne comprends pas … celle d'avant aurait sûrement compris, mais elle est morte depuis quelques années déjà. »

Iana était morte. Bel et bien morte. Et les quelques réminiscences d'humanité qu'elle affichait parfois ne suffisaient jamais à lui rendre sa raison, sa santé, ou sa rationalité. Dans les camps de régression, elle avait tout perdu. Mais la Bête lui avait prouvé qu'il existait une vie après la mort. Charognarde au visage fin et au corps souple. Monstre tapi dans l'ombre et qui se repaissait de chaleur humaine sans pouvoir se contenir. Et pourtant, face à cet homme qu'elle détaillait toujours, elle se contenait.

Et avec des mouvements lents, la belle tendit bientôt la main afin de se saisir de cette boite de conserve, mais ses yeux se surent déchiffrer les inscriptions à moitié effacée qui figuraient sur le papier. Ce n'était pas du cyrillique, et elle ne lisait pas l'alphabet romain.

« Qu'est-ce que c'est ? Tu crois que c'est encore mangeable ? »

La belle affichait désormais une moue intriguée, charmant sourire soulignant son regard rêveur. Lorsqu'elle était humaine, elle avait été une jeune femme avide de plaire et de bien faire, aussi s'était-elle toujours consacrée à ses études avec passion. Joli jouet se pliant aux règles de la société tout en rêvant de quitter un jour le dôme pour fouler une terre où tout recommencerait. Quelle désillusion au final … désillusion ? Vraiment ? Sa vie avait pourtant effectivement recommencé. Elle ne savait simplement pas si elle devait s'en réjouir ou pas.

Pensée douce-amère qui vint bientôt heurter la barrière de son étrangeté au point qu'elle reposa la boite. Esquissa un sourire. Détourna les yeux.

« Pourquoi tu n'as pas peur de moi ? »

Nul défi et nulle ironie, simplement une question honnête.
De tous les dvoïniks qu'elle avait pu croiser un jour, sa déchirure était incontestablement l'une des plus horribles, et il n'était plus à prouver non plus qu'elle-même était extrêmement malsaine. Désaxée. Dangereuse. Dépourvue de ces limites et de cette moralité propre à l'humain.

« Je n'ai pas envie de te tuer, tu sais … ? »

Oui, peut-être qu'il le savait. Peut-être. Tandis qu'elle venait d'ancrer son regard dans celui de Bogdan et que sa main droite se tendit dans sa direction pour effleurer sa main à lui. Cette chaleur. Ce contact. Elle était faible. Sans doute la tuerait-il un jour ou la vendrait-il à Pinxit. Mais l'humaine ne voulait pas fuir pour autant. Mais la Bête voulait encore prendre avant d'abandonner.

_________________

Lovely Rotten Doll

I became insane, with long intervals of horrible sanity

code: @REIGN IN BLOOD
Revenir en haut Aller en bas
ADMIN.
il n'est pas un numéro
Bogdan Oulianov
avatar
RÉVÉLATIONS,
soon
SIGNALEMENT : Aberration
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 27/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 278
TRESORS VOLES : 2493
CRÉDITS : Reaver

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Associal, suicidaire, traître à sa race, c'est le chaos qui danse au fond de ses prunelles, un chaos que Pinxit et ses sbires devraient craindre
INVENTAIRE: Ses déchirures l'habillent mieux que n'importe quelle amélioration
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Jeu 19 Juil - 17:05

Elle ne comprend pas. Il secoue la tête, dépité de ne savoir lui exprimer son ressenti. Rien ici n’est agréable, ne donne envie de rester, au contraire de toutes ces belles images des temps d’avant. Des temps que Bogdan n’a jamais connu, peut-être, mais qui ont sur son mental un impact bien plus réel, finalement, que ces dernières années.

Ce sont ces images qui lui disent, lui montrent, que le monde n’est pas normal, n’est plus tel qu’il devrait l’être, que l’évolution, dictatrice impitoyable, a poussé les hommes à de nouvelles extrémités. Et quelque part, il est nostalgique, de ces choses qui sont à jamais hors de leur portée.

Il aurait aimé un canapé, admirer le soleil par sa fenêtre, disposer d’une cafetière, du chant de quelques oiseaux, voire même, pourquoi pas, d’un petit terrain. Autant d’éléments que le paysage de la Moscou actuelle ne peut tolérer. Peut-être, que chez les plus riches, subsiste encore un reliquat de ces anciennes habitudes. Ou peut-être pas. Il ne le saura sans doute jamais. Il sait ses aspirations anormales, mais ne s’en choque plus, se contentant, lorsqu’elles prennent trop de place, de les écarter gentiment.

« Celle d’avant ? Comment était-elle ? » il est intrigué, lui aussi, peine à imaginer ce que Iana a pu être. Avant. Avant que la déchirure ne la transforme en monstre ? Avant le camp ? Ressemblait-t-elle à toutes ses femmes qui se pressent dans les rues, les mains refermées sur leurs maigres possessions, mais libres d’aller et venir ? Le regard vide et la crainte rivée aux gestes ? Les gens normaux ont peur de tout, même de leur ombre, surtout de leur ombre. Il n’est pas si mal, finalement, d’être un monstre, de ne pas craindre l’après.

Il reprend la boite, l’examine à son tour, sans parvenir à déchiffrer le moindre caractère. Mais cette relique-là a de la valeur, il en est sûr.

« Mangeable, je ne sais pas, mais qui ne risque rien n’a rien. » Il se relève, ouvre un tiroir, pioche dedans un couteau impressionnant, et entreprend d’ouvrir ce qui recèle finalement… des pêches au sirop. Les fruits, confits dans le jus, ont une couleur qui détonne violemment dans l’appartement minable aux murs rassis, aux peintures écaillées, aux teintes mornes. Bogdan sourit. Pioche, de la pointe du couteau, une tranche de pêche qu’il tend à la jeune femme, sans s’occuper du jus qui coule copieusement sur la table.

« Alors ? Tu prends le risque ?» Il attend qu’elle s’en saisisse, bien fier de lui cette fois. Il n’a jamais vu ce type d’aliment, s’est toujours contenté des portions rationnées par le gouvernement, sans rechigner d’ailleurs, le gout des choses qu’on ignore manquant bien moins que celles auxquelles on est habitué.

« Je n’ai aucune raison de te craindre, Iana. Aucune. Pourquoi en aurais-je ? Tu n’as pas de lien avec Pinxit. Tu vis dans les souterrains, comme les autres de ton espèce, c’est comme un autre monde, pour moi. Et j’ai suffisamment d’ennemis dansc celui-ci pour m’occuper de toutes les rancunes que mon passage peut engendrer. Pourquoi me tuerais-tu ? Un autre prendrait aussitôt ma place, tu le sais. C’est comme ça que ça fonctionne. Chez Pinxit, en tout cas. Aucun être n’est irremplaçable. » Son ton reste indifférent. Cette idée, il a eu le temps de la faire sienne, depuis longtemps. De la normaliser. Parce que même à ses yeux, personne n'est là bien longtemps.

_________________

I was shaped for the fury, now I pay the price of the human race's vice
Revenir en haut Aller en bas
LA MAFIA ROUGE.
Je comprends, je m'en fous
Iana Armyanskaïa
avatar
RÉVÉLATIONS,

SIGNALEMENT : Poupée brisée, abomination qui hurle sa rage
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 24/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 236
TRESORS VOLES : 2376
CRÉDITS : Iana

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Ce qui se dit au sujet de votre personnage, ce qu'on dit de lui dans son dos, sa réputation en somme.
INVENTAIRE:
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Jeu 19 Juil - 17:39

Spoiler:
 


Comment était-elle, celle d'avant ?
À cette question, la jolie poupée sentit un sourire vaguement nostalgique recourber ses ourlées, et son regard se perdit un instant dans le vague. Dans le passé. Dans cette naïveté qui avait été la sienne pendant tant d'années. Bonheur ou malheur, elle n'aurait d'ailleurs su le dire, mais elle n'avait pas non plus envie de se pencher sur cette question inutile …

« Elle était naïve, désespérément naïve. Elle rêvait d'un autre monde où elle aurait pu voir l'océan et s'y baigner, ou simplement se balader le long de la plage. Elle voulait aller dans l'espace aussi. Elle adorait tout ce qui avait rapport à ce que le monde était avant, et elle aurait voulu y vivre avec son prince charmant. Mais le monde d'avant n'existe plus, et le prince charmant n'est qu'une illusion pour les enfants. »

Dans le fond, regrettait-elle cette naïveté et cette candeur qui avaient toutes deux été siennes ? Aurait-elle préféré que sa déchirure n'existât jamais ? Aurait-elle préféré ne jamais savoir que son fiancé n'était qu'une enflure ? Une telle vie aurait indéniablement été habillée d’œillères et de liens fermement serrés mais pourtant … pourtant oui, la Iana d'avant aurait peut-être préféré une vie d'illusions mensongères. Mais la Iana d'avant était morte depuis plusieurs années maintenant, et sa mort n'avait pas été douce. Abandonnée de tous et torturée, son âme s'était finalement volatilisée. Ou presque. Parce qu'il subsistait toujours quelques souvenirs, quelques sourires. Comme une boite à musique cassée qui n'aurait plus été capable que de distiller quelques notes dans une complainte incomplète et rouillée. Saccadée. Brisée. Autant d'adjectifs qui habillait cette poupée de cendre à merveille.

Mais face à cette boite de conserve inconnue, la belle conservait encore une certaine part de curiosité, et ses yeux se plissèrent face à ces fruits à la couleur vive qui exhalèrent aussitôt une odeur étrange. Sucrée. Enivrante comme celle de l'alcool.

Et face au sourire de Bogdan, Iana se saisit bientôt du fruit qu'elle porta immédiatement à sa bouche. Ses dents s'enfonçant facilement dans cette texture molle là où le jus effectivement très sucré se déversa dans sa gorge. Lui offrant là une saveur si délicieuse qu'elle en était clairement régressive tandis que ses propres lèvres esquissèrent un sourire d'enfant.

« C'est bon … c'est vraiment bon ! Je n'ai aucune idée de ce que c'est mais c'est tout sucré ! »

Cette boite recelait en effet une délicieuse friandise, et sitôt l'oreillon de pêche avalé, Iana se lécha aussitôt les doigts afin de ne rien en perdre. L'air soudainement beaucoup plus léger, de ce sourire collé aux ourlées même si son interlocuteur vint bientôt à aborder un sujet beaucoup moins agréable.

Il ne la craignait pas. Mais sans doute aurait-il dû …

« Moi … moi j'ai peur de moi-même quelque fois. Parce que je me sais capable de tuer sans même le vouloir, sans même m'en rendre compte réellement. Quelque fois, il m'arrive de me réveiller près d'un cadavre, et je sais que c'est moi qui l'est tué. Je le sens. Mais je ne sais même plus ce qui s'est passé. »

Quelque fois, la bête prenait à ce point le pas qu'elle n'avait même plus souvenir du meurtre qu'elle venait pourtant de perpétrer. Désir d'oublier ou drogue qui embrumait de plus en plus son cerveau. Ou un joyeux mélange des deux. Sans doute.

« Et je ne sais pas pourquoi, mais je sais que je n'ai pas envie de découvrir un jour ton cadavre à côté de moi. »

Si un autre que Bogdan avait joué avec elle comme il l'avait fait à Tagansky, elle l'aurait tué. Lentement. Cruellement. Mais pas Bogdan. Au contraire, elle s'était mise en danger pour venir l'aider, mais elle ne savait pas pourquoi.

_________________

Lovely Rotten Doll

I became insane, with long intervals of horrible sanity

code: @REIGN IN BLOOD
Revenir en haut Aller en bas
ADMIN.
il n'est pas un numéro
Bogdan Oulianov
avatar
RÉVÉLATIONS,
soon
SIGNALEMENT : Aberration
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 27/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 278
TRESORS VOLES : 2493
CRÉDITS : Reaver

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Associal, suicidaire, traître à sa race, c'est le chaos qui danse au fond de ses prunelles, un chaos que Pinxit et ses sbires devraient craindre
INVENTAIRE: Ses déchirures l'habillent mieux que n'importe quelle amélioration
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Mar 21 Aoû - 22:37

« Ça n’arrivera pas » lâche-t-il en lui attrapant la main. Il a envie de la réconforter, tout à coup, de la rassurer, parce que pour une fois, une seule, la fragilité qu’il pressent sous la surface ne le dérange pas. Il l’accepte, pour un temps, comme faisant partie de cet échange si différent de ce qu’ils connaissent, tous les deux, de ce qu’ils ont déjà pu vivre. Il la les sourcils froncés, le regard grave lorsqu’il répète, plongeant ses prunelles dans celles de Iana

« Ça n’arrivera pas. Tu dois cesser de te craindre. Peu importe les vies que tu voles, elles n’ont aucune importante. La tienne, compte. Et ce qui en toi doit se nourrir d’eux. Tu n’y peux rien. Combattre contre ça, c’est s’assurer une folie plus terrible encore que tous les crimes que tu pourrais commettre en son nom. Je ne veux pas ça pour toi. Je ne veux pas que tu disparaisses, qu’il ne reste de toi qu’un amas de haine et de rage, tout juste bon à détruire ce qui l’entoure. Non. Mais pour rester toi-même, il te faut t’accepter toute entière. Tu y parviens bien, la plupart du temps. Alors pourquoi est-ce que j’ai l’impression que ce soir, c’est différent ? »

Il lui relâche la main, lentement, avant de se lever.

« Je vais te chercher des vêtements, termine ce qu’il y’a dans la boite, je n’ai pas faim. » Il sourit, avant de reprendre le chemin de la chambre. Le seul rangement est presque vide. Il en tire néanmoins une chemise ample, et un pantalon dont la taille risque de ne pas convenir, puis les plie grossièrement avant de revenir à la cuisine. Là, il pose le petit tas d’habits sur un coin de la table, et reprend la conversation comme s’il ne l’avait jamais interrompue.

« J’ai parfois l’air d’un homme, parce que c’est ce que je suis au fond, j’imagine. Mais, la plupart du temps, je suis bien moins que ça, juste un animal, bon à exécuter les ordres, et prompt à n’en faire qu’à sa tête si l’occasion lui en est laissée. Tu vois, je me fiche bien de ceux que je peux abattre, ils ne sont rien, pour moi, et, comme ce serait le cas si je venais à disparaître, d’autres viendraient les remplacer. C’est un cercle, un cycle, sans fin. D’un côté, je l’ai accepté. Mais pourquoi eux, plus que moi. Pourquoi devraient-ils vivre, quand je ne le peux pas ? »

Le sourire s’est fané sur ses lèvres, amincies par le sérieux. Il fixe le mur, le regard dans le vague, pris dans ses interrogations. Ils sont de plus en plus fréquents, ces moments de lucidité qui l’emportent loin de sa réalité quotidienne, qui le poussent à réfléchir plus loin, de manière plus précise qu’il n’en a l’habitude. Il aime ces instants autant qu’il les redoute, avide de s’élever tout en craignant la chute, comme cet Icare des anciens mythes, qui approcha le soleil jusqu’à s’y brûler.

Ses prunelles retrouvent leur éclat lorsqu’il les repose sur Iana, sur ce qu’elle représente maintenant à ses yeux. Parce qu’elle représente quelque chose, qu’elle ne mérite plus cet anonymat dans lequel il projette les autres, dont la fréquentation lui est rendue pénible à force d’obligation. Elle, il l’a choisie. Comme le fait de la revoir. De penser à elle autrement qu’en sa présence. D’oser même se demander de temps en temps, si l’intérêt était réciproque, partagé. Il n’y a pas de limite aux mensonges qu’il peut proférer lorsqu’il s’agit de piétiner le moindre embryon d’affection. Mais là est tout le problème. Mensonges. Parce que s’il se laisse aller à être honnête avec lui-même, l’évidence prend la forme d’une lame de glace qui lui transperce le cœur.

« Si tu le pouvais, tu resterais avec moi ? » lance-t-il d’une voix douce, le regard toujours rivé au sien. Il aimerait l’ensorceler comme elle l’ensorcelle, exercer sur elle le même type de fascination qu’elle éveille chez lui. Tout en se sachant incapable d’exprimer autrement que par caprice l’attachement qu’il a pour elle.

_________________

I was shaped for the fury, now I pay the price of the human race's vice
Revenir en haut Aller en bas
LA MAFIA ROUGE.
Je comprends, je m'en fous
Iana Armyanskaïa
avatar
RÉVÉLATIONS,

SIGNALEMENT : Poupée brisée, abomination qui hurle sa rage
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 24/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 236
TRESORS VOLES : 2376
CRÉDITS : Iana

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Ce qui se dit au sujet de votre personnage, ce qu'on dit de lui dans son dos, sa réputation en somme.
INVENTAIRE:
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Jeu 23 Aoû - 13:06


Si la jolie poupée doutait quant à sa capacité à éternellement contrôler sa bête, Bogdan ne semblait clairement pas partager cet état d'esprit, et la belle avait vaguement froncé les sourcils devant ces explications. Sans doute parce qu'elle-même ne comprenait pas vraiment pourquoi suicider Moscou tout entier ne la dérangeait pas, alors que la simple idée de retrouver cet homme gisant à l'état de cadavre lui déplaisait au plus au point. Lui non plus ne paraissait pas vraiment comprendre d'ailleurs. Et main dans la main, il n'y eut guère que le silence pour répondre, tandis que Iana soutenait son regard avec douceur. Elle ne savait pas. Ou plutôt n'avait-elle plus les outils – plus les mots – pour pouvoir exprimer son propre ressentit. Les fauves ne ressentaient pas après tout, il n'y avait que les humains qui fussent soumis à ce genre de faiblesse. Et Bogdan était une faiblesse. Cruelle constatation qui ne tarda pas à s'imposer dans son esprit tandis qu'elle le regarda quitter la pièce pour aller lui chercher quelques vêtements. Ses doigts se plongeant bientôt dans le jus sucré afin de récupérer un nouveau morceau de fruit.

C'était bon. Si bon qu'elle décida de terminer ce repas avant de s'habiller, dépourvue de pudeur qu'elle était depuis le camp de régression.

Mais si elle dégustait les fruits avec gourmandise, cela ne l'empêchait pas d'écouter attentivement son interlocuteur, et la question qui laissa bientôt traîner lui tira un léger soupir. Pourquoi les autres avaient le droit de vivre alors que ce n'était pas son cas ? La réponse était pourtant simple : parce qu'il était un brave chien obéissant sagement à Pinxit, alors que ces ''autres'' n'étaient peut-être pas entièrement libres, mais au moins avaient-ils une laisse plus longue. Et un collier moins serré.

« C'est parce que tu appartiens à Pinxit, tout simplement. Dans le fond, tout le monde est plus ou moins soumis à Pinxit d'ailleurs, mais certains ne sont guère plus que des esclaves. Tu es un chien, mais tu t'en rends compte … alors pourquoi ne pas briser les chaînes ? Tu l'as dit toi-même, tu es remplaçable pour eux, alors remplace-les toi aussi. »

Couper les liens, recouvrer sa liberté … une idée dont ils avaient d'ailleurs déjà parlé lors de leur première rencontre, et Bogdan avait même accepté un petit pas en direction de la jolie poupée. Puis un deuxième. Puis un troisième. Et si Iana ne tenait pas le compte, elle était en revanche persuadé que cet animal là était bien trop rétif pour se soumettre toute sa vie. Restait juste à ce qu'elle s'en aperçût. Mais à défaut de ruer dans les brancards, le cours de ses idées ne tarda pas à se muer en une nouvelle question, et le regard de la belle se fit aussitôt bien vague en l'entendant.

Souhaitait-elle rester avec lui ?

« Je ne sais pas … »

Non, elle ne savait pas, aussi était-elle parfaitement honnête en l'affirmant. Elle ne savait pas, et elle ne voulait pas réellement savoir. Mais pour lui, ne pouvait-elle pas faire l'effort d'y penser ? De partager le fond de son âme auquel il semblait déjà s'attacher.

« Je pourrais joyeusement suicider tout Moscou sans en éprouver aucun regret, et je n'ai pas de limite. Hommes, femmes, enfants … des rues encombrées de corps ne sont pour moi qu'une hallucination régulière. J'ai déjà tué, j'ai déjà violé, et j'ai constamment le goût des cadavres dans la bouche. Au point qu'il m'arrive de tuer sans même m'en rendre compte … tout particulièrement pendant les Ires. La régression ne me fait pas peur, au contraire. J'ai pleinement accepté la bête en moi, elle est beaucoup plus importante que l'humaine que j'ai été. »

Elle ne regrettait pas. Elle ne regrettait rien. Si sa déchirure lui avait fait subir les pires années de sa vie, elle lui avait également apporté une autre existence. Une existence de monstre dangereux et malsain qui – paradoxalement – noyait et apaisait son âme. Elle se perdait. Et elle aimait ça.

« Toi, c'est l'humaine que tu veux, celle qui ne bouffe pas les cadavres et qui ne risque pas de te posséder à tout instant. Mais elle est morte, tu sais … et s'il subsiste bien quelques bribes de ce qu'elle a été, elle ne reviendra pas pour autant. Elle ne reviendra plus. Elle ne pourrait même pas survivre un seul jour, elle est si faible. »

L'humaine était faible, la bête était forte. De cette constatation qu'elle venait d'énoncer d'un ton calme tandis que son regard était toujours plongé dans celui de Bogdan, ses doigts nonchalamment liés aux siens tandis que sa main avait capturé la sienne. Le contact physique. Toujours. Elle aurait sûrement dû s'en passer, mais elle n'y arrivait pas.

« Oui, j'aimerais rester avec toi, mais ce serait me condamner, et j'ai trop de choses à faire avant de mourir. »

De cette constatation aussi douce que cruelle, mais Iana se devait d'être lucide : cet homme était une faiblesse. Faiblesse désirée. Mais faiblesse quand même.

_________________

Lovely Rotten Doll

I became insane, with long intervals of horrible sanity

code: @REIGN IN BLOOD
Revenir en haut Aller en bas
ADMIN.
il n'est pas un numéro
Bogdan Oulianov
avatar
RÉVÉLATIONS,
soon
SIGNALEMENT : Aberration
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 27/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 278
TRESORS VOLES : 2493
CRÉDITS : Reaver

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Associal, suicidaire, traître à sa race, c'est le chaos qui danse au fond de ses prunelles, un chaos que Pinxit et ses sbires devraient craindre
INVENTAIRE: Ses déchirures l'habillent mieux que n'importe quelle amélioration
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Ven 31 Aoû - 21:04

Il ne bouge pas, l’écoute parler, boit ses mots même lorsque ce qu’il entend lui donne envie de l’étrangler.
Son regard s’assombrit, de même que son ton lorsqu’il réplique après l’avoir laissée finir.

« Comment pourrais-je vouloir de cette humaine dont tu dépeins le portrait ? Je ne l’ai jamais connue. Ne confonds pas les désirs des hommes et les inclinaisons de l’esclave, Iana. Les hommes choisissent ceux qu’ils fréquentent, en fonction de leurs gouts. Les esclaves se contentent des restes, de ceux que les hommes repoussent, délaissent. Je n’ai jamais été qu’un esclave, et si nous sommes proches aujourd’hui, c’est uniquement parce que tu le permets. Alors je t’en prie. Ne redis jamais que ce que je désire en toi n’est que ce que je méprise le plus. L’humaine, peut bien pourrir avec les autres, pour ce que ça me fera.»

Il termine par un haussement d’épaules légèrement exagéré, agacé par cette manie qu’elle a de penser à sa place. Elle ne sait pas grand-chose de lui finalement, seulement ce qu’il a bien voulu lui dire, et ce qu’elle a deviné. Une infime partie de tout ce qui le caractérise.

Certes, elle a su mettre le doigt sur certains détails, mais rien de vraiment important. Pas assez du moins pour l’aider à le comprendre. Il secoue la tête, se balance lentement sur la chaise, au risque de perdre l’équilibre. Leurs mains se sont dénouées, et il contemple sa paume vidée de la présence de la sienne. Lorsqu’il redresse la tête, son sourire est revenu, fade.

« Je ne te demande pas vraiment de rester tu sais, j’ai moi aussi trop à faire alors que le temps m’est compté. Quand tu me parles de briser mes chaines, n’oublie pas que c’est impossible, que lorsque je le ferais, je signerais ma mort. C’est pour ça que je reste, encore. Aussi courte soit la laisse, elle m’autorise toujours plus d’action que si j’étais un cadavre. »

Il le lui a déjà dit. Plusieurs fois, que la fuite lui était interdite, que le dispositif de garde de Pinxit restait hors de portée des meilleurs hackeurs. Pour ce qu’il en savait, du moins, et il n’avait pas le temps de se faire de nouveaux alliés. La route était trop longue, trop compliquée, pour un résultat trop aléatoire.

Il renifle, impatient maintenant de mettre fin au dialogue, de tomber de nouveau dans l’action, d’embrasser l’adrénaline qui prive le cerveau de sa liberté nouvelle. S’il aime parfois se perdre dans les méandres tordus de son imagination, le malaise qui s’installe à chaque fois qu’ils abordent ce sujet l’agace prodigieusement.

L’impuissance qui le lie le rend fou.

La chaise bascule dangereusement. Il s’évite la chute en rejetant son poids vers l’avant, puis se relève, incapable maintenant de rester assis à cette table, à partager des souvenirs, des idées, comme si tout était normal. Les mots de Iana tournent encore dans sa tête, reviennent par intermittence, parasitent sa volonté. L’humaine. Songe-t-il avec colère, comme s’il avait une seule fois désiré l’une d’entre elles.

« Faisons ce qu’on sait faire de mieux. » jette-t-il à Iana avant de se diriger vers la salle de bain. Le corps n’a pas bougé, évidemment, ce serait trop demander que les traces sanglantes disparaissent d’elles-mêmes une fois le méfait accompli. Il soupire, observe les dégâts d’un œil critique. Foutues conséquences, murmure-t-il pour lui-même sans pouvoir s’empêcher de remarquer que plus sa fin se rapproche, plus les choses semblent se compliquer. Tant mieux, un départ en apothéose vaut toujours mieux que de s’éteindre sans un bruit.

_________________

I was shaped for the fury, now I pay the price of the human race's vice
Revenir en haut Aller en bas
LA MAFIA ROUGE.
Je comprends, je m'en fous
Iana Armyanskaïa
avatar
RÉVÉLATIONS,

SIGNALEMENT : Poupée brisée, abomination qui hurle sa rage
INTERZONE

DATE DE PÉREMPTION : 24/05/2018
MENSONGES PROFÉRÉS : 236
TRESORS VOLES : 2376
CRÉDITS : Iana

✥ ELECTRIC DREAM.
CODE BARRE.
LEGENDES VEHICULEES: Ce qui se dit au sujet de votre personnage, ce qu'on dit de lui dans son dos, sa réputation en somme.
INVENTAIRE:
DISPONIBILITE RP: Libre
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   Ven 7 Sep - 13:03


Bogdan ne désirait pas l'humaine, Bogdan désirait la bête.
C'était en tout cas ce qu'il était en train d'affirmer tandis que la jolie poupée l'écoutait avec attention, mais ses sourcils se froncèrent tandis qu'il ne tarda pas à digresser vers un sujet qu'elle n'appréciait pas : sa servilité. Ses chaînes. Sa mort prochaine et ce qu'il comptait bien accomplir avant d'être cueilli par une balle ou un scalpel. De cette fin programmée, de cette inutilité agitée sous son nez alors que cette simple idée lui remuait les entrailles. La laissait silencieuse et immobile dans cette pièce miteuse tandis qu'elle ne prêtait aucune attention à cet homme qui s'amusait à se basculer sur sa chaise avant de finalement se lever. Quelques mots et un ordre sous-entendu. Ce qu'ils savaient faire de mieux … sauf que Iana avait encore son mot à dire, et que ce fut toujours nue comme au premier jour qu'elle se leva pour rejoindre Bogdan à la salle de bain. Sa poitrine se collant contre son dos tandis que sa joue vint doucement se poser contre son omoplate, ses bras enlacés autour de sa taille. Le contact physique, putain, toujours le contact physique.

« Non. »

De ce refus. Simple comme un mot. Clair, net et précis. Elle lui avait implicitement promis de l'aider avec ce cadavre, mais pas maintenant. Pas tout de suite. Pas alors qu'il venait encore de parler de sa mort comme on se fixait le programme télévisé du soir.

« Je me fous de Pinxit, de tes chaînes et de cette merde que tu portes sous la peau. Et si je le pouvais, je te l'arracherai moi-même ! »

La voix était basse, mais les mots étaient crachés avec hargne. Si Iana avait déjà arraché bon nombre de puces – avec les ongles ou avec les dents – elle savait en revanche que la bombe ne pourrait pas être extraite avec une technique aussi primitive, et elle sentait la rage sourdre au creux de son ventre à cette seule idée. Colère contenue mais qui s'exprimait par son étreinte presque brutale tandis que ses ongles étaient venu griffer la peau du ventre de Bogdan, juste au-dessus de la scarification qu'elle lui avait offert comme cadeau de rencontre. Peut-être aurait-elle d'ailleurs dû graver un autre mot sur son épiderme …

« Ces bâtards t'ont eu assez longtemps mais maintenant, la laisse est à moi. »

C'était maladroit mais après tout, ne venait-elle pas de le lui dire quelques minutes auparavant ? Ne lui avait-elle pas dit clairement qu'elle tenait à lui en lui expliquant qu'elle ne voulait pas le retrouver un jour à l'état de cadavre ?! Si, elle le lui avait dit. Elle le voulait. Et ce que femme veut, Dieu le veut. Si tant était en tout cas qu'il existât bien un Dieu régnant sur toute cette merde soigneusement enfermée sous cloche. Malades d'un asile géant qui se segmentait, se segmentait, se segmentait … jusqu'à ce que les ongles de la belle s'enfonçassent cette fois-ci profondément dans la chaire de sa proie. Du sang coulant aussitôt sur ses mains tandis qu'elle demeurait toujours là, étroitement collée dans son dos. Déchirant ainsi la peau fragile de Bogdan – marquant son épiderme juste au-dessus de sa cicatrice – comme elle aurait aimé lui ouvrir la nuque pour le débarrasser de la laisse et du collier.

« Je connais plusieurs hackers, alors je ne doute pas un instant qu'on trouvera quelqu'un pour t'enlever ça. À moins que j'essaye moi-même ? Une fois, j'ai fait sauter un pacemaker en possédant un vieux … »

De nouveau, la belle était plus calme. Plus rationnelle. Et même si elle n'avait aucune idée de comment elle avait détruit ce pacemaker, elle était pourtant sûre et certaine d'une chose : Pinxit pouvait bien aller se faire foutre, parce qu'elle ne le laisserait pas Bogdan.

_________________

Lovely Rotten Doll

I became insane, with long intervals of horrible sanity

code: @REIGN IN BLOOD
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

✥ ELECTRIC DREAM.
MessageSujet: Re: L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov   

Revenir en haut Aller en bas
 

L'antre de toutes les bêtes - Ft. Bogdan Oulianov

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les âmes mortes ::  :: Taganski :: LOGEMENTS OUVRIERS-