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 Les liens qui libèrent || Ephrem

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LEGENDES VEHICULEES: Elle met mal à l'aise, la poupée, elle effraie. Trop mignonne pour être violente, jusqu'à ce que la violence lui dégueule par tous les pores de sa peau synthétique. Aucune âme dans cette coquille, sourires honnêtement faux, intérêt jamais gratuit, curiosité mal placée. Envahissante, méprisée pour la carcasse qu'elle est.
INVENTAIRE: Son corps est une arme, chacune de ses améliorations, qu'on lui donne et lui retire au gré des missions.
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MessageSujet: Les liens qui libèrent || Ephrem   Dim 26 Aoû - 21:52

Les liens qui libèrent
Ephrem & Sofia
On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu'à entendre un chant villageois du XVe siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d'hommes n'entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots.

Elle avait remonté la source du « problème » jusqu’ici. Dans ces tunnels, ces souterrains, cet endroit contre lequel Kira l’avait mise en garde. Ou bien peut-être n’était-ce pas celui-là. Sofia n’avait pas posé de questions ni demandé de précisions, justement parce que Kira le lui avait intimé. Elle n’avait pas insisté, s’y était même désintéressée à la seconde où le sujet avait changé. Mais elle n’avait pas oublié. Tout comme elle n’avait pas oublié ce qu’Ephrem avait fait. D’une certaine manière, ils étaient liés, désormais, par sa faute à lui, d’une façon indéfectible, du moins tant qu’il n’aurait pas réparé sa bêtise. Et bien sûr, la réponse logique à ce problème aurait dû être pour elle d’aller trouver ses maîtres à Pinxit, qui avaient certainement de quoi la débarrasser de cette chose encombrante qu’elle sentait dans son système depuis les événements de l’autre nuit. Mais deux choses l’en empêchaient, une plus légitime que l’autre. L’ordre qu’Ephrem avait implanté en elle était prioritaire et absolu : elle devait le protéger. Si elle le dénonçait à Pinxit, il était un homme mort. De sorte qu’elle ne pouvait pas aller trouver Pinxit. Cependant, inexorablement, ils finiraient par remonter jusqu’à lui, après avoir découvert ce qu’il lui avait fait. Il fallait donc qu’il efface toute trace de son action, qu’il annule son action. L’autre chose qui empêchait Sofia d’aller trouver ses maîtres, c’était qu’au fond d’elle, elle se doutait qu’ils la formateraient complètement. Ils se fichaient bien d’avoir à tout recommencer avec elle. Peut-être l’avaient-ils déjà fait, pour ce qu’elle en savait. Mais si, avant, elle se serait pliée à cette contrainte sans sourciller, désormais, elle avait vécu, elle appris, elle avait mûri, et elle avait développé assez de conscience pour savoir que la formater, ce serait la faire disparaître. Et elle n’en avait pas envie.

Elle avait donc remonté le signal d’Ephrem, et peu importait les tonnes et les tonnes de béton qui séparaient cet endroit de la surface, il semblait que les gens ici avaient su s’adapter, de sorte que l’endroit n’était absolument pas dénué d’un réseau informatique. Sofia avançait au milieu de cette cour des miracles sans être choquée ou étonnée par ce qu’elle voyait, alors que tous les gens qui la regardaient passer semblaient vouloir, au choix, lui sauter à la gorge ou se cacher. À l’instar des quartiers dans lesquels Iana l’avait entraînée un soir, ce monde-là n’était pas le sien. Et cela se voyait. Elle n’avait pas pris la peine de se grimer un peu, d’enfiler d’autres habits que le pantalon et le cuir noir et de haute facture qu’elle portait quand elle n’était pas en mission, avec ses bottes à bout ferrées, son visage vierge de tout maquillage, mais lisse, propre, noble Rien à voir avec les gens d’ici. Auxquels elle apportait peu d’attention. En temps normal, elle aurait tout regardé, tout enregistré, se serait arrêtée pour poser des questions déplacées, probablement. Mais aujourd’hui, un seul but l’occupait. Comme la lumière d’un phare dans la nuit, la présence d’Ephrem se faisait de plus en plus proche, et elle, bulldozer aux formes féminines, traçait sa route au milieu du gigantesque bidonville.

Elle ne lui en voulait pas. Elle n’était pas en colère. Avait vaguement conscience de l’absurdité de la situation, du fait aussi, plus agaçant pour elle, qu’Ephrem avait mis à jour une terrible faiblesse chez elle. Et par-dessus tout, elle devait le protéger. Consciente que c’était un ordre et pas sa seule volonté. Mais en vérité, à part Kira, elle ne pensait pas qu’il y ait quelconque sur cette terre qu’elle ait envie de protéger. Elle s’arrêta finalement devant une porte, un abri de métal rouillé qui avait dû servir à quelque chose, avant. Qui abritait désormais l’objet de sa convoitise, si on pouvait l’exprimer en ces termes. Elle leva le poing serré et l’abattit sur la porte en métal qui résonna de façon lugubre. Elle avait frappé si fort que le battant se déforma sous ses coups. « Ephrem, c’est moi. » Il devait bien savoir qui c’était. Non ? Impossible qu’il l’ait oubliée, pas après ce qu’ils avaient vécu. Elle n’avait pas oublié parce qu’elle ne pouvait rien oublié. Mais elle savait comment fonctionnait le cerveau humain : les émotions. Et les émotions avaient été fortes, cette nuit-là.

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It’s this expandable capacity to represent reasons that we have that gives us a soul. But what’s it made of ? It’s made of neurons. It’s made of lots of tiny robots. And we can actually explain the structure and operation of that kind of soul, whereas an eternal, immortal, immaterial soul is just a metaphysical rug under which you sweep your embarrassment for not having any explanation. d.c.dennett. code: @REIGN IN BLOOD
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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Jeu 13 Sep - 18:47

Les liens qui libèrent
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On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu'à entendre un chant villageois du XVe siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d'hommes n'entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots.

Dans cette cave, il serait sans doute mort sans l’intervention de cette Gumn. Mais à dire vrai, il l’avait oublié. Ce n’était pas que ce moment n’avait pas été important, ni qu’elle avait pas joué un rôle important, il lui devait la vie, mais cet instant avait vite disparu, balayé par la terreur de mourir, la terreur de n’être qu’un jouet entre les mains des aberrations. Il avait fuit le plus loin possible, dans les entrailles de la terre, dans une galerie abandonnée du métro, dans un ancien abri pour les cheminots. En dessous, il se sentait à l’abri. Enfin, plus ou moins. Parce que c’était un monde sauvage là dessus, un monde qu’il ne comprenait pas encore, un monde qui s’avérait parfois aussi dangereux que celui du dessus, souvent plus. Il n’avait encore jamais vécu ainsi, sur le fil du rasoir, avec la peur constamment comme compagne, à devoir vendre le moindre objet pour trouver à manger, à moyenner ce qu’il pouvait. Lui qui avait grandit dans une famille de la classe moyenne, qui n’avait jamais manqué de rien même s’il n’avait non plus jamais été très riche, et qu’il avait vite dû travailler dans les usines Pinxit. Il ne savait néanmoins pas ce que c’était de devoir se confronter à la vraie vie, à celle d’un rat fuyant pour sa vie. Ce qu’il était devenu.

La moindre chose l’effrayait alors des coups frappés contre la porte métallique qui le protégeait du reste du monde, porte contre laquelle il mettait des planches et divers objets pour empêcher toute intrusion la nuit venue, ça l’avait éveillé en sursaut et fait bondir son cœur. Il se leva avec l’œil terrorisé du type se sentant coincé. Quelqu’un frappait comme un malade contre cette porte en l’appelant par son nom. Il ne se souvenait pas d’avoir causé du tord à qui que ce soit, mais Iana l’avait prévenu, ici c’était un autre monde, pour un rien on pouvait mourir, survivre était un combat de tous les jours, il fallait être prêt à tout, y compris à dévorer des cadavres. Il se doutait que le cannibalisme était pratiqué ici et redoutait d’en être un jour la victime. Ephrem était terrorisé par tout et n’importe quoi, mais dans cet enfer, il avait raison de l’être. Avec son gabarit il serait une proie facile. Il le savait, c’est pour cela qu’il s’enfermait, qu’il se cadenassait, qu’il masquait sa présence dans les lieux, qu’il ne laissait aucun indice laissant croire que les lieux étaient habités planquant le moindre objet personnel entre les briques.

Parfaitement éveillé à présent, il se plaquait contre le mur, couvert de sueur, se faisant aussi silencieux que possible espérant que la personne s’en aille. Il pouvait percevoir sa présence, la sentir, s’il se concentrait, il pourrait deviner… il pourrait savoir qui était derrière, mais il n’était pas concentré pour un sou, il était terrifié au delà de toute mesure au point d’être à deux doigts de se pisser dessus. Rien de glorieux mais de toute façon, depuis l’attaque, il n’avait rien fait de glorieux. Et dire qu’hier il était un hackeur et fier de l’être, un vrai petit con, et qu’aujourd’hui, il se terrait, nouer par la terreur, et la certitude d’y passer prochainement s’il ne faisait rien.


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[HS: je pense que Sofia peut défoncer la porte, un humain aurait du mal mais une Gumn peut y arriver sans problème. Il essaie d'être discret mais il doit faire de petits bruits comme sa respiration trop rapide ou des gestes nerveux...]
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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Lun 17 Sep - 21:00

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Il ne se passait rien. Pourtant elle avait frappé. Mais il ne se passait rien. Si elle avait pu ressentir de l’impatience… Au lieu de quoi, elle resta immobile de très longues minutes derrière le battant de métal. Il y avait quelqu’un derrière. Elle le savait, sentait sa chaleur, les vibrations de son corps, captait sa respiration courte et hachée. La peur, identifia-t-elle. Mais elle n’était pas venue lui faire de mal. Elle pouvait le lui dire. Le lui promettre. D’ailleurs, il devait bien le savoir, il était mieux placé que lui pour le savoir. Elle pouvait lui dire qui elle était, lui rappeler ce qui s’était produit cette nuit-là, dans cet immeuble populaire de Taganski. Alors il lui ouvrirait la porte. Il était faible, au sens où il ne savait pas se battre. Pas faible tout court. Depuis qu’elle était née dans ce monde, en vérité, Ephrem était l’être le plus dangereux pour elle qu’elle ait jamais rencontré. Beaucoup plus dangereux que les créatures infectées de l’autre fois ou que n’importe quelle aberration. Beaucoup plus dangereux qu’un Gumn, même. N’en avait-il donc pas conscience ? Tout cela lui traversa l’esprit en quelques secondes et pourtant elle mit longtemps à prendre une décision. Elle aurait dû lui parler. Au lieu de quoi, elle posa la main sur la serrure et, bandant ses muscles synthétiques et surpuissants, força la porte, qui se déchira presque sous la pression avec un chuintement désagréable. Se dressant sur la pointe des pieds, elle jeta un coup d’œil dans l’interstice ainsi créé et le vit, recroquevillé dans un coin. « Ephrem ! Tu es là ! » Une force de la nature que rien ne pouvait arrêter, certainement pas une porte. Si ce n’était qu’en elle, il n’y avait rien de naturel.

Elle repoussa la porte, se glissa dans l’entrebâillement et se planta dans la petite pièce encombrée. Son regard courut rapidement sur le décor à la recherche d’une menace éventuelle et d’une autre porte de sortie, autant pour elle que pour l’empêcher de filer, lui. Mais non, il n’y avait rien, ici. Rien que lui. Elle posa ses yeux de glace sur la silhouette et lui adressa son regard le plus mort, le plus robotique dont elle était capable – son regard tel qu’il était quand elle ne jouait pas la comédie. Mais justement. Il savait ce qu’elle était, elle n’avait donc pas à faire semblant, n’est-ce pas ? « Ephrem Fedorov, je suis venue te demander d’annuler ce que tu m’as fait. » Elle pensait à elle en disant cela. Mais elle aurait aussi bien pu lui dire que c’était aussi pour son bien qu’il devait faire cela. Même s’il pouvait être tenté de croire qu’avoir une Gumn pour le protéger était un avantage. Mais combien de temps avant que Pinxit ne s’en rende compte ? Elle n’en savait rien. Qui de lui ou d’eux était meilleur ? Aucune idée. Elle se souvint que Kira lui avait appris qu’un sourire était mille fois plus efficace qu’une menace – surtout contre des ennemis. Alors elle sourit. « Je ne vais pas te faire de mal. Tu le sais bien, non ? Même si je voulais t’arracher la tête, je ne le pourrais pas. » Elle le regarda un moment avant d’ajouter : « Mais de toute façon, je ne le veux pas. » Elle avait senti qu’elle était vaguement contre-productive.

Elle promena de nouveau son regard autour d’elle, ayant vaguement conscience qu’aucun humain n’aurait souhaité délibérément vivre dans ce taudis. Pourquoi donc s’imposait-il ça alors qu’avec ses talents il aurait pu être riche à millions ?

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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Lun 8 Oct - 12:58

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Les coups redoublaient de force, et à chaque coup, Ephrem sentait les poils sur son épiderme se dresser, la peur enlacer sa colonne vertébrale, paralyser ses muscles, tenailler ses moindres pensées. Une peur glaçante qui lui fit faire un véritable bond de cabri en arrière quand soudainement la porte céda aux coups. La serrure explosa sous le choc mais il remarqua à peine ce détail. Les mains plaquées sur les yeux, la bouche, le visage, Ephrem manqua d’hurler sa peur, de se pisser dessus, et tout un tas de symptômes gênants de la terreur qu’il ressentait à cet instant manquèrent de se manifester. Peut-être était-ce l’épisode de la balle dans son genou, de la terreur face aux infectés ou encore le fait de voir ici des gens se battre pour un bout de viande moisi, mais il semblait déjà moins réactif à la terreur, comme s’il finissait par s’y habituer.
Mais on finit par s’habituer à tout. songea-t-il, un brin philosophe. Ce qu’il était, parfois, capable d’être. Raisonner sur le sort du monde était quasiment devenu un hobby pour lui quand tout allait bien alors, qu’il pérorait comme n’importe quel surdoué. Il aimait à constater à quel point la société était inefficace, pensant que seules les machines pouvaient s’en sortir, les en sortir, de la situation pathétique dans laquelle ils s’étaient tous mis. Eux, les humains. Ephrem était comme ça, avant. Presque cynique à force de passer des heures dans un monde virtuel, échappant totalement à la réalité et à ces difficultés. Et puis, son monde s’était effondré, le cynisme avait laissé place à la peur, à la panique, à la terreur.
Quand il entendit sa voix, car il s’était masqué le visage et non bouché les oreilles, il réalisa que cette voix ne paraissait pas si menaçante et que de plus, il la connaissait. Glissant un doigt, puis l’autre, il finit par créer une ouverture et ouvrir un œil, puis l’autre. Tel un enfant effrayé, il la fixa. Il attendait un signe, un geste, montrant qu’elle n’était pas venue pour l’éliminer comme la menace qu’il était, pour elle, pour Pinxit, pour la société. Il avait conscience de ce pourquoi on le traquait. Il leur avait prouvé qu’il pouvait leur faire mal et ce, sans même utiliser un seul outils. Il comprenait pourquoi ils voulaient sa mort. Pas de camp de régression pour le petit Ephrem, songea-t-il.
Cependant, elle ne s’élança pas sur lui, n’utilisa pas l’un des nombreux déchets ici présent pour l’étouffer ou le planter, elle resta plantée là à le regarder, espérant sans doute qu’il ouvre grand les yeux et la regarde, l’écoute. Il resta coincé dans l’angle, callé contre le mur. Acculé oui, certes, mais il s’y sentait à l’abri dans son petit recoin. Quand elle lui demanda de défaire ce qu’il avait fait. Ephrem la regarda avec des yeux ronds, ne comprenant pas ce qu’elle lui demandait. Lentement, ses mains glissèrent de son visage alors qu’il la fixait d’un regard hagard. Elle se senti obligée de lui dire qu’elle ne lui ferait pas de mal, même si elle le voulait, qu’elle pourrait pas. Là dessus, il n’était pas spécialement d’accord. Sans être expert dans le domaine, il avait un peu étudié le sujet de la programmation et il lui apparaissait que Pinxit pouvait parfaitement faire sauter sa loi robotique sur la protection de l’individu et qu’ils le faisaient même régulièrement.
« Pourquoi ? » demanda-t-il simplement sans chercher à contredire ce qu’elle venait d’affirmer. Il la regardait fixement avec un air renfrogné du type qui doute de tout ce qu’on peut lui dire. Ce qui était le cas, Ephrem restait un petit génie qui avait du mal à croire en ce qu’on lui racontait et éprouvait le besoin de tout vérifier lui-même. Il avait été pas mal prétentieux, pédant par le passé et ce trait de caractère demeurait même quand la peur s’était installée.

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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Dim 21 Oct - 17:09

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Il était là, dans un coin, et clairement il n’aurait jamais ouvert la porte, vu son attitude, Sofia ne regretta donc pas de l’avoir plus ou moins défoncée. Compte tenu de son langage corporel, il était terrifié – Kira aurait été fière d’elle d’être aussi observatrice. La Gumn en déduisit que l’humain devait avoir des ennuis, ponctuellement ou au quotidien, car personne ayant une vie tranquille ne pouvait se montrer à ce point terrifié. Elle referma plus ou moins la porte pour plus d’intimité, ne sachant pas comment les voisins pouvaient réagir si d’un coup, des cris se mettaient à jaillir de l’abri. Elle était patiente, et ça tombait bien, car Ephrem ne faisait rien pour l’aider. Il lui semblait qu’engager une conversation avec lui était un signe qu’elle ne voulait pas lui faire de mal, car qui perdait du temps à papoter avant de tuer quelqu’un ? Mais elle n’obtenait pas d’autre réaction de sa part qu’un coup d’œil furtif, pour commencer. Il se contentait de rester collé à son mur dans son coin et de la regarder comme s’il n’avait aucune idée de qui elle était. Pourtant, ils avaient un passé commun, un genre de passé qui marquait les humains, qui plus est. Avait-il oublié ? S’était-elle trompée d’endroit, avait-elle remonté la mauvaise piste ? Certainement pas, puisque c’était bien lui qui se trouvait là, devant elle.

Quand il lui demanda pourquoi elle ne lui ferait pas de mal, elle eut une hésitation. Lui demandait-il pourquoi elle ne pouvait pas lui faire de mal ou pourquoi elle ne voulait pas lui faire de mal ? Elle-même aurait eu du mal à démêler ces deux choses très différentes. Surtout dans ce cas précis, ou ce qu’elle voulait et pouvait faire se mélangeaient en fonction des ordres qu’Ephrem lui-même lui avait plus ou moins donnés. Cela ne se passait pas du tout comme prévu. « Je ne vais pas te faire de mal car je ne suis pas venue pour ça. Je n’en ai pas reçu l’ordre et je ne fais pas de mal aux gens si on ne m’en donne pas l’ordre ou s’ils ne menacent pas mon intégrité physique. » Elle avait l’impression d’être dans la peau de quelqu’un devant apprendre des choses simples à quelqu’un d’autre et trouvait ça assez étrange. Elle restait immobile, plantée au milieu du taudis, les bras le long du corps, à attendre qu’il prenne les choses en main, lui, puisque c’était son rôle. De sa courte vie, Sofia n’avait jamais eu à devoir donner des ordres. « Et même si on m’avait donné l’ordre de te faire du mal… » Elle passa cette éventualité en revue et retomba sur un cul-de-sac mathématique. « Je ne peux pas savoir à l’avance quel ordre primerait l’autre, de Pinxit ou de toi. » C’était extrêmement frustrant.

Là, maintenant tout était clair. Ils allaient pouvoir avancer, maintenant. D’ailleurs, elle fit enfin un pas, mais pas vers lui. Elle commença à faire le tour de la pièce, curieuse de l’endroit où il vivait. On était bien loin des résidences luxueuses auxquelles elle était habituée dans le cadre de son travail. Finalement, elle se tourna vers lui, prise d’un soudaine inspiration : « Tu te souviens de moi, n’est-ce pas ? Taganski. Cette nuit-là. » Des propos qui auraient pu être mal interprétés. Mais pas pour elle, vu qu’elle savait très bien de quoi elle parlait. Et comme elle n’oubliait jamais rien, elle ne pouvait pas imaginer que lui ait pu oublier.

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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Lun 29 Oct - 14:09

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Le technomancien terré au fond de son trou observait la sublime jeune femme qui venait d’entrer dans sa tanière. Il avait bien du mal à croire qu’elle n’était pas venue pour le tuer, l’achever. Comment imaginer que le piratage furtif qu’il avait réussit à effectuer, dans la panique, dans la terreur, presque par erreur, par accident, puisse perdurer encore à cet instant. Et que ce n’était pour l’achever qu’elle était venue. Et même, si elle était douée de sa propre volonté. Pourquoi ne pas le tuer et ainsi s’éviter une toute autre prise de contrôle d’elle-même ? Ephrem savait que c’était sans nul doute une très mauvaise idée de lui suggérer une pareille chose, s’il voulait survivre, mieux valait lui faire croire qu’il possédait tout pouvoir sur elle, et que, quoi qu’il arrive, ses ordres primerait sur Pinxit Industrie. Mais Ephrem n’était pas malveillant, pas calculateur pour un sou, juste terrorisé, peut-être paranoïaque aussi.

« Je ne peux pas plus le prédire même si je m’étonne d’avoir pu t’atteindre, ce jour là. » murmura-t-il en se relevant. Il se redressa doucement, la lorgnant du coin de l’œil avec un air méfiant comme si elle allait lui sauter dessus au moindre geste. C’est ainsi qu’il fit des gestes lents comme on en a avec une bête féroce capable de vous déchiqueter en morceau. Il réalisa qu’elle le fascinait autant qu’elle le terrorisait, menaçante et séduisante tout à la fois. « Je ne maîtrise pas encore totalement mes… facultés. » ajouta-t-il ignorant si cette précision était une bonne chose. Mieux valait sans doute éviter de s’étaler sur le sujet mais il avait conscience qu’il aurait bien du mal à lui faire croire qu’il pourrait être une quelconque menace pour elle. Il n’était pas quelqu’un capable de lui faire du mal. Il en serait incapable. Il n’était qu’un gamin qui vivait dans sa bulle, qui n’avait jamais pris conscience de la réalité et quand elle l’avait rattrapé, il avait fuit… couru au fond de ce trou noir.

« Je ne comprends pas comment j’ai pu y parvenir. » ajouta-t-il en la regardant droit dans les yeux. A présent, il se tenait debout, face à elle, la regardant droit dans les yeux. Il ne paraissait plus effrayé. Au fond, il l’était encore, et le moindre geste de sa part suffirait à le ramener à sa position fœtale mais pour le moment, il arrivait à se tenir debout, à lui faire face. « Ils ne t’ont pas protégé contre moi. » constata-t-il. Etait-ce une bonne chose ? Pour lui, indéniablement. Il n’aurait survécu sans elle. « Je dois te dire merci. Tu m’as sauvé. » Peut-être aurait-il dû commencer par là. Il avait toujours eu la conviction qu’il suffisait de se montrer bon envers son prochain pour qu’on vous rendre la pareille. Ce n’était pas toujours facile, il était tentant d’être mesquin, retord, méchant, surtout quand on s’en prenait dans la gueule. C’était le premier réflexe. Mais pas forcément le bon. Il avait eut le temps de réfléchir, dans le noir.

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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Jeu 1 Nov - 14:39

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On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu'à entendre un chant villageois du XVe siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d'hommes n'entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots.

Sofia enregistrait les détails, désormais, auxquels jusqu’à présent elle n’avait pas prêté attention. Il n’était pas très grand, pas très costaud, pas très charismatique, pas très impressionnant. Ces choses-là étaient faciles à classer pour elle car les définitions de ces adjectifs étaient claires et nettes, encore que totalement liées aux biais physiques des humains. Pour qu’elle, qu’un homme ne soit pas « costaud » ne voulait en faire rien dire. Mais elle savait qu’aux yeux des hommes, cela devait donner un Ephrem la réputation de quelqu’un de faible. Un jugement dangereux d’après elle, qui ne se trouvait pas impressionnante non plus dans le miroir, alors qu’elle était une machine à tuer, mais les humains ne pouvaient pas lutter contre leurs préjugés. Une analyse secondaire, de détails sous-tendus par son langage corporel, lui permettait cependant d’en arriver à la même conclusion que sa première impression : enfermé, vivant dans ce sous-sol, caché dans un coin de son taudis… Cela lui rappelait également Taganski. Ce soir-là, elle avait à peine fait attention à l’homme qu’il était, tout entière animée par les ordres qu’elle recevait. Et malgré ses conclusions, malgré le fait qu’il ne représentait probablement pas un danger pour le premier homme qui passe, elle savait qu’il était dangereux pour quelqu’un comme elle. Et pour commencer, chose à laquelle elle ne s’attendait pas du tout, il n’avait pas l’air très sûr de ce qu’il lui avait fait. Elle s’approcha d’un pas, le visage figé. Un réflexe purement mécanique. Puis elle se figea de nouveau, le suivant des yeux alors qu’il se déplaçait.

« Je ne comprends pas ce que tu dis. Les ordres ne se donnent pas par hasard. On ne prend pas le contrôle de quelque chose par accident. » Non, là, vraiment, ça lui échappait totalement. Elle continuait de le suivre du regard, forcée de pivoter sur elle-même – encore qu’elle aurait pu tourner sa tête à cent quatre-vingt degrés mais elle n’était pas sûre que cela plaise à son interlocuteur, qui avait l’air prêt à s’enfuir en courant. Ce qu’elle ne craignait pas. Maintenant qu’elle l’avait sous les yeux, elle pouvait le rattraper où qu’il tente d’aller. Quand il la remercia, elle fronça les sourcils. « Tu n’as pas à me remercier. Ça n’a aucun sens. C’était un ordre. Pinxit ne me remercie pas à chaque mission que je fais à leur demande. Tu ne fais aucun sens. » Cela ne se passait pas vraiment comme elle l’avait anticipé. Elle avait imaginé qu’il n’aurait qu’à appuyer sur un bouton ou quelque chose comme ça. Elle alla finalement s’adosser à la porte affaissée du taudis. Elle ne voulait même plus qu’il essaye de s’enfuir. Elle se rappelait évidemment cette nuit à Taganski. Il était clair qu’il s’était trouvé dans cet immeuble par accident, mais que les deux aberrations lancées dans la mêlée par Pinxit avaient une mission. Qui semblait liée à Ephrem. Elle ne s’intéressait jamais aux tenants et aboutissants des missions de la maison mère. Cela ne la regardait pas. Parfois le but était clair – tuer parce que la cible gênait, faire du chantage, protéger… – et parfois non, parfois la mission s’insrcivait dans un plus large tableau dont elle n’était qu’une infime partie. Quelle pièce du puzzle était-il, lui ? « Qu’est-ce que tu es, au juste ? »

Il était plus qu’un pirate informatique comme elle l’avait cru. Il était plus dangereux qu’elle le pensait si Pinxit s’intéressait à lui. Elle commençait à se dire qu’elle avait peut-être eu tort de venir ici au lieu d’aller trouver les ingénieurs de Pinxit pour leur dire ce qui était arrivé.

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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Sam 3 Nov - 14:49

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La machine à la beauté diaphane le regarda en se figeant dans un semblant de réflexion intense. Ephrem ne pouvait prétendre comprendre son fonctionnement cependant, il avait passé suffisamment de temps avec des machines et la matrice pour savoir qu’elle devait chercher une explication logique à ce qu’il s’était passé. Très sincèrement, si elle en avait une, il était preneur. Jusqu’à présent, tout ce à quoi il songeait c’était à son talent de hackeur qu’il avait toujours eut et qui lui avait paru trop beau pour être vrai, et le fait que ses capacités se soient soudainement démultipliées. Il ne trouvait d’autres justifications qu’une déchirure sans toutefois se satisfaire pleinement de cette explication hâtive. Quoi qu’il en soit, il avait eut la capacité d’envoyer un ordre à une Gumn et ce, sans avoir besoin de se connecter à elle de manière filaire, sans avoir eut le souvenir d’attaquer son pare-feu ou d’explorer son système. Il l’avait simplement appelé au secours, noué par le désespoir et l’angoisse. Peut-être que c’était cela qui avait « déclencher » ses pouvoirs, si s’en était. Mais Ephrem ne croyait pas en la magie, même si, ça y ressemblait drôlement.

« Et si c’était possible ? J’ai toujours du mal à croire, à comprendre ce qu’il s’est passé l’autre jour. Mais tout comme cette attaque que j’ai réalisée, je n’ai pas le souvenir d’avoir réellement essayé d’y parvenir. J’y ai pensé, comme une option, et soudainement, ça s’est fait. Mécaniquement, de manière aussi fluide et rapide qu’une simple pensée. » Le jeune homme se tourna vers celle qui le regardait, toujours figée, le scrutant. Il s’était arrêté de bouger, et il la regardait à son tour, droit dans les yeux, sans crainte à présent qu’elle lui arrache la tête. Si elle avait voulu le tuer, elle l’aurait fait. Et si elle attendait simplement d’en savoir plus avant de le faire, alors qu’importait, il serait mort de toute façon si elle le désirait. « J’ignore ce que c’est, et si tu le sais, alors délivre moi de cette inquiétude de ne savoir. » supplia-t-il sachant qu’elle ne serait là à le questionner si elle le savait. Ephrem était peut-être terriblement inquiet et fragile physiquement mais il n’était pas idiot. Elle était venue ici en quête de question, mais visiblement, n’était pas envoyée par Pinxit. « T’aurais-je libérée ? » demanda-t-il soudainement. Le fait qu’elle se déplace seule sans ordre, cela semblait totalement aberrant connaissant la maniaquerie de Pinxit.

Mais à sa réflexion sur les ordres, il dû admettre que la liberté ne devait pas être une notion compréhensible pour elle. Il soupira. Pauvre petite chose de métal qui ne voyait le monde qu’à travers les ordres. Il aurait aimé pouvoir la libérer, qu’elle sache ce que c’était de ne pas savoir de quoi serait fait demain. Peut-être que cela la ferait trop angoisser. Peut-être qu’il était plus simple de n’avoir à s’en soucier, de simplement obéir, et de se laisser bercer par les missions qu’on vous donnait. « Ce que je suis ? Je l’ignores moi-même. » avoua-t-il en la regardant droit dans les yeux. Elle s’était appuyée contre la porte, bloquant la seule et unique sortie. Mais Ephrem ne songeait pas à s’enfuir, sachant qu’elle pourrait le rattraper en un seul instant. « Je ne sais pas comment j’ai fait pour t’atteindre ni si j’en serais capable à nouveau. » Se montrer totalement franc était peut-être dangereux, peut-être aurait-il dû la menacer afin qu’elle ne répète tout ce qu’il pouvait lui dire. Il savait que si elle repartait vers Pinxit, il serait en danger, si elle leur remettait un quelconque rapport, il serait en danger. Il n’y avait qu’un seul moyen de ne plus l’être. Il s’avança vers elle, incertain sur la marche à suivre. Lui effacer les souvenirs de cette rencontre, la déconnecter, que devait-il faire ? Il l’ignorait.

« Puis-je te poser une question à mon tour ? » demanda-t-il sans toutefois attendre la réponse. « Pourquoi n’as-tu rien dit à Pinxit à mon sujet ? Pourquoi être venue ici toute seule ? Pourquoi m’as-tu laissé en vie ? » Il ne parlait pas de là-bas, quand elle obéissait à un ordre qu’il avait formulé sans le savoir, mais d’aujourd’hui, cet instant présent. Alors qu’elle le laissait bouger, respirer, elle prenait le risque qu’il prenne à nouveau le contrôle de sa personne. Peut-être que cela importait peu pour elle qui donnait les ordres, mais il savait que Pinxit devait lui avoir ordonner de se protéger, ordre qu’elle enfreignait en venant ici, sans ordre de mission, seule, dans l’antre de ses pires ennemis, risquant de finir en pièces détachées en tentant de sortir d’ici. Ephrem était loin d’être la chose la plus dangereuse se tapissant dans l’obscurité de ces couloirs abandonnés.

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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Lun 19 Nov - 17:32

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Qu’une simple pensée débouche sur un acte, c’était quelque chose d’humain aux yeux de Sofia. Les humains, du moins ceux qui l’entouraient, exprimaient une volonté – à part eux ou à haute voix – et obtenaient ensuite ce qu’ils voulaient. Mais elle voyait bien que c’était plus compliqué que cela si Ephrem lui-même ne comprenait pas ce qui était arrivé. Il n’était pas une de ces aberrations dont Pinxit employait les dons jusqu’à leur mort, et il n’était définitivement pas un robot. En cette seconde, Sofia eut envie de partir trouver Kira pour lui demander des explications. Elle avait réponse à tout et ne lui cachait rien. Et peut-être qu’elle ne serait pas en colère contre elle, elle qui s’était laissé hacker par un autre, qui avait abandonné l’exclusivité de son attention et de son maigre libre-arbitre à quelqu’un d’autre au lieu de les lui dédier entièrement à elle, sa créatrice. « Je ne sais pas de quoi tu parles. Je pensais que tu étais un de ces hackers qui rêvent de s’approprier un des Gumns de Pinxit pour son usage personnel. Je te croyais juste un peu meilleur que les autres. » Mais il n’était pas du tout comme les autres, en fait. Elle pencha la tête sur le côté quand il lui demanda – ou se demandait à lui-même – s’il lui avait donné sa liberté. Quelle liberté ? Et à quoi est-ce que ça aurait bien pu lui servir ? Au mieux, il l’avait juste fait changer de maître.

Le fait qu’il avoue ignorer comment refaire ou défaire ce qu’il avait fait plongea Sofia dans ce qui ressemblait le plus à du désespoir. Une cacophonie de scénarios qui s’entrechoquaient dans son esprit et qui débouchaient tous sur la même conclusion : son esprit effacé, sa personne formatée. Une possibilité qui devenait de plus en plus probable à mesure que la conversation avançait, et de façon exponentielle, Sofia acceptait ce sort. Il n’y en aurait pas d’autre. Elle était venue ici pour rien. Elle rentrerait à Pinxit, les ingénieurs se rendraient compte de son état, ils effaceraient la Sofia d’aujourd’hui et elle deviendrait la Sofia de demain, et pourquoi aurait-elle dû craindre ce sort ? Quant à Ephrem, probablement qu’ils reconnaîtraient sa marque et remonteraient sa trace. Ils l’avaient déjà fait une fois. Dès lors, sa présence ici n’était qu’une perte de temps ou plutôt, une façon de gagner du temps. Elle écouta donc sa question. « J’ai mal interprété mon propre état. J’ai cru être toujours soumise à ta volonté mais il est évident que ce n’est pas le cas. Je pourrais donc te tuer, mais je n’en vois pas l’intérêt, cela ne ferait pas disparaître les traces de ton passage. » Elle posa l’index sur sa tempe. « J’ai cru que tu pourrais les effacer et m’éviter ainsi un formatage en règle. Mais il semble que j’ai fait une erreur. Probablement parce que je ne voulais pas être effacée. Une faiblesse passagère. » Elle haussa les épaules. Il était mort, à court ou à moyen terme. Et elle aussi, d’une certaine façon. Voilà la seule chose qui les liait désormais.

Elle s’écarta de la porte, jetant encore un regard au taudis où il vivait, avant de le fixer sur lui. « Je dois rentrer avant qu’ils ne se mettent à me chercher. Ils sauront où je suis allée. Tu devrais t’en aller. Même s’ils te retrouveront quand même. Je ne crois pas que tu aies la moindre chance. » Aucune émotions, ni positive ni négative, ne transparaissait dans sa voix. C’était un état de fait. Elle s’immobilisa, comme sous le coup des répliques de ce qu’Ephrem lui avait fait. Comme si un lointain écho lui hurlait encore de le protéger. Pour le protéger – et se protéger elle –, elle pourrait parler à Kira avant tout. Kira l’aiderait. Kira se mettrait en danger pour elle. Mais dans son ordre des priorités, Kira passait avant Ephrem – et elle-même.

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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Mar 27 Nov - 22:05

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Le jeune hackeur secoua la tête. S’approprier une Gumn pour son usage personnel ? Ephrem était par trop innocent pour se figurer ce que cela pouvait réellement dire. Il s’imagina un hackeur utilisant Sofia comme bonne à tout faire ou comme arme personnelle, sorte de bodygard amélioré. Il secoua la tête, cette image paraissait désuète. Même s’il comprenait parfaitement l’intérêt d’avoir le contrôle sur une Gumn. Cela vous rendait puissant mais cela faisait de vous un homme à abattre. Ephrem n’avait pas besoin de ça en plus. « Non, j’ai pas besoin de donner à Pinxit une raison de plus de m’abattre. » fit-il en se massant sa rotule encore douloureusement perforée par la balle qui était restée coincée à l’intérieur. La plaie avait cicatrisé tout autour, mais la balle était encore là, se mouvant à chacun de ses mouvements. A chacun de ses pas, il boîtait sans parvenir à trouver le bon équilibre. La Gumn devait voir sa gêne, et son handicap, constatant qu’il était encore plus faible qu’elle devait l’imaginer. Humain, mortel, et handicapé à présent. Se sentait-elle vexée qu’il l’ait atteinte alors qu’il était aussi faible, physiquement parlant ?

La jeune femme, ou du moins, la machine qui avait l’apparence d’une jeune femme lui expliqua sa venue, motivée par le résidu d’un ordre qu’il avait donné cette nuit là. Il ignorait comment elle pouvait avoir un reste aussi présent en elle de cet ordre donné. Cela lui paraissait avoir eu lieu il y a une éternité. Mais elle l’avait retrouvé, et elle était là. Face à lui. Il se demanda encore une fois pourquoi elle paraissait lui tendre la main. Elle évoqua les traces de son passage à effacer et la nécessité pour lui de disparaître. Pourtant ici, il se pensait à l’abri. Les blades runners n’osent pas s’aventurer ici, il était étonné qu’elle soit parvenue jusqu’ici en un seul morceau. Les nouveaux sauvages n’ont pas pour habitude de laisser qui que ce soit errer ici. Encore moins l’un de leurs ennemis, et de facto, la Gumn en est un. Il se dit que la moindre des choses serait de la raccompagner. Après tout ce qu’elle avait fait pour lui, de le protéger contre les infectés, contre les aberrations, de venir jusqu’ici, de le prévenir du risque qu’il encourrait. Personne n’avait fait cela pour lui jusqu’à présent. L’aide des Nouveaux Sauvages, il l’avait marchandé, comme tout ici bas.

« Attends. » fit-il en tendant le bras pour essayer d’attraper sa main, ou un bout de tissus au moins, tenter de la retenir encore un peu. « Tu crois que je peux effacer mes traces ? Te sauver du formatage mais aussi me sauver moi-même ? » Sauver ce cloaque ? Parce qu’il voyait d’ici la fureur du combat si des envoyés de Pinxit venaient s’aventurer jusqu’ici. Il avait croisé une dvoïnik, elle avait l’air sympa. Il ne voulait pas qu’il lui arrive malheur à cause de lui. « Je devrais essayer tu crois ? Je sais pas comment contrôler mes capacités, alors, je comprendrais que tu veuilles pas tester. » Il ignorait même si cela était douloureux pour elle, ni de ce qu’il pourrait endommager en elle. De hackeur il était passé dvoïnik ou du moins, le croyait, et ignorait quels pouvaient être les effets de ce qu’il croyait être une déchirure.


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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Mer 5 Déc - 20:07

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Le paradoxe entre ce qu’elle voyait et ce qu’il disait commençait à devenir insupportable pour Sofia. Il insinuait que Pinxit était à ses trousses tout en lui affirmant qu’il n’avait jamais hacké de Gumn de sa vie et en tremblotant devant elle comme un bol de gelée. Elle en avait espionné, des ennemis de Pinxit, et c’était toujours des barons de la drogue, des chefs d’entreprise puissants, des hommes politiques des hautes sphères, des caïds de conglomérats du crime, bref, rien à voir avec l’être qu’elle avait sous les yeux. Il était humain, et un humain dans ce qu’ils pouvaient avoir de pire : faible, faillible, fragile physiquement et mentalement. Alors quoi ?? Qui était-il, que lui avait-il fait, pourquoi pensait-il représenter une telle menace pour Pinxit ? Elle commençait à ressentir cette situation comme une menace envers elle, elle aussi, indirecte certes, car elle ne le craignait pas, encore qu’elle aurait dû puisqu’elle ne comprenait pas ce qu’il lui avait fait et qu’il ne semblait pas le comprendre non plus. Mais un danger potentiel, une situation qui pouvait avoir de terribles conséquences. Quand elle essaya de partir, cependant, il la retint, la main sur la sienne. Elle aurait pu certes continuer sa route – avec ou sans sa main à lui –, mais ses paroles la firent se figer. Elle baissa longuement les yeux sur lui. Elle ne comprenait pas. Il allait falloir qu’elle avance à l’aveugle, sans possibilité de calculer, de déduire, d’extrapoler. D’anticiper. Danger. « Si tu n’es pas un hacker. Si tu ne sais pas ce que tu as fait. Alors tu es une de ces choses. » Mais ces « choses », elle avait beaucoup de mal à les appréhender. Ni humaines ni mécaniques, elles sortaient de son domaine de connaissances.

Cependant, elle revenait en terrain connu. Il lui faisait une proposition et elle n’avait qu’à peser le pour et le contre, évaluer le ratio bénéfices-risques et choisir en conséquence. Soit elle rentrait à Pinxit et alors, c’était la mort qui l’attendait, en quelque sorte. Mais ce serait simple, sûr, fiable. Elle ferait ce qu’elle avait à faire, ce qu’on lui avait ordonné de faire. Elle obéirait. Soit elle le laisser trifouiller ses circuits, alors qu’il ne savait pas ce qu’il faisait, et que dans l’absolu, il pouvait tout aussi bien la tuer, lui aussi. Elle était sûre que Pinxit possédait une copie de sa conscience quelque part. Le résultat serait donc le même… Mais le chemin, très différent. « Je n’ai pas peur de toi. Je ne crains pas grand-chose. Même si tu me détruis. » Mort assurée chez Pinxit. Mort potentielle avec lui. Contre toute attente, le laisser essayer ses capacités sur elle était donc plus profitable pour son intégrité. N’est-ce pas ? Elle crut entendre le rire tranquille de Kira alors qu’elle formulait cette conclusion. Oui, cela aurait beaucoup plu à Kira que Sofia pense ainsi, Sofia en était sûre. « D’accord. Mais sache que si tu fais n’importe quoi, tu déclencheras une alarme chez Pinxit. Si tu me tues également. » Elle lui disait cela simplement pour qu’il pense à s’enfuir si cela devait arriver.

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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Mar 11 Déc - 11:31

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Ephrem se senti extrêment mal à l'aise avec les paroles de la jeune Gumn. Une de ces choses. Parlait-elle des dvoïniks ? Il craignait que ce soit cela. Il s’était réfugié ici après tout. Chez les Dvoïniks. Parce qu’il pensait en être un. C’était des soupçons nourrit par la certitude qu’il avait des capacités hors du commun. Pas naturel. « Je suis un hackeur. » fit-il essayant d’expliquer plus en détail à la Gumn. « Mais ce que je fais depuis peu dépasse les compétences d’un simple hackeur. » ajouta-t-il, plus pour lui-même que pour elle. La Gumn savait-elle ce que signifiait hacker ? Oui, mais savait-elle ce dont un humain avait besoin pour le faire ? Il n’avait utilisé ni holoband ni ordinateur, pas même sa puce puisqu’il se l’était arraché. Il n’était pas supposé pouvoir se connecter à quoi que ce soit. Pourtant, il l’avait fait. Sans même y réfléchir. Sans même avoir besoin de concevoir la connexion. Il y avait pensé, et ça s’était fait.

Le jeune homme finit par secouer la tête. C’était trop simple tout ça. Hacker sans fil, comme une sorte de magicien. Si c’était une déchirure, ce n’en était que le début. Il avait vu les dvoïniks qui se planquaient ici, en apparence humains, en apparences petites choses fragiles mais quand leur déchirure se manifestait, leur surhumanité apparaissait alors, la monstruosité de leur déchirure devenait difficile à cacher. Certains s’en servaient comme d’une arme. Il était à la fois fasciné par cela et à la fois inquiet. Il finirait comme eux, tôt ou tard, ça allait le gangrener. Il en était certain. « Si je suis comme eux, ça se verra bien assez vite. » murmura-t-il avec un air sombre en s’enfonçant dans la profondeur de la pièce, s’éloignant d’elle et de la sortie qu’elle bloquait toujours.

Quand elle évoqua l’idée que Pinxit allait le poursuivre et qu’il faudrait effacer ses traces, il eut l’air surpris, et s’avança à nouveau vers elle. Il n’avait envisagé qu’il soit possible de faire cela. Mais il n’aurait jamais supposé pouvoir pénétrer son système. Il aimerait pouvoir effacer ses traces, étudier le phénomène de connexion entre lui et elle. « Attend, tu es d’accord ? » demanda-t-il alors qu’elle lui disait n’avoir pas peur de lui. Ensuite, elle évoqua une alarme s’il faisait n’importe quoi. Il haussa les sourcils. De toute façon, il était foutu. « Ok, alors guide moi. Dis moi comment faire. » lui demanda-t-il. C’était elle qui lui avait parlé d’effacer ses traces, elle encore qui était venue ici, c’est qu’elle avait besoin de lui autant qu’il avait besoin d’elle. Elle ne voulait pas être formatée, et il ne voulait pas mourir.


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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Dim 23 Déc - 11:28

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La situation était exceptionnelle et cela allait au-delà de ces simples moments où Sofia devait, par elle-même, interpréter une situation inédite et prendre une décision en conséquence, un comportement finalement encouragé par Pinxit qui cherchait à l’améliorer encore et toujours. Et cela passait automatiquement par le fait qu’elle apprenne, seule, de ce qu’elle voyait et entendait. De toute façon, peu importaient les erreurs qu’elle pouvait commettre, Pinxit pouvait toujours les réparer. Même celle-là, ils pourraient la réparer. Mais on ne parlait pas de faire un faux-pas diplomatique, de ruiner une mission en dévoilant sa nature et de gérer un client mécontent. On parlait de laisser un inconnu trifouiller sa nature profonde, les petits circuits qui faisaient d’elle ce qu’elle était. Elle n’était pas grand-chose, à bien y réfléchir, beaucoup moins complexe qu’un humain. Kira disait sans cesse qu’elle était supérieure à ceux-ci mais Sofia ne cessait de se heurter à des moments qui lui prouvaient que les hommes étaient inexplicables, impossible à anticiper, à lire, à deviner, et que dire encore de leur être, de ce qu’ils appelaient leur âme, de la force invisible qui les faisait vivre, respirer, parler et penser ? Chez elle, tout cela se résumait à des lignes de code. Pas chez eux. Kira. Comme toujours dans cette situation, Sofia essaya de s’imaginer quelle conversation elle aurait avec Kira. Peut-être ne serait-elle pas contente de savoir qu’un type lui tripatouillait les circuits. Mais elle ne serait pas non plus contente que Pinxit l’efface comme une de ces ardoises pour enfants. Peut-être Sofia avait-elle le temps de retourner la voir pour la laisser prendre la décision à sa place. Kira savait mieux. Mais elle n’avait peut-être pas ce temps. Pour Pinxit, c’était une simple alerte à lire, quelques touches d’ordinateur à enfoncer, même à distance. Le risque, et le bénéfice. Sortir des rails. Cela plairait à Kira, qu’elle sorte des rails.

Elle regarda Ephrem, qui semblait si peu sûr de lui. Elle savait reconnaître la folie – une décision en dépit de la logique, de la sécurité, du bon sens. De ce point de vue, ce qu’elle allait lui permettre de faire était de la folie. Il ne savait pas ce qu’il faisait, et elle ne le savait pas non plus. Elle ne le connaissait pas. Et s’il était en fait bien plus fourbe qu’elle ne l’évaluait, s’il implantait en elle des ordres pour lui faire tuer quelqu’un ? Elle avait du mal à y croire, mais les humains pouvaient se montrer aussi vils, et bien plus encore. Soudain, elle s’en rendit compte. Avait-elle peur, en fait ? Était-ce cela, la peur ? Cette paralysie momentanée, cette incapacité à prendre une décision parce qu’elle ne réussissait pas à en évaluer les conséquences ? « Tu dois atteindre la mémoire immédiate, celle où sont stockées les données des derniers jours, l’équivalent d’une mission, que Pinxit récupère et évalue à chaque fois que je rentre. Elles ne sont pas si protégées que cela. Et tu dois y effacer ta présence. Complètement. » Mais, est-ce que cela suffirait ? Elle doutait qu’Ephrem ait réussi à faire ce qu’il avait fait en touchant ces données, qui n’étaient que de la mémoire, qui n’avaient donc rien à voir avec les ordres. Ce serait un début. Effacer les souvenirs. « Mais d’abord, il faut que tu trouves où est-ce que tu es intervenu pour prendre le pas sur les ordres de Pinxit, et cela, je ne sais pas comment faire. Je n’ai pas accès à cette partie de mon système, tu t’en doutes. Ils ont peur que nous prenions le contrôle de nous-mêmes. Il y a beaucoup de pare-feux. Beaucoup de pièges. » Peut-être qu’il ne pouvait pas, peut-être que seuls les gens comme Kira le pouvaient… sauf qu’il l’avait déjà fait. D’une façon ou d’une autre, il avait atteint cette partie de son cerveau, l’avait modifiée, et sans se faire repérer.

« Je ne sais pas moi-même ce que tu vas trouver là-dedans. » Un cerveau primitif ? Des traces de ce qu’elle avait été, avant ? De toute façon, c’était un territoire en elle-même auquel elle ne pourrait jamais avoir accès. Sauf peut-être avec lui... Eh bien, il fallait essayer et voir, n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Lun 31 Déc - 14:22

Les liens qui libèrent
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On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu'à entendre un chant villageois du XVe siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d'hommes n'entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots.

Le jeune homme se demandait comment la Gumn pouvait-elle lui demander cela. Il avait conscience de ce qu’elle risquait, et de pourquoi elle avait besoin qu’il fasse ce qu’elle lui disait. Mais laisser quelqu’un comme lui, inconnu, incompétent, ignorant, trifouiller sa tête, son système, prendre le risque de tout perdre. C’était une attitude terriblement humaine, l’instinct de survie qui vous poussait à prendre tous les risques. Comme lui lorsqu’il s’était enfuit dans ce tréfonds de l’enfer qui était cet égout, cette ville. Il ignorait comment il survivrait à tout cela, s’il y survivrait. Mais il avait joué sa vie sur un coup de poker, sur un saut de la foi. Et elle s’apprêtait à faire la même chose. Ephrem ne la regardait plus avec suspicion ni frayeur mais plutôt avec admiration. Il se demandait dans quelle mesure elle avait d’autres réactions humaines, des réactions que ses créateurs n’auraient sans doute pas supposé trouver en elle.

« Je vais toucher à ton système. Je pourrais te… briser. Tu n’as pas peur ? » demanda-t-il, curieux de savoir si elle ressentait la peur ou quelque chose s’en approchant. Si l’instinct de survie était présent, alors, sans doute la peur aussi. D’une manière ou d’une autre. Il l’observait, fasciné. Mais au-delà de sa fascination, il savait qu’il avait une mission à accomplir, une mission délicate. La Gumn était trop précieuse pour qu’il la brise. Ephrem s’était toujours demandé à quoi ressemblerait l’intelligence artificielle quand elle serait exploitée, et à présent qu’il l’avait sous les yeux, il avait envie de voir de quoi elle était capable, de la libérer. Un fantasme futile, que ferait-elle seule perdue dans ce monde contrôlé ? Pinxit aurait tôt fait de la retrouver et de l’effacer comme une vulgaire carte mémoire. Il frémit à cette pensée. « Pendant que je ferais ça, tu ne pourras plus me guider, pas vrai ? »

Diantre, il ignorait comment il avait fait, comment il allait faire, et il risquait tant de tout foirer. Il essuya la sueur sur son front brûlant. Il se sentait mal, un vertige le saisit. Il n’avait rien mangé de la journée, but de l’eau récupérer à l’aspect douteux. Etait-il seulement en capacité de faire cela ? Il regarda la jeune femme qui risquait tout, misait tout sur lui. Elle aurait pu le tuer et ne l’avait pas fait. Il ignorait ce qu’elle ferait une fois qu’il aurait tout effacé en elle, s’il y parvenait. « Dis moi, si j’efface tout souvenir de ma personne, tu ne vas pas me tuer ensuite ? » l’inquiétude le retenait encore, mais en vérité, il flippait surtout de tout faire foirer. Il tentait de le cacher par ses questions, mais la Gumn devait voir la sueur, les frissons, les tics nerveux. Il aurait pu duper un type lambda mais certainement pas une machine comme elle à la précision fatale. Un autre frisson le secoua.

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MessageSujet: Re: Les liens qui libèrent || Ephrem   Sam 12 Jan - 16:27

Les liens qui libèrent
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On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu'à entendre un chant villageois du XVe siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d'hommes n'entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots.

« Je n’ai pas peur. » De rien. C’était lui, à bien y regarder, qui semblait apeuré. Elle ne voyait pas pourquoi, parce que si ça se passait mal, il pourrait toujours s’en aller d’ici et l’oublier. « Je n’ai pas d’instinct de survie, je ne suis pas attachée à ma présence ici. Cela m’ennuierait de disparaître, mais ça ne me fait pas peur. Ne t’inquiète pas, je suis totalement remplaçable, même si cela a un coût. » C’était bien pour cela que Pinxit préférait quand même ne pas récupérer leurs Gumns de dernière génération en petits morceaux. Elle en était venue à penser que l’instinct de conservation était une chose purement humaine. Peut-être parce qu’ils étaient si fragiles. Ou parce qu’ils n’avaient qu’une vie. Ou parce que la mort leur faisait peur. Exister une seconde et ne plus exister la seconde d’après ne semblait pas choquant pour Sofia, mais cela mettait toujours les humains mal à l’aise. Alors qu’à leur place, elle aurait préféré mourir vite et ne pas vieillir. Elle trouvait cette façon dont leur corps pourrissait sur place au fil des ans particulièrement perturbante. En attendant, Ephrem semblait encore avoir des doutes. Sa question, Sofia devait se l’avouer, était pertinente. Et la réponse pas évidente du tout. Elle chercha la réponse, traitant les données, les hypothèses, les possibilités. Elle finit par hausser les épaules, comme elle faisait souvent. « Je ne sais pas. Peut-être que oui, mais peut-être pas. Tu le sauras. Enfin j’imagine. Quand les ingénieurs de Pinxit s’occupent de cela, je ne suis pas… là. » Elle ne voyait pas trop comment le dire autrement. C’est en le disant qu’elle s’en rendit compte pour la première fois. Ils la débranchaient, ou quelque chose comme ça. Elle ne le voyait jamais venir et ne s’étonnait pas de rouvrir les yeux quelque part pour reprendre le cours de son existence.

Elle le regarda bizarrement, ensuite. C’est vrai, ça, s’il s’effaçait de sa mémoire, elle se retrouverait dans un endroit inconnu avec un inconnu. Là encore, elle dut y réfléchir. « Non. Je ne tue pas les gens si on ne m’en donne pas l’ordre ou s’ils ne me menacent pas. Ce n’est pas ma fonction. Tu ne devras pas me dire ce que tu as fait ou ce que je fais ici, non plus, sinon ça n’aura servi à rien. Contente-toi de me dire comment sortir d’ici. Ils verront ton visage, sauront que nous nous sommes parler, mais les rencontres anonymes sont normales et cela ne les étonnera pas. » Enfin, sauf qu’ils verraient le visage d’un type recherché… Ils fouilleront un peu plus, mais ils ne trouveraient rien. Peut-être même qu’ils comprendraient qu’Ephrem avait effacé ses traces. Cela n’aurait pas d’incidence pour lui. Et pour elle non plus. Elle ne les pensait pas capables de la mettre au rebus simplement parce qu’un criminel recherché avait tripoté sa mémoire. Dans le pire des cas, un reboot total leur suffirait. Mais tout de même… « Il y a quelqu’un chez Pinxit que j’irai voir, ensuite. Elle m’aidera. Elle me protègera si elle peut. » La confiance était absolue. D’ailleurs, Kira aurait-elle apprécié ce que Sofia était en train de faire ? D’Ephrem ou elle, Sofia aimait à penser que c’était elle qu’elle choisirait de protéger. Ephrem n’était qu’un humain, un humain un peu amélioré, mais humain quand même.

Sofia regarda autour d’elle. Elle se tenait toujours plantée au milieu de la pièce. Elle ne savait pas vraiment ce qu’Ephrem allait lui faire. Chez Pinxit, il y avait un labo, une table en inox et beaucoup d’ordinateur et de matériel. Ici il n’y avait rien. Rien qu’Ephrem. « Que dois-je faire ? » Et lui ? Peut-être que toute cette histoire était simplement impossible, que tous deux, ne sachant pas ce qu’ils faisaient, allaient devoir abandonner, et se résigner à mourir, l’un et l’autre, chacun à sa manière.

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Les liens qui libèrent || Ephrem

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